ActualitésÀ Mamoudzou, les maires condamnent l'appel à contester Mayotte devant l'ONU

À Mamoudzou, les maires condamnent l’appel à contester Mayotte devant l’ONU

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Le 17 juillet, l’Association des maires de Mayotte a voté une motion solennelle. Objet : condamner les déclarations de Maître Saïd Larifou, publiées deux jours plus tôt dans France Mayotte Matin. Dans sa tribune du 15 juillet, l’avocat appelait l’Union des Comores à replacer la revendication de souveraineté sur Mayotte au sommet de ses priorités diplomatiques, notamment auprès des organisations internationales.

Pour les élus locaux, la ligne rouge est franchie. La motion, adoptée à l’unanimité des présents, parle d’« atteinte inacceptable à la dignité du choix démocratique des Mahoraises et des Mahorais ». Les maires reprochent à l’avocat d’inciter un État tiers à contester l’intégrité du territoire français, au mépris de la volonté populaire exprimée à trois reprises : 1974, 1976, 2009. Des consultations qui, pour eux, ont scellé le rattachement à la République, devenu définitif avec la départementalisation.

Le contexte alourdit encore la charge. Mayotte sort du cyclone Chido, elle se reconstruit, elle a besoin d’apaisement. Les maires jugent que ces déclarations alimentent les tensions et fragilisent les liens de coopération entre les peuples de l’archipel, précisément quand le territoire a besoin de stabilité.

« Mayotte est française par la volonté de son peuple »

L’Association des maires le dit sans détour : Mayotte est française « par la volonté de son peuple », et elle le demeurera. Les élus refusent que l’avocat prétende s’exprimer au nom des Mahorais et dénoncent une « instrumentalisation de la cause comorienne à des fins de notoriété personnelle »[1].

La motion demande au Gouvernement une réponse « immédiate, ferme et systématique » à toute relance de la revendication comorienne dans les instances internationales. Elle sollicite également le préfet de Mayotte pour qu’il exerce « la plus grande vigilance » dans le cadre de ses pouvoirs de police administrative, vis-à-vis de toute initiative publique de l’intéressé susceptible, selon les maires, de troubler l’ordre public.

Un contentieux qui dure depuis 1975

Le différend entre la France et les Comores sur Mayotte n’est pas nouveau. Depuis l’indépendance des Comores en 1975, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté dix-huit résolutions entre 1976 et 1994, toutes réaffirmant la souveraineté comorienne sur l’île. En 2022 encore, le président comorien Assoumani Azali rappelait ce différend devant l’Assemblée générale[2].

Face à cette revendication récurrente, la France invoque le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et considère que le choix des Mahorais rend sa position conforme au droit international. Mais sur le terrain, la question migratoire alimente les tensions : beaucoup d’habitants dénoncent une instrumentalisation de la revendication territoriale par les autorités comoriennes, alimentant une crise qui touche directement leur quotidien.

Un avocat déjà condamné

Saïd Larifou n’en est pas à sa première controverse. En janvier 2026, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire par le tribunal judiciaire de Mamoudzou pour subordination de témoin, dans l’affaire de l’agression commanditée d’une avocate à Mayotte en 2015. Il avait demandé aux suspects de ne pas citer le nom de Guito Narayanin, chef d’entreprise reconnu coupable de participation à une association de malfaiteurs et condamné à cinq ans de prison[5].

La motion des maires sera transmise au Premier ministre, au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, au ministre chargé des Outre-mer et au préfet de Mayotte. Les élus appellent l’ensemble des forces vives du territoire à s’unir autour de la réaffirmation de l’appartenance de Mayotte à la République française.

Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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