Les Gardiens de la Révolution iraniens ont frappé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, abattu un drone MQ-9 et menacent d’une offensive totale si les raids américains se poursuivent.
Lundi 20 juillet au matin, l’agence officielle Irna annonce que les Gardiens de la Révolution iraniens ont ciblé des bases militaires américaines au Koweït. L’armée idéologique de Téhéran affirme avoir “complètement détruit” un système de radar d’alerte précoce américain lors d’une frappe de drone. Cette opération intervient alors que les États-Unis viennent de mener leur neuvième nuit consécutive de frappes sur le territoire iranien.
Le commandement américain dans la région a confirmé sur X avoir visé des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne, des capacités de surveillance côtière, des installations maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication. Objectif affiché : réduire la capacité de l’Iran à attaquer les navires commerciaux et les marins civils transitant par le détroit d’Ormuz.
85 installations frappées dans une opération conjointe missiles-drones
Les Gardiens de la Révolution ont détaillé l’ampleur de leur riposte mercredi. Selon un communiqué diffusé par la télévision d’État Irib, “la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques”[1]. L’opération a également permis d’abattre un drone MQ-9, appareil de reconnaissance et de frappe américain.
Les cibles s’étendent au Koweït et à Bahreïn, deux États du Golfe qui accueillent des forces américaines. Une centrale électrique et une station de distillation d’eau ont été touchées au Koweït, provoquant un incendie et l’endommagement de plusieurs unités de production. Le ministère koweïtien de l’Électricité a appelé les usagers “à rationaliser leur consommation d’électricité durant cette phase exceptionnelle”.
Jeudi à 4 h 50, heure locale, les Gardiens ont lancé une frappe de représailles contre une base aérienne américaine au Koweït[2], quelques heures après ce qu’ils qualifient d’attaque américaine contre un point proche de l’aéroport de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, à l’aide de projectiles aériens.
Des frappes américaines qui visent neuf provinces iraniennes

De son côté, l’Iran recense les dégâts causés par les raids américains. L’agence Irna fait état de huit morts et vingt blessés. “Des infrastructures ont été la cible d’attaques américaines dans plusieurs provinces”, précise l’agence officielle. Six ponts ont été visés dans la province méridionale d’Hormozgan, qui borde le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le transport maritime mondial.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé cette série de frappes au début de la semaine, ciblant des sites de lancement de missiles et des bateaux iraniens accusés d’avoir tenté de poser des mines. Téhéran a condamné ces opérations, les qualifiant de “grave violation du cessez-le-feu”.
Le président américain Donald Trump a commenté l’état des négociations visant à mettre fin à la guerre contre l’Iran : “Je n’en suis pas satisfait, mais nous le serons. Soit ça, soit nous devrons simplement en finir.”
| Pays | Type d’installations visées | Nombre de cibles |
|---|---|---|
| Koweït et Bahreïn | Installations militaires stratégiques | 85 |
| Koweït | Centrale électrique et distillation d’eau | 1 |
| – | Drone MQ-9 abattu | 1 |
Source : La DH/Les Sports+ (Belga)
Pourquoi cette escalade militaire dans le Golfe menace la région
Le Qatar et la Jordanie dans le viseur de Téhéran
Les Gardiens de la Révolution ont également affirmé vendredi avoir bombardé des systèmes radar et des avions militaires américains stationnés au Qatar[3], “afin de punir l’agresseur”. Les représailles s’étendent aussi à la Jordanie, où des avions militaires américains auraient été visés au moyen de missiles et de drones.
Majid Mousavi, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, a déclaré sur les réseaux sociaux : “Nos frappes efficaces et ciblées, menées depuis l’ensemble du territoire iranien contre l’ennemi, se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz.”
En Irak, les forces kurdes ont rapporté que la coalition menée par les États-Unis avait intercepté vendredi huit drones au-dessus d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, entre 4 h 19 et 5 h 25, heure locale. Il s’agit du deuxième incident de ce type cette semaine. Aucune victime ni dégât n’a été signalé.
Menace d’une offensive totale si les raids persistent

Un haut responsable iranien a menacé d’une “offensive totale” si les frappes américaines se poursuivent. Cette escalade intervient alors que les deux camps multiplient les opérations militaires dans la région. Les pays du Golfe, pris entre deux feux, dénoncent des “crimes de guerre” après les attaques iraniennes contre des infrastructures civiles, notamment la centrale électrique koweïtienne.
L’Iran accuse de son côté les États-Unis de détruire des infrastructures civiles dans la province méridionale d’Hormozgan. Téhéran menace désormais tous les pays accueillant des forces américaines de représailles si les bombardements se poursuivent.
Le détroit d’Ormuz, nerf de la guerre
Le détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions. Cette voie maritime, par laquelle transite une part considérable du pétrole mondial, fait l’objet d’un bras de fer militaire entre Washington et Téhéran. Les États-Unis justifient leurs frappes par la nécessité de protéger la navigation commerciale et les marins civils. L’Iran, lui, affirme défendre sa souveraineté territoriale face à une agression qu’il juge illégale.
Les neuf nuits consécutives de raids américains marquent une intensification sans précédent depuis le début du conflit. L’accumulation des frappes sur les infrastructures militaires iraniennes vise à affaiblir durablement la capacité de projection de Téhéran dans le Golfe. Mais les ripostes iraniennes, de plus en plus étendues géographiquement, montrent que la stratégie de pression américaine ne produit pas l’effet dissuasif escompté.
La multiplication des cibles (du Koweït à Bahreïn, du Qatar à la Jordanie) illustre la volonté iranienne de faire payer un prix politique et militaire aux alliés régionaux de Washington. Les infrastructures civiles touchées au Koweït, notamment la centrale électrique, témoignent de la difficulté croissante à maintenir une distinction nette entre cibles militaires et civiles dans un conflit qui s’étend.
Escalade Iran-États-Unis : les faits du 20 juillet 2026
- Les Gardiens de la Révolution iraniens ont frappé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn
- Un drone MQ-9 américain a été abattu lors de l'opération iranienne
- Les États-Unis ont mené leur neuvième nuit consécutive de frappes sur l'Iran
- Une centrale électrique et une station de distillation d'eau ont été touchées au Koweït
- L'Iran menace d'une offensive totale si les raids américains se poursuivent
- Six ponts ont été visés dans la province iranienne d'Hormozgan, près du détroit d'Ormuz
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

