Elle dépasse les deux tonnes, possède quatre portes et permet à trois passagers d’accompagner réellement le conducteur. Pourtant, Ferrari refuse de ranger la Purosangue parmi les SUV : cette imposante familiale reste conçue autour d’un V12 atmosphérique de 725 ch et d’un comportement digne de la marque.
La recette aboutit à une voiture étonnamment facile à conduire au quotidien, mais moins polyvalente qu’un SUV traditionnel. Son coffre ne peut notamment pas être agrandi en rabattant les sièges arrière.
Une Ferrari pensée pour quatre adultes
Les précédentes Ferrari à quatre places imposaient souvent quelques concessions aux occupants installés derrière. La Purosangue change de logique avec quatre sièges individuels et deux portes arrière à ouverture inversée. Celles-ci facilitent l’accès à bord sans obliger les passagers avant à sortir ou à déplacer leur siège.
La voiture conserve un montant central fixe, malgré cette ouverture particulière. À l’arrière, les deux fauteuils offrent un maintien proche de celui des places avant, un choix cohérent dans une automobile capable de générer d’importants mouvements latéraux.
La présentation mêle commandes physiques et écrans. Le volant conserve de véritables boutons pour plusieurs fonctions et Apple CarPlay peut apparaître directement face au conducteur, à la place du compte-tours numérique. Le passager avant dispose également de son propre écran.
Un V12 placé derrière l’essieu avant

Sous le long capot se trouve un moteur atmosphérique de 6,5 litres. Il développe 533 kW, soit environ 725 ch, ainsi que 716 Nm de couple. Le bloc est installé très en retrait, ce qui permet de parler d’une architecture à moteur central avant.
La boîte à double embrayage compte huit rapports et prend place à l’arrière. Un second dispositif transmet une partie de la puissance aux roues avant : la Purosangue bénéficie donc d’une transmission intégrale. La répartition des masses atteint 49 % à l’avant et 51 % à l’arrière.
En conduite tranquille, la mécanique peut rester sous les 2 000 tr/min tandis que la boîte sélectionne seule les rapports. Le V12 ne révèle pleinement son caractère qu’en montant vers son régime maximal de 8 250 tr/min. Le conducteur peut aussi reprendre la main grâce aux grandes palettes fixées derrière le volant.
Plus de deux tonnes qui savent se faire oublier
La Purosangue mesure 4,973 m de long, 2,028 m de large et 1,589 m de haut. Son empattement atteint 3,018 m, tandis que sa masse annoncée grimpe à 2 170 kg.
Ces dimensions n’empêchent pas la voiture de rester maniable à faible allure. La direction, plus lourde que celle d’une Ferrari 296, demeure directe et renseigne correctement le conducteur. En mode Sport, les systèmes électroniques et les différentiels interviennent pour resserrer la trajectoire lorsque l’accélérateur est sollicité en courbe.
Ferrari a toutefois choisi de ne pas installer de mode Race. Le sélecteur propose à la place un réglage destiné à la glace, signe que ce modèle doit aussi pouvoir affronter des conditions éloignées de celles d’un circuit.
Une ergonomie sophistiquée, mais pas toujours pratique

Le principal reproche concerne la commande escamotable consacrée à la climatisation et aux sièges. Elle sort de la planche de bord et combine rotation, pression et gestes tactiles pour régler la température, la ventilation ou le massage.
Le système paraît ingénieux à l’arrêt, mais ses petites zones tactiles deviennent difficiles à viser en roulant. Les passagers arrière disposent d’un second contrôleur du même type entre leurs sièges.
Le coffre accepte des bagages courants, mais une cloison fixe le sépare de l’habitacle. Comme les sièges arrière ne se rabattent pas à plat, transporter des skis, des vélos ou d’autres objets encombrants peut nécessiter un équipement de toit. La Purosangue privilégie clairement ses occupants plutôt que le volume de chargement.
Un prix américain qui dépasse rapidement 500 000 euros
Aux États-Unis, le tarif de départ communiqué atteint 393 350 dollars, soit environ 342 500 euros après conversion au taux observé le 20 septembre 2026. L’exemplaire essayé, fortement optionné, était affiché à 576 544 dollars, l’équivalent d’environ 501 900 euros. Ces conversions ne constituent pas des prix catalogue français.
À retenir : la Purosangue est la Ferrari à quatre places la plus accueillante jamais produite, mais elle ne remplace pas un SUV familial classique. Ses portes arrière et sa garde au sol améliorent nettement son usage quotidien, tandis que son coffre non modulable, son ergonomie complexe et son tarif la réservent à une clientèle qui place le plaisir du V12 avant la polyvalence.

