Depuis le 13 juin, pas une seule journée de tranquillité. En Occitanie, la météo est devenue un sujet quotidien, presque obsessionnel. Chaque matin, même réflexe : ouvrir l’application Météo France, regarder la carte, et chercher du vert. Sauf qu’il n’y en a plus. Jaune, orange, parfois rouge : la région vit sous vigilance permanente depuis plus de quarante jours. Canicule, orages violents, grêle, rafales. Les départements passent d’une alerte à l’autre sans jamais reprendre leur souffle.
Le dernier moment où toute l’Occitanie affichait du vert, c’était le samedi 13 juin. Depuis, au moins un département est en vigilance, souvent plusieurs, parfois tous. Une situation qui devient la norme, au point qu’on finit par ne plus y prêter attention. Sauf que les chiffres, eux, sont têtus.
La séquence a commencé mi-juin avec des orages dans les Pyrénées. Rien d’exceptionnel au départ : un peu de jaune, quelques départements concernés. Puis, le 17 juin, la canicule s’est installée. D’abord timide, partagée entre vert et jaune, elle a rapidement viré à l’orange dès le 20 juin. Le lendemain, le rouge apparaissait. Seul l’Hérault résistait encore en vert le 21 juin. C’était la dernière fois. Entre le 22 et le 26 juin, toute la région basculait : jaune, orange, rouge, partout.
L’étau s’est un peu desserré fin juin. Deux jours en orange et jaune, puis le vert est revenu par endroits le 29 juin. Le 30, seuls les départements méditerranéens restaient en jaune. Le 2 juillet, il n’y avait même plus que l’Hérault. Mais le répit a été de courte durée. Le jaune a regagné du terrain immédiatement. L’orange est revenu dès le 4 juillet. Le 6, seule la Lozère affichait encore du vert. Puis, jusqu’au 11 juillet, toute l’Occitanie était de nouveau en jaune ou en orange[1].
Dix jours en rouge depuis le 13 juin
Le 12 juillet, le rouge a même fait son retour pendant trois jours. Après le 15 juillet, la pression est retombée. Un peu. Trois jours en jaune et orange, puis le vert est réapparu le 18 juillet. Ça n’a pas duré. Plusieurs départements sont restés en vigilance. Ce vendredi 24 juillet, plus aucun n’était en vert. Les orages étaient attendus ce samedi, violents, avec de la grêle et des rafales entre l’est de l’Hérault et le Gard[4]. Et déjà, une nouvelle canicule se profile pour la semaine suivante.
En tout, dix jours en rouge durant cette période. Sept en juin, trois en juillet. Un bilan qui place l’Occitanie en tête d’un classement dont elle se passerait bien. Car la région détient des records peu enviables en matière de vigilance météo. La vigilance elle-même a été créée en octobre 2001 : vent violent, fortes précipitations, orages, neige-verglas, avalanches. Le premier département à déclencher le rouge, c’était le Gard, lors des inondations meurtrières des 8 et 9 septembre 2002. L’année suivante, l’Hérault. En 2005, le Gard et l’Hérault encore. Les trois premières alertes rouges en France, toutes en Occitanie.
Cette année aussi, la région s’est distinguée. Le 12 février, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ont connu une triple vigilance rouge : crue, vent violent, avalanches. Un seul secteur où l’Occitanie n’est pas première : la durée. La plus longue alerte rouge, c’était cette année dans le Maine-et-Loire, du 16 au 25 février.
Une géographie qui expose
La région reste une habituée des phénomènes extrêmes. Entre les orages et les avalanches dans les Pyrénées, les inondations dans les départements méditerranéens et les Cévennes, les canicules dans les terres, l’Occitanie cumule les facteurs de risque. Sa géographie l’expose. Ses reliefs, ses plaines, sa façade méditerranéenne : tout concourt à en faire un terrain de jeu pour les épisodes météo violents.
Les données sont accessibles en ligne, sur le site data.gouv.fr. Jour après jour, heure après heure, on peut remonter le fil des vigilances. Un exercice instructif, qui montre à quel point le vert est devenu une denrée rare. Ce samedi 25 juillet, les habitants scrutent encore le ciel. Les orages sont annoncés, parfois violents. Et la semaine prochaine, la chaleur devrait repartir de plus belle. Quarante jours, et ce n’est pas fini.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

