ActualitésInria actionne France 2030 pour l'IA souveraine : 2,22 milliards d'euros, trois...

Inria actionne France 2030 pour l’IA souveraine : 2,22 milliards d’euros, trois supercalculateurs, 5 000 professionnels formés

Date:

Inria déploie le projet P16 d’IA souveraine avec 2,22 milliards d’euros de France 2030, trois supercalculateurs et une formation de 5 000 professionnels.

L’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) accélère. Le projet P16, axe majeur de la stratégie nationale pour l’intelligence artificielle inscrite dans France 2030, est opérationnel depuis fin 2024. L’objectif : construire une infrastructure complète de communs numériques couvrant le cycle de vie des données en IA, de la préparation des jeux de données à l’entraînement des modèles, en intégrant interopérabilité, IA distribuée et IA de confiance.

L’annonce intervient lors du Salon Souveraineté Numérique, qui se tient à l’Espace Champerret à Paris les 30 juin et 1er juillet 2026. L’événement rassemble plus de 50 conférences et 75 intervenants autour de huit parcours : géopolitique et résilience, régulation européenne, cloud et infrastructures de confiance, identité et données de confiance, IA souveraine, open source et communs numériques, secteur public et commande publique, écosystèmes et startups.

L’urgence est claire : face à la dépendance technologique extra-européenne et aux enjeux de maîtrise des données, les intentions ne suffisent plus. Les organisations doivent agir, choisir et déployer des solutions concrètes. Le projet P16 porté par Inria répond précisément à cette attente : fournir des réponses opérationnelles.

En chiffres
2,22 Md€
enveloppe France 2030 pour l'IA
infrastructures et formation
5 000
professionnels formés
via 11 initiatives nationales
3
supercalculateurs mobilisés
Jean Zay, Adastra, Alice Recoque
250
équipes-projets Inria
IA, cyber, numérique durable

Inria, 4 000 scientifiques et neuf centres sur le territoire

Inria rassemble près de 4 000 scientifiques et 2 000 collaborateurs des fonctions support, répartis sur neuf centres en France[3]. L’institut pilote 250 équipes-projets qui couvrent les grands domaines du numérique : intelligence artificielle, cybersécurité, numérique durable, objets connectés et quantique. Sa double vocation : faire progresser la recherche fondamentale tout en accompagnant l’innovation industrielle[1].

Le projet P16 s’inscrit dans cette continuité. Il favorise la collaboration directe avec les industriels et s’intègre à l’initiative européenne AI Factory France, qui met à disposition des infrastructures de calcul haute performance pour la recherche académique et les entreprises.

Jean Zay, Adastra, Alice Recoque : les supercalculateurs français mobilisés

Close-up view of modern rack-mounted server units in a data center.
Close-up view of modern rack-mounted server units in a data center. — Photo : panumas nikhomkhai / Pexels

L’infrastructure de calcul haute performance s’appuie sur les supercalculateurs Jean Zay, Adastra et Alice Recoque. Ces machines permettent d’exploiter des capacités de calcul intensif au service de la recherche et de l’industrie, tout en garantissant des performances adaptées au développement et à l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle. Genci et Inria portent la candidature française pour les AI Factories, ce qui renforce la position de la France dans la compétition mondiale pour le calcul haute performance[2].

L’enjeu dépasse la seule puissance de calcul. Les infrastructures publiques de supercalcul représentent une alternative crédible aux géants américains du cloud. Elles permettent aux organisations européennes de développer et déployer des modèles d’IA sans dépendance aux plateformes américaines, tout en maîtrisant la souveraineté des données et des algorithmes.

France 2030 et IA souveraine : moyens mobilisés
Levier Montant / Capacité
Enveloppe France 2030 2,22 milliards d’euros
Supercalculateurs déployés Jean Zay, Adastra, Alice Recoque
Professionnels formés 5 000
Initiatives de formation sélectionnées 11 projets à couverture nationale

Source : Élysée, Inria

France 2030 finance également les fournisseurs français de services cloud qui développent des offres IA, afin de les aider à monter en puissance. L’objectif est de rapprocher les fournisseurs cloud IaaS/PaaS des développeurs de logiciels d’IA et de faciliter leur passage à l’échelle.

