Le 29 juillet, c’est un peu comme notre fête nationale à nous. Tout le monde connaît la date, le drapeau flotte, les cérémonies s’enchaînent entre protocole officiel et tradition coutumière. Mais ce qu’on sait moins, c’est que cette Fête du Territoire, telle qu’on la vit aujourd’hui, n’a pas démarré en 1961 avec le statut. Elle est arrivée bien après, trente ans plus tard exactement, quand on a décidé qu’il fallait marquer le coup.
1991. Le statut de territoire d’outre-mer fête ses 30 ans. Les autorités et la population se rassemblent à Sagato Soane pour l’occasion. À la tribune, Clovis Logologofolau, président de l’Assemblée territoriale de l’époque, lance officiellement la première édition. L’objectif est simple : faire du 29 juillet une journée de mémoire, de transmission, pour rappeler ce qui s’est joué en 1961 et ce que ça a changé pour nous.
Ce jour-là, Logologofolau insiste sur deux points. D’abord, faire comprendre à la jeunesse que ce statut a permis au territoire de progresser. Ensuite, regarder devant : quel avenir pour ces jeunes, comment le plan de développement répond à leurs besoins, comment ils trouvent leur place dans l’histoire qu’on leur lègue. Il parle de « double prise de conscience », celle qui relie le passé au futur.
Louis Le Pensec, ministre de l’Outre-mer en 1991, envoie un message aux habitants. Il rappelle l’importance historique de cette date et le chemin parcouru depuis trente ans. « C’est une date importante que vous commémorez puisque c’est la date que vous avez choisie lorsqu’il s’est agi d’affirmer votre volonté d’être pleinement français », écrit-il[1].
Le statut de 1961, un tournant pour l’archipel
Le 29 juillet 1961 reste la date fondatrice. Ce jour-là, l’archipel quitte le statut de protectorat français, en place depuis 1887, pour devenir territoire d’outre-mer de la République française. Ce n’est pas un simple changement de nom : le protectorat était une présence, le TOM est une intégration pleine et entière. Les habitants deviennent citoyens français, avec un statut qui reconnaît explicitement la place de la coutume et des chefferies.
Cette particularité, c’est le cœur de notre organisation. La République garantit le libre exercice de la religion, le respect des croyances et des coutumes. Concrètement, ça veut dire que les trois royaumes, Uvea à Wallis, Alo et Sigave à Futuna, continuent d’exister aux côtés des institutions républicaines[3]. Un équilibre singulier, qui fait que notre territoire fonctionne différemment des autres collectivités d’outre-mer.
En 1959, les habitants avaient voté par référendum pour sortir de la tutelle de la Nouvelle-Calédonie et devenir un territoire à part entière[2]. Deux ans plus tard, la loi 61-814 officialise ce choix. Depuis, même si le statut a évolé en 2003 pour devenir collectivité d’outre-mer, le nom officiel du territoire n’a pas changé.
Trente-cinq ans de célébration
Depuis 1991, le 29 juillet s’est imposé comme le grand rendez-vous de l’année. Jour férié sur le territoire, la journée mêle cérémonies officielles, hommages coutumiers et festivités. On se retrouve, on se souvient, on transmet. Les anciens racontent, les jeunes écoutent. Les drapeaux français et wallisien flottent côte à côte.
En 2026, l’archipel célèbre les 65 ans du statut et les 35 ans de la première Fête du Territoire. Trente-cinq années à faire vivre ce rendez-vous, à en faire le symbole du lien particulier entre notre histoire, notre coutume et la République. Une célébration devenue tradition, née elle-même d’une autre tradition : celle du 29 juillet 1961.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

