Le stand de la bioéconomie, samedi 29 août à la Foire de Châlons-en-Champagne, n’était pas le plus spectaculaire du comice agricole. Pas d’animaux, pas de dégustation de champagne. Mais c’est là, devant les visiteurs venus voir les vaches et les tracteurs, que Franck Leroy, président de la Région Grand Est, et Michaël Simier, président de Fibois Grand Est, ont scellé un pacte qui engage toute une filière. Un pacte pour sauver ce qui fait tenir une partie du territoire : le bois.
La filière forêt-bois, ici, ce n’est pas un secteur parmi d’autres. C’est un pan entier de l’économie régionale, souvent discret, rarement sous les projecteurs, mais qui emploie localement et transforme la ressource sous nos pieds. Scieries, ébénisteries, charpentiers, exploitants forestiers, fabricants de palettes ou de panneaux : des milliers d’entreprises vivent du bois, dans des communes où l’usine du coin porte encore le nom d’une famille.
Sauf que la filière souffre. L’été caniculaire a abîmé les forêts, les sécheresses à répétition fragilisent les essences, et les marchés internationaux se sont tendus. Les élus le savent, les professionnels aussi : sans un coup de main structurant, des entreprises ferment, des savoir-faire se perdent, et avec eux des emplois ancrés dans les vallées et les massifs du Grand Est.
Un accord signé pour moderniser et accélérer
L’accord signé à Châlons vise à moderniser et accélérer les entreprises de la filière bois[2]. Concrètement, la Région s’engage à soutenir financièrement les investissements dans les outils de production, à accompagner la transition écologique du secteur et à favoriser l’utilisation du bois local dans la construction publique et privée. Fibois, de son côté, fédère les douze interprofessions du Grand Est et porte la voix des acteurs du terrain auprès des institutions.
L’enjeu est stratégique. La filière forêt-bois représente davantage d’emplois dans la région que l’automobile[4], avec des entreprises réparties sur tout le territoire, y compris dans les zones rurales où le tissu économique est fragile. Perdre cette filière, c’est perdre des villages entiers de leur activité.
La Foire de Châlons, vitrine politique et agricole
La signature n’est pas un hasard de calendrier. La Foire de Châlons, dans sa 80e édition cette année, est devenue un rendez-vous politique incontournable. Bruno Retailleau, Jordan Bardella, Gabriel Attal, Édouard Philippe : tous sont passés ou annoncés dans la Marne pour parler aux travailleurs de la terre, eux aussi touchés par la crise climatique. Pour le grand public, c’est l’occasion de voir des animaux et de goûter aux produits du terroir. Pour les professionnels et les élus, c’est un lieu où se nouent les accords et où se dessinent les politiques régionales.
Franck Leroy a choisi ce moment pour afficher la volonté de la Région : le Grand Est ne laissera pas tomber sa filière bois. Reste à transformer l’engagement en résultats concrets, dans les scieries, les ateliers et les forêts qui font vivre le territoire.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

