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Darmanin passe l’investiture à Philippe à Tourcoing : retraites et immigration au cœur du deal

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Dimanche 30 août dans le jardin botanique de Tourcoing, Gérald Darmanin a officiellement passé le témoin. Le ministre de la Justice, quatre fois organisateur de sa rentrée politique dans ce lieu, a cette fois laissé le micro à Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre devient la vedette de la journée, dans le fief électoral du garde des Sceaux, sous les yeux de centaines de militants.

Le ralliement avait été annoncé le 17 août dans les colonnes de La Voix du Nord. Darmanin renonçait à sa propre candidature et se rangeait derrière le président d’Horizons, « celui qui m’a permis d’être ministre », rappelait-il dans un entretien où il saluait « un homme qui a des qualités d’homme d’État ». Huit mois avant le scrutin, le ministre de la Justice quittait donc la course, laissant Philippe face à Gabriel Attal dans le duel pour incarner le bloc central.

Pour le maire du Havre, Tourcoing devient une vraie réunion publique de rentrée. Après Mayotte et La Réunion en août, après le débat des candidats devant le Medef jeudi, après l’échange avec François Hollande samedi à Sens, l’ancien locataire de Matignon poursuit son tour de France. L’objectif : conforter sa position face à Attal. Si le candidat Renaissance avait estimé qu’il n’y avait « plus de favori » après un sondage où il ne comptait que deux points de retard, une étude Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche donne Philippe en tête plus nettement.

Tous les instituts placent cependant Marine Le Pen en favorite de l’élection. La candidate du Rassemblement national est largement en tête au premier tour, et donnée gagnante au second quel que soit l’adversaire. « Pour l’instant, je pense que nous sommes troisièmes », a prévenu Darmanin, qui prédit par ailleurs un score au-delà des 20 % pour Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise[2].

Un soutien « comme la corde soutient le pendu »

L’ironie n’a pas échappé à certains dirigeants du bloc central. « Darmanin, depuis des mois, dit : on va perdre, Le Pen a gagné. Sa stratégie, c’est de s’installer comme le chef de l’opposition » après la présidentielle, affirme une source au sein de la majorité. Un autre parle d’un soutien « comme la corde soutient le pendu »[2].

Le tenant de la « droite sociale » n’a en tout cas pas apporté son appui les mains vides. Il a posé plusieurs exigences programmatiques, notamment d’être « beaucoup plus ferme » sur l’immigration. Philippe n’a toutefois pas repris intégralement la proposition d’un « moratoire » sur l’immigration légale formulée par Darmanin en mai. Dimanche, le candidat a expliqué que la France sous sa présidence continuerait d’accueillir des étudiants et des travailleurs étrangers, tout en adoptant une approche plus ferme[2].

67 ans : une retraite qui ne passe pas

L’autre dossier brûlant, ce sont les retraites. « Je suis contre la retraite à 67 ans » et « Édouard Philippe n’a pas changé d’avis », a déclaré Darmanin le 17 août[2]. Une affirmation qui a contredit des années d’efforts des dirigeants d’Horizons pour expliquer que leur candidat n’avait jamais proposé cette mesure.

Philippe a déjà précisé sa ligne cette semaine dans un entretien à l’AFP. Sa réforme prendrait en compte « les différences dans les métiers », serait « parfaitement soucieuse de la justice entre les individus », mais reposerait bien sur « l’idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps »[2]. Reste à savoir s’il en précisera les contours dimanche à Tourcoing, ou s’il continuera, selon ses termes, à mener « la bataille politique » sur le terrain avant d’entrer dans le détail.

Darmanin, lui, se positionne en « aiguillon social »[3] du candidat. Une manière de peser sur le programme tout en restant dans l’ombre. À Tourcoing, ville ouvrière du Nord où le Rassemblement national pèse lourd, le message social sera scruté de près. Car si Philippe veut convaincre qu’il peut battre Le Pen, c’est bien ici, dans les Hauts-de-France, qu’il doit en faire la démonstration.

Christophe Leclercq
Christophe Leclercq
Christophe Leclercq, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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