Medadom intègre le Next40 en 2026, après cinq années au French Tech 120. Les fondateurs ont repris la majorité du capital au premier semestre.
VivaTech met la santé numérique sous les projecteurs. C’est dans ce contexte que Medadom franchit une nouvelle étape : l’entreprise rejoint le club des quarante scale-up françaises les mieux placées pour devenir des champions mondiaux. Un passage du French Tech 120, où elle figurait depuis 2021, au Next40, qui réunit les entreprises jugées les plus performantes du secteur technologique français.
La plateforme de téléconsultation revendique 10 millions de consultations depuis sa création en 2017 et équipe près d’une pharmacie sur quatre en France. Son agrément ministériel, délivré en 2024, lui permet de fonctionner comme un hôpital numérique. Les près de 2 000 médecins généralistes inscrits à l’Ordre ne sont pas des prestataires indépendants mais des salariés à temps partiel. Une différence majeure avec les plateformes cent pour cent digitales, où les praticiens complètent surtout leurs revenus.
Le choix géographique structure la croissance. Plutôt que de cibler les grandes villes déjà dotées, l’entreprise a déployé bornes et cabines là où le maillage reste le plus dense : l’officine. Une large majorité des Français se situe ainsi à moins de quinze minutes d’un dispositif. En 2025, 92 % des téléconsultations en pharmacie ont eu lieu dans des territoires sous-dotés[1]. L’argument économique pèse : un passage aux urgences revient à environ 250 euros contre 25 pour une téléconsultation, selon Elie-Dan Mimouni, cofondateur et directeur général.
Les fondateurs reprennent la main, Verdane signe son premier investissement français
Au premier semestre 2026, l’actionnariat a été rebattu. Le fonds G Square, entré en 2020, est sorti. Elie-Dan Mimouni et Nathaniel Bern ont repris la majorité du capital[2]. Verdane, fonds nordique, signe son premier investissement en France. Bpifrance reste à bord et met en avant l’enjeu de souveraineté et le désengorgement des urgences. Les montants n’ont pas été communiqués.
Cette opération nourrit des ambitions européennes. Medadom assume une stratégie de consolidateur sur un marché encore éclaté. Depuis le Covid, la téléconsultation s’est dispersée. L’agrément ministériel restructure le secteur autour d’acteurs capables de tenir un cadre réglementaire strict. L’entreprise se dit en phase exploratoire pour bâtir un champion européen.
La diversification est déjà engagée. La téléophtalmologie en magasin d’optique et une télé-expertise en dermatologie ont été lancées au printemps. Les spécialités qui exigent un examen clinique restent hors de portée, mais l’entreprise élargit progressivement son offre en capitalisant sur son infrastructure existante.
| Entreprise | Secteur | Année de création |
|---|---|---|
| Alma | Fintech | 2017 |
| Medadom | E-santé | 2017 |
| Pasqal | Informatique quantique | |
| Shift Technology | Assurance / IA | |
| Wandercraft | Robotique |
Source : Wikipédia
Le Next40, une sélection sur critères stricts

Le programme French Tech Next40/120 est piloté par la Mission French Tech, rattachée au ministère de l’Économie et des Finances. Chaque année, 120 entreprises sont sélectionnées sur des critères stricts : performance financière prouvée, siège en France, indépendance du capital, caractère innovant, engagements sur la transition écologique et l’égalité professionnelle[3]. Le Next40 en réunit les quarante jugées les mieux placées pour devenir des champions mondiaux.
Pour la promotion 2026, les chiffres de la cohorte parlent d’eux-mêmes : 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025, 46 000 emplois directs en France et à l’international, 97 % des entreprises actives à l’étranger, un tiers issu de la DeepTech[4]. Medadom y entre après cinq ans au French Tech 120. Les entreprises ayant maintenu une présence longue durée dans ce classement sont très peu nombreuses.
L’entreprise réunit entre 135 et 140 collaborateurs à Paris. Elle internalise tout : technologie, accompagnement médical, déploiement des bornes. « Rejoindre le Next40 nous oblige à aller plus loin : plus de pharmacies équipées, plus de territoires couverts, plus de Français qui peuvent consulter un médecin sans attendre des mois », réagit Elie-Dan Mimouni.
Pourquoi cette entrée compte pour la santé numérique
4 500 bornes déployées, 40 millions d’euros levés
Medadom opère 4 500 bornes de téléconsultation en France[5]. L’entreprise a levé 40 millions d’euros depuis sa création. Elle revendique 3,8 millions de consultations, 850 médecins partenaires et un taux de satisfaction élevé. Le modèle repose sur la location des bornes aux pharmaciens, qui deviennent un point d’entrée pour l’accès aux soins.
L’entrée dans le Next40 place Medadom dans le groupe restreint des acteurs de la santé numérique reconnus par l’écosystème French Tech. L’agrément ministériel, renouvelé récemment, sécurise sa position réglementaire. La téléconsultation n’est plus une alternative, elle est devenue un outil essentiel pour répondre aux tensions d’accès aux soins, résume le cofondateur.
Reste à transformer cette position en leadership durable. L’ambition européenne se heurte à des cadres réglementaires différents d’un pays à l’autre. La consolidation du marché français, elle, passe par la capacité à absorber des acteurs plus petits ou à nouer des partenariats stratégiques. Les prochains mois diront si Medadom peut tenir sa promesse de champion européen de la téléconsultation.
Medadom dans le Next40 : les chiffres à retenir
- Medadom intègre le Next40 en 2026, après cinq ans au French Tech 120
- Les fondateurs reprennent la majorité du capital au premier semestre 2026
- Verdane signe son premier investissement en France aux côtés de Bpifrance
- 10 millions de téléconsultations réalisées depuis 2017
- 4 500 bornes déployées, une pharmacie sur quatre équipée
- La cohorte 2026 du Next40/120 réunit 11,3 milliards d'euros de CA cumulé en 2025
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

