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Au Japon, un jeu vidéo sur ordonnance soigne les troubles de l’attention chez les enfants : 30 minutes par jour pendant six semaines

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Un jeu vidéo développé par une firme américaine est désormais prescrit sur ordonnance au Japon pour traiter les troubles de l’attention chez les enfants.

EndeavorRide ressemble à une copie simplifiée de Mario Kart. Mais derrière ce parcours de course parsemé d’obstacles se cache une application thérapeutique homologuée par les autorités sanitaires japonaises. Le jeu cible les enfants souffrant de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité, regroupés sous l’abréviation TDAH. Une prescription qui tranche avec les débats européens sur la limitation des écrans : en France, une loi doit bientôt interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

En chiffres
30 min
Durée quotidienne du traitement
Pendant six semaines
600
Enfants testés lors des essais cliniques
Sur une période de sept ans
1/3
Part des enfants sans signe de TDAH après traitement
Au terme du protocole

Une prescription de trente minutes par jour

Le traitement s’administre à raison de trente minutes par jour pendant six semaines. Ryohei Niwa, pédopsychiatre et directeur de la clinique Meiaki Sako à Nagoya, observe une amélioration de la capacité des enfants à faire attention à plusieurs choses simultanément. Le principe du jeu repose sur une tâche double : guider un personnage sur un parcours tout en appuyant sur une touche uniquement quand apparaît un personnage perturbateur d’une couleur prédéfinie, par exemple le bleu.

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Cette double sollicitation cognitive force l’enfant à traiter deux informations en parallèle et à réagir en conséquence. La progression se mesure aux réussites dans le jeu, un indicateur visible pour l’entourage.

Une acceptation facilitée par rapport aux médicaments

Close-up of hands exchanging a single pill, symbolizing medication sharing.
Close-up of hands exchanging a single pill, symbolizing medication sharing. Photo : Towfiqu barbhuiya / Pexels

« Certains enfants sont rétifs aux médicaments, opposent une grande réticence », relève Ryohei Niwa. « Alors qu’une thérapie par le jeu vidéo est facilement acceptée. Les enfants et parents japonais sont très enthousiastes lorsqu’il s’agit du jeu vidéo et ont envie d’essayer. »

Le pédopsychiatre précise toutefois les limites de l’outil : « Je reçois aussi des patients qui ont besoin de traitements chimiques et ce jeu dédié ne peut pas totalement les remplacer. » EndeavorRide s’inscrit donc dans une palette thérapeutique élargie, pas comme substitut systématique aux médicaments.

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Les résultats cliniques ayant conduit à l’homologation ont été jugés probants par les autorités sanitaires japonaises. Le jeu a montré une amélioration statistiquement significative lors des essais menés sur plusieurs centaines d’enfants et adolescents atteints de TDAH[2].

Pourquoi le Japon mise sur les écrans thérapeutiques

Une alternative aux médicaments
EndeavorRide facilite l'acceptation du traitement chez les enfants réticents aux médicaments. Les familles japonaises se montrent enthousiastes face à cette thérapie par le jeu vidéo.
Des résultats probants
Un tiers des enfants testés n'affichaient plus de signe de TDAH après le protocole. Les essais cliniques menés sur 600 enfants pendant sept ans ont convaincu les autorités sanitaires japonaises.
Le paradoxe du temps d'écran
Prescrire trente minutes de jeu par jour interroge alors que les écrans sont souvent accusés d'aggraver les troubles de l'attention. Les médecins exigent une réduction équivalente du temps d'écran par ailleurs.
Un complément, pas un substitut
Les pédopsychiatres japonais rappellent qu'EndeavorRide ne remplace pas totalement les traitements chimiques. Le jeu s'inscrit dans une palette thérapeutique élargie.

Le risque d’allonger le temps d’écran

La prescription d’un jeu vidéo soulève une interrogation : ne risque-t-on pas de soigner le mal par le mal en ajoutant trente minutes d’écran quotidien ? Ryohei Niwa assume cette tension. « Moi aussi je suis attentif au temps d’écran, je fais promettre à ceux à qui je prescris l’usage de ce jeu de réduire d’autant par ailleurs l’usage des écrans », précise-t-il. « Je pense que c’est à nous, les médecins, d’utiliser au mieux ces applications comme des outils supplémentaires pour en faire surtout ressortir les avantages. »

Le pédopsychiatre observe par ailleurs une amélioration de la communication entre les enfants et leurs parents. « Je ressens aussi chez les enfants qui ont commencé une communication plus fluide avec leurs parents », témoigne-t-il.

D’autres thérapies numériques déjà prescrites

A doctor discusses health concerns with a patient at a medical office in Lagos, Nigeria.
A doctor discusses health concerns with a patient at a medical office in Lagos, Nigeria. Photo : Ninthgrid / Pexels

EndeavorRide ne constitue pas une anomalie dans le paysage médical japonais. Des applications thérapeutiques sont déjà prescrites aux adultes pour lutter contre les insomnies ou l’addiction au tabac. Le Japon considère les écrans aussi comme des moyens thérapeutiques, une approche qui contraste avec les politiques restrictives adoptées en Europe et aux États-Unis.

EndeavorRide a été développé par une firme américaine, mais c’est au Japon qu’il obtient son homologation pour un usage médical encadré. Les autorités sanitaires japonaises ont validé son efficacité après des essais cliniques menés sur 600 enfants âgés de 8 à 12 ans sur une période de sept ans[3]. Un tiers des participants n’affichaient plus aucun signe de TDAH au terme du protocole, composé de 25 minutes de jeu par jour, cinq fois par semaine pendant un mois.

Certains joueurs ont ressenti des maux de tête, seul effet secondaire signalé, jugé plus supportable que les médicaments traditionnels[3].

Thérapie numérique au Japon : ce qu'il faut retenir

  • EndeavorRide est homologué par les autorités sanitaires japonaises pour traiter le TDAH chez les enfants
  • Le traitement dure trente minutes par jour pendant six semaines, sur prescription médicale
  • Le jeu impose une double tâche cognitive : guider un personnage et réagir à des stimuli visuels précis
  • Un tiers des 600 enfants testés n'affichaient plus de signe de TDAH au terme du protocole
  • Les médecins japonais prescrivent déjà des applications numériques pour les insomnies et l'addiction au tabac
Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.

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