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Panneaux solaires et végétation : ce que les microclimats observés sous les modules changent en France

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Les panneaux photovoltaïques ne font pas que produire de l’électricité : leur ombre et leur implantation modifient localement la lumière, la température, l’humidité du sol et le vent. En France, ces microclimats sont désormais étudiés pour mieux concilier production solaire, agriculture et biodiversité.

Une étude publiée en 2026 dans la revue Ecological Engineering confirme que les conditions de croissance peuvent varier fortement entre l’espace situé directement sous un panneau et les zones ouvertes entre les rangées. Ces résultats obtenus au Canada ne sont pas directement transposables aux écosystèmes français, mais ils éclairent une question déjà suivie par les organismes de recherche en France : comment concevoir et gérer les installations photovoltaïques sans dégrader la végétation et les sols ?

En 30 secondes
  • Les panneaux solaires créent des microclimats locaux modifiant l'ombre, la température, l'humidité et le vent.
  • L'effet sur la biodiversité dépend du milieu initial, de l'espacement des panneaux et de la gestion de la végétation.
  • En agrivoltaïsme, la production agricole doit rester l'activité principale de la parcelle.

L’ombre des panneaux crée plusieurs microclimats sur une même parcelle

Les modules photovoltaïques interceptent une partie du rayonnement solaire et modifient la circulation de l’air et de l’eau. Les végétaux placés sous les panneaux ne rencontrent donc pas les mêmes conditions que ceux qui poussent entre les rangées.

Ce phénomène est également constaté en France. Sur le démonstrateur agrivoltaïque CAMELIA de Laqueuille, dans le Puy-de-Dôme, l’INRAE indiquait en 2024 que les premières observations montraient une modification du microclimat de la prairie. Les chercheurs avaient notamment mesuré sur plusieurs mois une vitesse du vent divisée par deux, sans changement majeur de sa direction. Les conditions lumineuses et thermiques variaient également temporairement de part et d’autre des panneaux.

L’institut appelait toutefois à la prudence : toutes les données microclimatiques n’étaient pas encore analysées et un cycle supplémentaire était nécessaire avant de tirer des conclusions. Les résultats et le dispositif peuvent être consultés sur la présentation du démonstrateur CAMELIA publiée par l’INRAE.

l'ombre des panneaux crée plusieurs microclimats sur une même parcelle

Un effet qui n’est pas automatiquement favorable à la biodiversité

Créer de l’ombre ou conserver davantage d’humidité ne signifie pas nécessairement améliorer la biodiversité. L’effet dépend du milieu initial, des espèces présentes, de l’espacement et de la hauteur des panneaux, des travaux réalisés ainsi que de la gestion ultérieure de la végétation.

L’ADEME et l’Office français de la biodiversité soulignent ainsi que les centrales photovoltaïques implantées dans des milieux naturels peuvent avoir des incidences négatives significatives sur les sols et la biodiversité. Leur guide Photovoltaïque, sol et biodiversité : enjeux et bonnes pratiques insiste sur la nécessité d’éviter les impacts, de les réduire et, lorsque cela est nécessaire, de les compenser.

Les travaux français se poursuivent. L’Observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité a notamment consacré en octobre 2025 un atelier scientifique aux fonctions écologiques des sols dans les centrales photovoltaïques et aux effets de l’agrivoltaïsme sur la biodiversité. Les travaux disponibles montrent donc qu’il n’existe pas un effet unique des panneaux sur les écosystèmes.

En agrivoltaïsme, la production agricole doit rester centrale

Pour les parcelles agricoles françaises, la question ne relève pas seulement de l’écologie : elle est aussi encadrée juridiquement. L’article L. 314-36 du Code de l’énergie prévoit qu’une installation agrivoltaïque doit contribuer durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole.

Elle doit notamment apporter directement au moins un service à la parcelle, comme l’amélioration du potentiel agronomique, l’adaptation au changement climatique, la protection contre les aléas ou l’amélioration du bien-être animal. Une installation ne peut pas être considérée comme agrivoltaïque si elle empêche la production agricole de rester l’activité principale de la parcelle ou si elle n’est pas réversible.

L’Observatoire de l’agrivoltaïsme de l’ADEME rassemble désormais les informations et données françaises sur ces installations afin d’en suivre le développement.

La conception du parc compte autant que la présence des panneaux

Vue aérienne d'un parc urbain avec routes sinueuses, végétation et voitures garées
L'aménagement spatial d'un parc influe sur la formation des microclimats locaux et sur l'efficacité énergétique des installations. — Photo : Tim Gouw / Pexels

Les connaissances disponibles conduisent surtout à éviter une conclusion trop simple selon laquelle les panneaux seraient systématiquement bénéfiques ou nuisibles à la végétation. Hauteur des modules, distance entre les rangées, orientation, gestion de l’eau, état initial du terrain et choix des espèces végétales peuvent modifier fortement le résultat.

Pour la France, l’enjeu est donc d’intégrer ces effets dès la conception des projets et de poursuivre les suivis sur plusieurs années. Les microclimats créés par les panneaux peuvent constituer un outil intéressant pour certaines productions ou certains milieux, mais leur bénéfice écologique doit être démontré localement plutôt que présumé.

Questions fréquentes

Pourquoi les observations canadiennes ne sont-elles pas directement applicables à la France ?

Les résultats obtenus au Canada concernent des écosystèmes différents et ne sont pas directement transposables aux écosystèmes français, même s’ils éclairent les questions déjà suivies par les organismes de recherche français.

Qu'observent les chercheurs sur le démonstrateur CAMELIA en France ?

Sur le site de Laqueuille dans le Puy-de-Dôme, l’INRAE a mesuré une vitesse du vent divisée par deux sans changement majeur de direction, ainsi que des variations des conditions lumineuses et thermiques de part et d’autre des panneaux.

Quelles sont les obligations légales pour qu'une installation soit qualifiée d'agrivoltaïque ?

L’article L. 314-36 du Code de l’énergie impose que l’installation contribue durablement à la production agricole, apporte au moins un service à la parcelle (amélioration agronomique, adaptation climatique, protection contre les aléas ou bien-être animal), et que la production agricole reste l’activité principale.

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Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.