Entre le 3 et le 22 juillet, la Bourgogne-Franche-Comté a enregistré 916 décès, là où 818 étaient attendus. Soit 98 décès de plus que la normale, une surmortalité de 12% qui coïncide avec l’épisode caniculaire qui a touché la région cet été. Ce sont les chiffres que vient de publier Santé publique France, et ils posent une question simple : combien de ces morts sont directement imputables à la chaleur ?
Pour l’instant, impossible de le dire avec certitude. Les autorités sanitaires le répètent : ces données doivent d’abord être analysées dans le détail avant qu’un lien de causalité soit officiellement établi. L’annonce d’une communication précise est attendue d’ici la fin de l’été.
Ce que l’on sait, c’est que toutes les régions françaises ont connu une hausse de la mortalité pendant cette période, sauf la Corse. À l’échelle nationale, Santé publique France a recensé 1 243 décès en excès pendant ces trois semaines, un bilan moins lourd que celui de la vague de chaleur exceptionnelle de fin juin, qui avait fait 5 764 morts supplémentaires. Mais l’épisode de juillet a eu ceci de particulier qu’il a duré plus longtemps et touché davantage de territoire : 78 départements, soit près de 80% de la population hexagonale.
Les Pays de la Loire en tête, la région en milieu de tableau
Avec ses 98 décès en excès, la Bourgogne-Franche-Comté se situe dans la moyenne nationale. C’est la région Pays de la Loire qui enregistre le bilan le plus lourd, avec 239 décès supplémentaires sur la même période.
Dans la région, ces décès se répartissent dans tous les lieux de vie : hôpitaux, domiciles, établissements pour personnes âgées. Mais au niveau national, un signal fort se dégage : 25,9% des décès en excès ont eu lieu à domicile, un chiffre qui interroge sur la capacité des personnes fragiles à se protéger de la chaleur chez elles. À l’hôpital, la moitié des décès excédentaires ont été comptabilisés, 18,5% en Ehpad. Avec une réserve, toutefois : les codages des lieux de décès peuvent être ambigus, prévient Santé publique France. Un décès en Ehpad peut être enregistré comme survenu à domicile, un décès à l’hôpital peut concerner une personne exposée à la chaleur chez elle avant son admission.
Après juin, juillet : un été meurtrier
Cet épisode s’ajoute à celui, bien plus intense, de fin juin. Entre le 17 juin et le 2 juillet, la région avait enregistré 1 325 décès, contre 952 attendus, soit 373 morts en excès[3]. Au total, depuis le 17 juin, ce sont donc plus de 470 décès supplémentaires qui ont été recensés en Bourgogne-Franche-Comté.
L’été n’est pas fini. Les températures ont légèrement baissé en cette deuxième quinzaine d’août, mais Météo-France annonce que le mois de septembre pourrait encore connaître des épisodes de fortes chaleurs. L’agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté maintient sa surveillance renforcée, notamment pour prévenir les cas de chikungunya autochtones après les détections de cet été à Dijon. La vigilance restera de mise jusqu’en novembre.
Sources
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