Pourquoi l'IA souveraine devient prioritaire

Souveraineté numérique
Les infrastructures publiques de supercalcul offrent une alternative crédible aux géants américains du cloud et permettent de maîtriser données et algorithmes.
Compétition mondiale
Genci et Inria portent la candidature française pour les AI Factories, renforçant la position de la France dans la course au calcul haute performance.
Formation massive
Onze initiatives sélectionnées forment 5 000 professionnels pour répondre aux besoins des métiers de demain et accélérer l'adoption de l'IA.
Soutien aux fournisseurs français
France 2030 finance les fournisseurs cloud français développant des offres IA pour faciliter leur montée en puissance et leur passage à l'échelle.

Formation : 11 initiatives sélectionnées, couverture nationale

La formation constitue le premier levier de la transition numérique et le moyen le plus efficace de créer des emplois durables pour des personnes de tous niveaux de compétences à travers le pays. C’est un élément clé du succès de France 2030 : cultiver de nouveaux talents tout en accélérant l’adaptation des programmes de formation aux exigences des secteurs émergents et des emplois de demain[5].

Dans ce contexte, l’appel à projets « Compétences et emplois de l’avenir » vise à répondre aux besoins de formation et de compétences pour les métiers de demain. Onze initiatives de formation liées à l’IA ont été sélectionnées à travers la France, assurant une couverture nationale efficace. Lancé en juillet 2025, ce nouvel appel à projets pour France 2030 est opéré pour le compte de l’État par Bpifrance en partenariat avec l’Agence de programmes dans le numérique[5].

Un centre franco-chilien et des programmes de recherche de frontière

Scientists in lab coats work with test tubes in a modern laboratory.
Scientists in lab coats work with test tubes in a modern laboratory. — Photo : Mikhail Nilov / Pexels

Le centre binational franco-chilien pour l’IA se conçoit comme un pont stratégique entre l’Amérique latine et l’Europe dans le développement de l’intelligence artificielle. Cette collaboration permet aux deux pays de compléter leurs capacités respectives et soutient la consolidation de l’écosystème franco-chilien d’IA en établissant un nouveau paradigme de coopération internationale. Le centre concentrera ses efforts sur six domaines stratégiques : évaluation de l’IA, IA générative et modèles fondamentaux, IA pour la science, IA frugale et embarquée, IA et innovation, et politiques publiques en IA[5].

L’excellence en recherche et en innovation est essentielle pour positionner la France parmi les leaders de l’IA. En s’appuyant sur les agences de programmes dans le numérique (Inria) et les composants (CEA), la stratégie concentre les efforts sur un nombre limité de domaines scientifiques et technologiques stratégiques. L’objectif est de favoriser les pionniers français de l’IA en soutenant quelques projets de grande envergure qui permettent le développement de technologies à fort impact et leur adoption[2].

Une sélection de projets de R&D très ambitieux sera soutenue pour surmonter les barrières scientifiques et technologiques qui empêchent l’adoption de l’IA dans les secteurs les plus critiques (santé, industrie, etc.). France 2030 traduit une double ambition : transformer durablement les secteurs clés de l’économie (santé, énergie, automobile, aéronautique et espace) par l’innovation technologique, et positionner la France non seulement comme un acteur, mais aussi comme un leader dans le monde de demain[4].

IA souveraine : les moyens d'Inria en 2026

  • Inria déploie le projet P16 pour l'IA souveraine depuis fin 2024
  • France 2030 mobilise 2,22 milliards d'euros pour l'infrastructure et la formation
  • Trois supercalculateurs : Jean Zay, Adastra, Alice Recoque
  • 5 000 professionnels formés via 11 initiatives à couverture nationale
  • Un centre binational franco-chilien pour l'IA créé en 2026
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

Sur le même sujet

Championnat de Bretagne Enduro : une moto électrique gagne en duo, 3 tours d’incertitude puis la fuite

Xavier Flick et Pierre Goupillon ont remporté dimanche 23 août la première manche du championnat de Bretagne enduro...

Coalition des volontaires pour l’Ukraine : Paris, Berlin et Londres coprésidents à Kiev, Zelensky réclame 300 missiles Patriot pour l’hiver

La Coalition des volontaires pour l'Ukraine se réunit ce lundi 24 août à Kiev, jour du 35ᵉ anniversaire...

À 18 ans, Ayyoub Bouaddi rejoint Manchester City pour 100 M€ et pulvérise le record de vente de la Ligue 1

Lille boucle la vente d'Ayyoub Bouaddi à Manchester City pour 100 millions d'euros, établissant un nouveau record pour...

Un robot chinois bat Usain Bolt sur 100 m en 9,39 secondes : Pékin affiche sa domination en robotique aux World Robot Games 2026

Des robots humanoïdes chinois ont battu plusieurs records sportifs humains ce week-end à Pékin, dont le mythique 100...