ActualitésCôte-d'Or : pourquoi l'étang de Marcenay protège le Châtillonnais des incendies

Côte-d’Or : pourquoi l’étang de Marcenay protège le Châtillonnais des incendies

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L’étang de Marcenay, en plein Châtillonnais, a beau être à sec après les semaines de sécheresse qu’on vient de vivre, il montre une chose que peu de gens savent : les milieux humides, même asséchés l’été, freinent les feux. Clément Bastin, chargé de projets au Conservatoire d’espaces naturels pour le pôle Milieux humides Bourgogne-Franche-Comté, est venu sur place pour expliquer ce mécanisme. Et ça mérite d’être dit : avec des plantes et un sol gorgés d’eau, le feu a beaucoup plus de mal à avancer.

Qu’est-ce qu’un milieu humide, d’abord ? Ce sont des espaces où le sol est saturé en eau au moins une partie de l’année. On les reconnaît à la nature du terrain et à la végétation qui y pousse. L’étang de Marcenay, comme bien d’autres zones de Côte-d’Or, en fait partie, même si la canicule récente a vidé une bonne partie de ces réserves. Mais ce qui compte, c’est ce qu’ils apportent au reste du temps : un rôle de bouclier contre les incendies.

Le lien avec les feux est direct : plus la végétation est sèche, plus elle s’enflamme vite. Les touffe d’herbes sèches partent au moindre contact avec une source de chaleur, un tronc d’arbre résiste mieux. Mais si les plantes et le sol contiennent de l’eau, alors même en cas de départ de feu, la propagation ralentit. C’est là que les zones humides jouent leur partition : elles maintiennent une humidité locale, elles hydratent la végétation environnante, elles créent des ruptures naturelles dans le paysage.

La teneur en eau, paramètre central

Les spécialistes du risque incendie le disent tous : la teneur hydrique des végétaux détermine tout. Plus elle est basse, plus le risque grimpe. Quand les températures dépassent 30 degrés et que l’air est sec, les plantes transpirent, le sol se vide, et les gaz inflammables s’accumulent au-dessus de la végétation. Ces gaz ne provoquent pas le départ de feu, mais ils aggravent l’incendie une fois qu’il est parti.

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À l’inverse, les milieux humides conservent l’eau dans le sol et dans les tissus végétaux. Même asséchés en surface, ils gardent une réserve plus profonde, qui nourrit les racines et maintient une certaine fraîcheur. C’est ce qui explique que les marais, les marécages, les tourbières et les étangs comme celui de Marcenay constituent des zones tampons face aux flammes.

L’État relance la campagne de prévention

Le gouvernement vient de lancer sa campagne nationale de prévention des feux de forêt pour l’année. Le message est clair : en période de sécheresse, la végétation asséchée par manque de pluie rend possible un départ de feu, qui peut se propager à toute vitesse. Les préfectures peuvent interdire l’usage du feu, les barbecues, les travaux générateurs d’étincelles, voire certains déplacements dans les massifs forestiers.

Les maires et présidents d’intercommunalité sont appelés à relayer les consignes : pas de mégot jeté en forêt, pas de barbecue en zone sensible, débroussaillage obligatoire autour des habitations avant l’été, stockage du bois et des bouteilles de gaz loin des maisons. L’État met à disposition des supports de communication sur le portail feux-forêt.gouv.fr, et pousse les communes situées près des espaces boisés à les diffuser sur leurs réseaux, leurs panneaux lumineux, leurs bulletins municipaux.

Le Châtillonnais, avec ses étendues boisées et ses zones humides en patchwork, est concerné au premier chef. Protéger les milieux humides, c’est aussi protéger les villages alentour. Quand un étang conserve sa végétation hydratée, il crée une bande de rupture naturelle qui ralentit l’avancée des flammes. C’est exactement ce que font les bandes débroussaillées en forêt, mais en version naturelle.

Plan national milieux humides : un enjeu de climat et de sécurité

Le 4e plan national d’action en faveur des milieux humides, qui court de 2022 à 2026, intègre cette dimension. Préserver ces espaces, ce n’est pas seulement une affaire de biodiversité ou de paysage : c’est aussi une question de prévention des risques naturels, d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets. Les milieux humides stockent le carbone, régulent les crues, et freinent les incendies. En Bourgogne-Franche-Comté, le Conservatoire d’espaces naturels porte cette ambition sur le terrain, étang par étang, marais par marais.

L’étang de Marcenay, même à sec en ce mois d’août, reste un atout pour le territoire. Quand les pluies reviendront, il se remplira, la végétation reprendra, et le bouclier naturel se reconstituera. D’ici là, les habitants du Châtillonnais feraient bien de se rappeler que ce plan d’eau discret, perdu au milieu des bois, joue un rôle dans leur sécurité. Et que le protéger, c’est se protéger soi-même.

Sylvie Renard
Sylvie Renard
Sylvie Renard, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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