Les analystes multiplient les recommandations positives sur les valeurs de défense européennes, portées par l’envolée des budgets militaires du continent.
Thales, Safran, Schneider Electric, Valeo, Sanofi et Aperam figurent parmi les sociétés françaises sous la loupe des analystes cette semaine. Mais c’est le secteur de la défense qui concentre l’essentiel des révisions à la hausse, tant en France qu’ailleurs en Europe, où Hugo Boss fait également l’objet de nouvelles recommandations.
Le mouvement reflète une tendance de fond : depuis le début de l’année, les valeurs de défense surperforment massivement. Sur les quatre meilleures performances du CAC 40 en ce début 2026, trois proviennent de l’armement. Thales, Airbus et Safran affichent des hausses allant jusqu’à 15 % en quelques jours. En Italie, Leonardo bondit de 17 %.
Rheinmetall, Thales et Safran dans le viseur
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Rheinmetall conserve une exposition directe au premier budget de défense européen, celui de l’Allemagne. Le groupe dispose d’un carnet de commandes massif et devrait voir son chiffre d’affaires progresser à un rythme à deux chiffres pendant plusieurs années[3]. Malgré les défis logistiques liés à une montée en cadence brutale de la production, la trajectoire reste orientée à la hausse.
Thales, qui affiche une décote de 29 % selon les analystes de Morningstar, attire également l’attention. Le groupe français concentre ses activités sur des segments en forte croissance : radars, capteurs, guerre électronique[4]. Safran et Renk complètent la liste des valeurs européennes jugées sous-évaluées par les bureaux d’analyse.
Les ETF spécialisés dans la défense confirment la dynamique : les principaux fonds affichent entre 9 % et 14 % de performance depuis janvier. La concentration géographique reste un critère de choix : certains ETF privilégient les États-Unis, d’autres l’Europe pure, d’autres encore une diversification mondiale incluant Corée du Sud et Israël.
Des tensions géopolitiques qui soutiennent les valorisations

Les tensions internationales alimentent directement la hausse. Le contexte anxiogène pousse les États européens à relever leurs budgets militaires, et les marchés anticipent cette manne avant même qu’elle ne se traduise dans les comptes. L’Allemagne, en particulier, a annoncé un quasi-doublement de ses dépenses militaires d’ici 2029, ce qui place Berlin devant Paris en matière de capacités conventionnelles.
Cette accélération modifie la hiérarchie sectorielle. Rheinmetall pèse désormais 14,03 % dans les principaux indices de défense européens, devant Leonardo (11,47 %), Thales (11,13 %) et BAE Systems (11,68 %). Safran, avec 7,23 %, reste en retrait mais bénéficie également de la dynamique[3].
| Entreprise | Poids moyen | Contribution au rendement |
|---|---|---|
| Rheinmetall AG | 14,03 % | 21,00 % |
| Leonardo SpA | 11,47 % | 12,73 % |
| Thales SA | 11,13 % | 6,81 % |
| BAE Systems plc | 11,68 % | 5,94 % |
| Rolls-Royce Holdings plc | 7,49 % | 5,92 % |
| Safran SA | 7,23 % | 3,38 % |
| Airbus SE | 7,20 % | 2,74 % |
| HENSOLDT AG | 2,78 % | 2,50 % |
| RENK Group AG | 1,88 % | 2,97 % |
| Saab AB Class B | 8,08 % | 9,14 % |
Source : WisdomTreeFactSet au 31 décembre 2025
Pourquoi les valeurs de défense européennes s'envolent
Hensoldt et Saab, les valeurs décotées
Hensoldt, qui se négocie avec une décote de 29 %, s’impose comme un acteur prometteur en Allemagne. Le groupe s’est positionné sur des segments à croissance rapide : radars, capteurs, guerre électronique. Saab, Thales et Renk figurent également parmi les valeurs de défense jugées attractives par les analystes de Morningstar[4].
La tendance ne se limite pas aux géants du secteur. Les investisseurs institutionnels européens privilégient désormais l’armement européen, pour des raisons politiques et réputationnelles. Les particuliers, eux, peuvent diversifier davantage, sauf choix éthique ou patriotique assumé.
Une dynamique qui dépasse la France

En France, Thales, Valeo, Aperam, Schneider Electric et Sanofi concentrent l’essentiel des révisions d’objectifs cette semaine[1]. Mais c’est ailleurs en Europe que les mouvements sont les plus marqués. Hugo Boss, en Allemagne, fait également l’objet de nouvelles recommandations, sans lien avec la défense.
Les analystes de Hargreaves Lansdown soulignent que Rheinmetall devrait continuer à croître à un rythme élevé, malgré les défis opérationnels liés à la montée en charge. Le carnet de commandes du groupe reste solide, porté par les engagements budgétaires de Berlin.
Des flux qui traduisent une anticipation de long terme
Les flux sur les ETF défense traduisent une conviction : les tensions géopolitiques ne vont pas se résorber rapidement. Les investisseurs parient sur une hausse durable des budgets militaires européens, et donc sur une croissance structurelle du secteur.
La question de l’allocation géographique reste centrale. Un ETF très concentré sur les États-Unis offre une exposition différente d’un fonds purement européen. Le choix dépend autant de considérations financières que politiques : certains investisseurs préfèrent soutenir l’armement européen, d’autres recherchent avant tout la diversification.
Les performances du début d’année montrent en tout cas que le secteur reste porté par des fondamentaux solides : carnets de commandes élevés, budgets en hausse, géopolitique tendue. Les analystes ne voient pas de retournement à court terme.
Défense européenne : les chiffres du rallye 2026
- Thales, Airbus et Safran dans le trio de tête du CAC 40 depuis janvier 2026
- Rheinmetall pèse 14,03 % dans les indices de défense européens, devant Leonardo et Thales
- Les ETF défense affichent entre 9 % et 14 % de hausse depuis le début de l'année
- Hensoldt se négocie avec une décote de 29 % selon les analystes de Morningstar
- Leonardo bondit de 17 % en Italie, porté par les budgets militaires en hausse
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

