La canicule de juillet 2026 a provoqué 141 décès supplémentaires en ÃŽle-de-France, avec une surmortalité de 6,8 % concentrée chez les personnes âgées et dans tous les lieux d’accueil.
Santé publique France a publié mercredi 19 août le bilan provisoire de l’épisode caniculaire de juillet. L’organisme recense 141 décès en excès dans la région francilienne, soit une hausse de 6,8 % par rapport à une période sans chaleur extrême. Le Pays de la Loire arrive en tête du bilan national avec 236 décès supplémentaires. La Corse, épargnée par les fortes températures, n’enregistre aucune surmortalité.
L’épisode s’est étalé du 3 au 22 juillet, soit vingt jours consécutifs, et a concerné 78 départements. L’intensité thermique a été inférieure à celle de la vague de juin, mais la durée et l’étendue géographique ont marqué cette séquence. En juin, la région avait déjà enregistré une mortalité doublée sur six jours, avec 3 000 décès au total.
Une surmortalité observée dès 45 ans, les trois quarts des décès chez les seniors
L’excès de mortalité toutes causes confondues touche toutes les classes d’âge à partir de 45 ans. Les personnes de 75 ans et plus représentent 75 % du bilan provisoire national, avec au moins 917 décès en excès et une hausse de 9,7 %. Cette catégorie concentre la quasi-totalité de la surmortalité francilienne, dans la continuité de l’épisode de juin où les seniors avaient été les plus affectés.
Santé publique France détaille que les décès se répartissent dans tous les lieux : établissements hospitaliers, domiciles privés, EHPAD et maisons de retraite. Le ministère de la Santé a précisé lors d’un point-presse que les décès à domicile génèrent un signal fort, ce qui soulève la question des dispositifs de veille et d’accompagnement pour les personnes isolées.
1 243 décès en excès sur l’ensemble du territoire, 78,5 % de la population hexagonale exposée
À l’échelle nationale, le bilan provisoire s’élève à 1 243 décès en excès pour l’ensemble des 78 départements concernés. Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail au sein de Santé publique France, a souligné mercredi que l’épisode avait été remarquable par sa durée et son étendue territoriale, touchant 78,5 % de la population hexagonale.
Cette augmentation de la mortalité ne peut toutefois pas encore être imputée avec certitude à la chaleur. Les autorités sanitaires disposeront de données consolidées à la fin de l’été, une fois l’ensemble des certificats de décès analysés. Le lien entre température et cause de décès nécessite un examen approfondi, notamment pour distinguer les pathologies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales aggravées par la chaleur.
| Région | Décès en excès | Variation |
|---|---|---|
| ÃŽle-de-France | 141 | +6,8 % |
| Pays de la Loire | 236 | Non précisé |
| Corse | 0 | 0 % |
| National (78 départements) | 1 243 | Non précisé |
| Seniors 75 ans et plus (national) | 917 | +9,7 % |
Source : Santé publique France
Pourquoi la surmortalité liée à la chaleur persiste en 2026
Deux canicules successives en deux mois, un cumul inédit en Île-de-France
La région francilienne a subi deux vagues de chaleur majeures en l’espace de deux mois. Celle de juin, d’une intensité supérieure, avait duré six jours et provoqué une mortalité doublée, soit 3 000 décès dans la région. L’épisode de juillet, moins intense mais trois fois plus long, a prolongé l’exposition des populations vulnérables sans laisser de période de récupération suffisante.
Ce cumul pose la question de l’adaptation des infrastructures et des protocoles de veille sanitaire. Les EHPAD et établissements hospitaliers ont été mobilisés sur une durée inhabituelle, avec des protocoles de rafraîchissement et d’hydratation maintenus pendant vingt jours. Les décès à domicile, en hausse, interrogent sur la capacité des dispositifs de détection des personnes isolées, notamment en milieu urbain dense où les îlots de chaleur accentuent les températures ressenties.
Un bilan provisoire qui sera consolidé à la rentrée
Santé publique France précise que le bilan actuel repose sur une extraction des certificats de décès disponibles au 19 août. L’analyse complète, incluant les causes de décès et les certificats transmis tardivement, sera publiée fin août ou début septembre. Cette consolidation permettra de quantifier précisément la part attribuable à la chaleur et d’identifier les pathologies les plus fréquentes.
Les autorités sanitaires exploiteront ces données pour ajuster les plans canicule 2027, notamment sur le volet accompagnement à domicile et renforcement des dispositifs d’alerte précoce. La fréquence et la durée croissantes des épisodes caniculaires obligent à repenser les seuils d’alerte et les moyens alloués aux structures médico-sociales durant l’été.
Canicule juillet 2026 : les chiffres de mortalité en Île-de-France
- 141 décès en excès en Île-de-France durant la canicule de juillet 2026, soit +6,8 %
- L'épisode a duré 20 jours consécutifs, du 3 au 22 juillet, et touché 78 départements
- Les personnes de 75 ans et plus représentent 75 % des décès, avec 917 morts et +9,7 %
- Le Pays de la Loire enregistre le bilan régional le plus lourd avec 236 décès supplémentaires
- Les décès touchent tous les lieux : hôpitaux, domiciles, EHPAD, avec un signal fort à domicile
- Le bilan national provisoire s'élève à 1 243 décès en excès pour l'ensemble des départements concernés

