Une femme a déposé plainte contre Jean-Félix Acquaviva, président de l’office des transports et cousin de Gilles Simeoni, pour chantage à l’emploi en échange de faveurs sexuelles.
Le 2 avril, une auditrice se faisant appeler « Caroline » avait raconté sur l’antenne d’Ici RCFM avoir subi un chantage : un emploi en échange de faveurs sexuelles. Elle n’avait pas nommé l’auteur des faits, mais tout le monde en Corse avait compris de qui il s’agissait. Jean-Félix Acquaviva, ancien député et président de l’office des transports, cousin de l’ex-président du Conseil exécutif Gilles Simeoni, était alors pressenti pour prendre la tête de l’exécutif insulaire. La perspective avait révolté la témoin, qui évoquait d’autres femmes victimes sans donner plus de détails.
Le 4 mai, jour de l’élection, Acquaviva a finalement été écarté. C’est Gilles Giovannangeli qui a été élu à la présidence. Mais l’affaire n’est pas terminée. Elle s’est même accélérée.
Perquisition de la radio, identification de la plaignante
Saisis par le parquet de Bastia, les policiers de la PJ ont perquisitionné les locaux d’Ici RCFM et saisi les bandes-son du forum du 2 avril. Ces enregistrements ont permis d’identifier l’auteure de l’appel. Longuement interrogée dans les locaux de la PJ de Bastia, cette femme a confirmé ses accusations. Elle a déposé plainte contre Jean-Félix Acquaviva, l’un des hommes les plus influents de l’île[1].
Le parquet de Bastia refuse de commenter. Le procureur Jean-Philippe Navarre insiste sur le caractère « très sensible » de l’affaire et indique qu’il communiquera « le moment venu », en fonction de l’évolution des investigations. Aucune information officielle n’a filtré sur le contenu précis des accusations ni sur les suites judiciaires envisagées.
L’affaire empoisonne la « galaxie Simeoni », cette constellation d’élus autonomistes qui contrôle une large part de la vie politique insulaire depuis plus de dix ans. Gilles Simeoni a démissionné de la présidence de l’exécutif corse le 21 avril, un mois après sa réélection comme maire de Bastia, pour se concentrer sur ses fonctions municipales. Bianca Fazi a assuré l’intérim jusqu’à l’élection de Giovannangeli.
Arrière-pensées politiques ou réaction spontanée ?
Les spéculations vont bon train sur les motivations de cette sortie médiatique. « Je demeure persuadé que la clé de ce happening médiatique est à chercher au sein même du clan Simeoni, Jean-Félix Acquaviva étant considéré par certains comme trop envahissant », commente un militant anticorruption d’ordinaire bien informé sur les affaires insulaires.
D’autres sources évoquent plutôt la réaction épidermique d’une femme révoltée de voir Acquaviva prétendre aux plus hautes fonctions de la collectivité. Une troisième hypothèse circule : à travers Acquaviva, c’est Gilles Simeoni qui serait visé. Bien qu’élu récemment à la mairie de Bastia et conservant un poste de conseiller exécutif stratégique, Simeoni fait l’objet de vives critiques sur sa gestion depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2015.
Pourquoi cette affaire fragilise Femu a Corsica
Une série de mises en cause judiciaires
L’affaire Acquaviva s’ajoute à une série de mises en cause visant l’entourage de Simeoni. Louis Pozzo di Borgo, président de la Communauté d’agglomération de Bastia et premier adjoint à la municipalité de Furiani, fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte en septembre 2025 auprès de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille. Il est soupçonné de favoritisme et de prise illégale d’intérêts sur des marchés passés par la CAB.
Membre important de Femu a Corsica, le mouvement autonomiste omniprésent dans la vie politique insulaire, Pozzo di Borgo a malgré tout été réélu en mars à la tête de l’institution. Ces révélations n’ont pas perturbé son parcours électoral.
Le pavé lancé dans la mare fait de larges ronds dans l’eau. L’affaire continue d’empoisonner une famille politique qui contrôle l’exécutif corse depuis une décennie, mais dont la gestion fait l’objet de critiques de plus en plus vives. Le parquet de Bastia n’a pas encore communiqué de calendrier pour la suite de l’enquête.
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 avril 2026 | Témoignage anonyme de « Caroline » sur Ici RCFM : chantage à l’emploi contre faveurs sexuelles |
| 21 avril 2026 | Démission de Gilles Simeoni de la présidence de l’exécutif corse |
| 4 mai 2026 | Élection de Gilles Giovannangeli à la présidence ; Jean-Félix Acquaviva écarté |
| Juillet 2026 | Identification de la plaignante par la PJ après perquisition de la radio ; dépôt de plainte confirmé |
Source : Valeurs actuelles
| Acteur | Fonction | Statut dans l’affaire |
|---|---|---|
| Jean-Félix Acquaviva | Président de l’office des transports, ancien député, cousin de Gilles Simeoni | Mis en cause, plainte déposée contre lui |
| « Caroline » | Auditrice, identité révélée par la PJ | Plaignante |
| Gilles Simeoni | Ex-président du Conseil exécutif, maire de Bastia | Allié proche d’Acquaviva, indirectement visé selon certaines sources |
| Gilles Giovannangeli | Président du Conseil exécutif depuis le 4 mai 2026 | A pris les fonctions qu’Acquaviva briguait |
| Louis Pozzo di Borgo | Président CAB, premier adjoint Furiani | Sous enquête JIRS Marseille (favoritisme, prise illégale d’intérêts) |
Source : Valeurs actuelles
Affaire Acquaviva : les faits à retenir
- Une femme a déposé plainte contre Jean-Félix Acquaviva pour chantage à l'emploi contre faveurs sexuelles
- La PJ a perquisitionné la radio Ici RCFM et identifié la plaignante grâce aux bandes-son
- Acquaviva a été écarté de la présidence de l'exécutif corse le 4 mai, remplacé par Gilles Giovannangeli
- Louis Pozzo di Borgo, proche de Simeoni, fait l'objet d'une enquête pour favoritisme depuis septembre 2025
- Gilles Simeoni a démissionné de l'exécutif corse le 21 avril pour se concentrer sur la mairie de Bastia
- Le parquet de Bastia refuse de commenter, évoquant le caractère « très sensible » de l'affaire
Sources
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