Depuis le 24 juillet, impossible de laver sa voiture dans l’allée, de remplir la piscine ou d’arroser le potager en journée dans 43 communes des Alpes-Maritimes. Dans le Var, 77 villes et villages viennent de basculer en alerte sécheresse. Au total, 90 communes des deux départements sont désormais soumises à des restrictions d’eau que les préfectures qualifient sans détour de réponse à une situation « alarmante ».
Les chiffres publiés fin juillet par la préfecture des Alpes-Maritimes parlent d’eux-mêmes. Depuis septembre 2025, le déficit de pluie atteint près de 15,5 % par rapport aux normales de saison. Pire encore : 81 % des nappes phréatiques surveillées dans le département affichent un niveau inférieur à la normale. À cela s’ajoutent des anomalies thermiques brutales, avec +2,9 degrés en juin et +3,8 degrés en juillet. Et depuis avril 2026, la consommation d’eau a bondi de 30 % dans certains secteurs de l’ouest du département.
Dans ce contexte, les services de l’État ont durci le ton le 24 juillet, puis à nouveau le 31 juillet. Treize nouvelles communes des Alpes-Maritimes ont été placées sous restrictions renforcées, portant leur nombre à 43 dans le département. Du côté du Var, 77 villes et villages supplémentaires, dont Draguignan et Brignoles, ont été placés en alerte.
Trois niveaux de restriction, jusqu’Ã l’interdiction totale d’arrosage
Les mesures varient selon la gravité de la situation hydrologique de chaque bassin versant. Dans les Alpes-Maritimes, 24 communes du sud-ouest sont placées en alerte sécheresse. Concrètement, il est interdit de laver sa voiture à domicile, de remplir les piscines individuelles et d’arroser en journée[2].
Quatorze villes et villages, dont Antibes et Biot, sont en alerte renforcée. Là , l’arrosage des espaces verts est interdit, les golfs doivent réduire de 60 % leur consommation d’eau destinée à l’arrosage, et les douches de plage doivent fermer. Antibes refuse toutefois de se soumettre à cette dernière mesure, invoquant des raisons sanitaires.
Enfin, six territoires du sud du département sont placés en situation de crise. Dans ces communes, parmi lesquelles Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence, les interdictions sont encore plus strictes : impossible de remettre à niveau sa piscine, de laver sa voiture à domicile ou dans un centre sans système de recyclage de l’eau, ou encore d’arroser les potagers, les espaces verts et les golfs[2].
Des restrictions pour préserver l’eau potable et la lutte contre les incendies
Dans le Var, les 77 communes nouvellement concernées, toutes situées dans le centre du département, ont été placées en alerte. « Ces mesures permettent également de préserver l’alimentation en eau pour les usages prioritaires, notamment l’eau potable et la lutte contre les incendies », précise la préfecture dans son communiqué du 24 juillet[4].
La mention des incendies n’est pas anodine. Au moment de l’annonce des restrictions, le feu qui s’était déclaré à Pontevès n’était toujours pas fixé. Lors de leur dernier point presse, les sapeurs-pompiers du Var faisaient même état d’une reprise du feu dans le secteur de Barjols[1].
Les prévisions météorologiques n’annoncent aucune inversion de tendance à court terme. Les vagues de chaleur se succèdent depuis fin mai, et la température de l’eau menace directement la faune et la flore locales[3]. Les services de l’État préviennent que de nouvelles restrictions sont à prévoir dans les semaines à venir. La préfecture des Alpes-Maritimes a d’ailleurs étendu les mesures le 31 juillet, portant le nombre de communes concernées à 82 dans le département.
Pour les habitants de ces territoires, la situation impose une vigilance quotidienne. Chaque geste compte, des usages domestiques aux activités agricoles, industrielles et artisanales, dans un esprit de solidarité face à une ressource qui se fait rare.
Sources
4 sources · 5 faits vérifiés
Point de situation –
Sécheresse 2026 –
Sécheresse –
Actions de l'État –
Les services de l’État dans le Var


