Le 5 août, Marceau Gène a soufflé ses 100 bougies dans le quartier de Campêche. Figure locale, père de sept enfants, il rejoint trois autres habitants de la commune qui ont franchi ce cap depuis le début de l’année : Stanislas Molongo, Losy, et Hildevert Molongo. Quatre centenaires dans une même commune, ce n’est pas si fréquent.
Né en 1926, Marceau Gène porte en lui une part de l’histoire de la Guadeloupe moderne. Ancien ouvrier du bâtiment, il a travaillé sur ces grands chantiers qui ont façonné l’île telle qu’on la connaît aujourd’hui. Les routes, les bâtiments publics, les infrastructures qui structurent le quotidien : il les a vus sortir de terre, souvent à la force des bras.
Quand le maire Daniel Moustache lui a rendu visite, l’émotion était palpable. Selon France-Antilles Guadeloupe, Marceau Gène reste profondément attaché à la vie politique et à ceux qui la servent. À 100 ans, il suit encore ce qui se passe dans sa commune, les décisions qui touchent les gens d’ici.
Une génération qui a bâti l’île
Le parcours de Marceau Gène, c’est celui d’une génération qui a construit la Guadeloupe concrète, celle des infrastructures, des équipements, des services publics. Ces hommes et ces femmes ont transformé le territoire avec leurs mains, souvent dans des conditions difficiles, sans le bruit médiatique, mais avec une constance qui a laissé des traces.
Aujourd’hui entouré de plusieurs générations, Marceau Gène incarne cette mémoire vivante : celle des chantiers d’après-guerre, de l’électrification, de l’équipement routier, de la modernisation des villes et des bourgs. Une mémoire qui se transmet, de bouche à oreille, dans les familles et les quartiers.
Campêche et ses quatre centenaires
Que quatre habitants d’une même commune franchissent le siècle d’existence la même année, c’est remarquable. Stanislas Molongo, Losy, Hildevert Molongo, et désormais Marceau Gène : quatre vies longues, quatre témoins d’un siècle de bouleversements. Ils ont connu la Guadeloupe coloniale, l’après-guerre, la départementalisation, les luttes sociales, les cyclones, les mutations économiques.
Ces centenaires ne sont pas des curiosités statistiques. Ils sont la mémoire incarnée d’un territoire, celle qui raconte ce qu’on ne lit pas toujours dans les livres : le quotidien, les métiers, les solidarités, les efforts qui ont bâti l’île moderne.
À Campêche, on célèbre ces vies longues avec respect. Marceau Gène, figure discrète mais respectée, continue d’incarner cette part de l’histoire locale que les habitants connaissent bien, celle qui se transmet au coin des rues, dans les familles, au fil des générations.

