L’Ukraine poursuit sa campagne de frappes à longue portée contre des infrastructures pétrolières russes. Le 6 août, Kiev a revendiqué des attaques contre deux raffineries situées à plus de 700 kilomètres du front, tandis que Moscou a visé une gare et un navire en mer Noire.
Volodymyr Zelensky a confirmé la frappe d’une raffinerie en Bachkirie, à plus de 1 300 kilomètres de la ligne de front. Une autre installation pétrolière, située dans la région de Iaroslavl, à 700 kilomètres, a également été touchée. Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie ukrainienne visant à dégrader les capacités économiques et logistiques russes par des frappes en profondeur.
La Russie a réagi en annonçant la destruction de 605 drones ukrainiens dans la nuit de mercredi à jeudi, au-dessus d’une vingtaine de ses régions et de la Crimée annexée. Le ministère russe de la Défense a précisé que ces appareils ont visé notamment la région de Tver, à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Moscou, où un centre logistique de Wildberries a subi de légers dommages. Cette plateforme de commerce en ligne, géant de l’e-commerce russe, a été ciblée une vingtaine de fois depuis mi-juillet.
92 drones abattus dans la région de Iaroslavl
Mikhaïl Ievraïev, gouverneur de la région de Iaroslavl, à 250 kilomètres au nord de Moscou, a qualifié l’offensive ukrainienne d’« attaque la plus massive » jamais enregistrée dans cette zone[1]. Il a dénombré 92 drones abattus au total. La chute des débris a provoqué des incendies dans plusieurs habitations et endommagé des véhicules.
Les frappes ukrainiennes ciblent quasi quotidiennement des sites énergétiques, logistiques, portuaires ou de transport russes. Cette campagne, qui s’intensifie depuis des mois, fait un nombre croissant de victimes civiles des deux côtés. L’Ukraine affirme développer ses propres armements pour mener ces opérations en profondeur, visant principalement les installations de traitement et d’exportation de pétrole : raffineries, dépôts, ports.
Des responsables occidentaux estiment que Kiev a pris l’avantage ces derniers mois grâce à ces frappes contre les voies d’approvisionnement à l’arrière du front. Mykhailo Fedorov, ministre ukrainien de la Défense, a déclaré mercredi que « les Russes ont désormais de gros problèmes pour acheminer l’infanterie vers la ligne de front et l’approvisionner »[3].
Moscou frappe une gare et un navire en mer Noire

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La Russie a mené de son côté plusieurs frappes en Ukraine. Deux hommes ont été tués par un drone à la gare de Lozova, dans la région de Kharkiv, au nord-est du pays. En mer Noire, un vraquier battant pavillon de la Guinée-Bissau et chargé de blé ukrainien a été frappé, provoquant un incendie à bord et faisant un mort. Oleg Kiper, gouverneur régional d’Odessa, a confirmé l’attaque.
L’état-major ukrainien a par ailleurs annoncé avoir frappé d’autres objectifs militaires russes : une base navale en mer Noire utilisée par des vedettes rapides de la flotte russe, une station radar dans la région de Briansk à la frontière, un site de lancement de drones et un pont routier dans la partie occupée de la région de Donetsk. Un commandant militaire ukrainien utilisant l’indicatif Magyar a précisé que les forces ukrainiennes avaient touché 201 navires russes au cours des trois dernières semaines en mer Noire et en mer d’Azov[5]. Ce décompte n’inclut pas les navires frappés par les services de sécurité ukrainiens et d’autres groupes militaires.
Pourquoi l'Ukraine frappe les raffineries russes
Une campagne de frappes qui s’intensifie
L’intensification de ces frappes ukrainiennes intervient alors que les perspectives d’un accord de paix restent lointaines, malgré une année d’efforts diplomatiques menés par l’administration Trump. Des responsables américains ont confirmé que Steve Witkoff et Jared Kushner, principaux émissaires du président, se rendraient à Kiev dans un avenir proche, selon une source proche des discussions.
Les frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes visent à tarir une source majeure de revenus pour Moscou et à compliquer la logistique militaire russe. La raffinerie de Riazan, touchée fin juillet, affiche une capacité de raffinage d’environ 17 millions de tonnes de pétrole par an et produit notamment de l’essence, du gazole et du kérosène utilisés pour alimenter le complexe militaro-industriel russe[4].
Cette stratégie de frappes en profondeur, menée à l’aide de drones et de missiles à longue portée développés localement, malmène les installations pétrolières russes depuis des mois. Les attaques menées en juin ont tué des civils dans plusieurs villes russes. L’une d’elles a touché un monastère placé sous la protection de l’UNESCO en plein cœur de Kiev, incendiant la toiture d’une cathédrale emblématique.
L’Ukraine affirme avoir mené avec succès des attaques contre des usines militaires russes. Selon des responsables et analystes occidentaux, ces frappes contre les voies d’approvisionnement à l’arrière du front ont privé l’armée russe de son élan sur le champ de bataille. La baisse du nombre total de frappes russes en juin est intervenue alors que l’Ukraine intensifiait ses propres attaques contre la Russie, qu’elle présente comme une juste riposte.
Frappes ukrainiennes contre la Russie : les données clés
- L'Ukraine a frappé deux raffineries russes à plus de 700 km du front le 6 août 2026
- La Russie a abattu 605 drones ukrainiens dans la nuit du 5 au 6 août
- Wildberries, géant russe de l'e-commerce, a été visé une vingtaine de fois depuis mi-juillet
- Un vraquier chargé de blé ukrainien a été touché en mer Noire, faisant un mort
- Les forces ukrainiennes ont frappé 201 navires russes en trois semaines
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés

