Le Mojave a quitté un aérodrome classique avant de se poser sur une piste en terre aménagée dans un champ de bataille simulé en Corée du Sud. Après un redécollage court, ce drone militaire a repris sa mission, démontrant sa capacité à opérer loin des infrastructures aériennes habituelles.
Une piste destinée aux blindés plutôt qu’aux avions
La démonstration a été organisée par General Atomics et Hanwha Aerospace à Pocheon-si, dans la province sud-coréenne de Gyeonggi. Le Mojave participait d’abord à des opérations aériennes conjointes après avoir décollé d’un terrain conventionnel.
En cours de mission, les opérateurs au sol lui ont demandé d’atterrir sur un chemin de terre accidenté et non aménagé. Cette voie était comparable à celles utilisées pour les déplacements de chars et de pièces d’artillerie sur un théâtre d’opérations.
Le drone s’est posé, puis a effectué un décollage sur une courte distance avant de poursuivre son vol. General Atomics présente cette séquence comme une première pour un appareil de cette catégorie dans un environnement de champ de bataille simulé.
Un appareil imposant capable d’opérer sans aérodrome
Le Mojave n’est pas un petit drone portable. Cet appareil de classe III mesure 9 mètres de long et possède une envergure de 16 mètres. Il appartient à la famille des drones de moyenne altitude et de longue endurance.
Sa capacité de décollage et d’atterrissage courts, désignée par l’acronyme STOL, doit lui permettre d’utiliser des terrains sommaires ou des routes non préparées. L’objectif est de réduire sa dépendance aux grandes bases aériennes, qui peuvent devenir difficiles d’accès ou dangereuses en période de conflit.
Ravitaillement, armement et soutien au plus près du front
Le test ne portait pas seulement sur les qualités de vol. Il devait aussi valider la possibilité de conduire des opérations tactiques avancées dans des conditions dégradées.
General Atomics envisage notamment plusieurs missions :
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- atterrir sur une piste en terre pour être ravitaillé ou réarmé ;
- effectuer des missions de renseignement, surveillance et reconnaissance ;
- livrer des armes ou déployer des systèmes lancés depuis les airs ;
- assurer le ravitaillement de troupes et participer à la lutte contre d’autres drones.
Cette souplesse doit permettre à l’appareil d’intervenir dans des zones contestées ou dangereuses, sans nécessiter une piste militaire entièrement équipée.
Le Mojave reste encore en développement
Malgré la réussite annoncée de cette démonstration, le programme n’a pas encore atteint le stade de la production. La revue critique de conception est prévue pour la fin de l’année 2026, tandis que le premier vol d’un exemplaire de production est programmé en 2027.
À retenir : le Mojave a prouvé qu’un drone militaire de grande taille pouvait interrompre une mission pour se poser sur un chemin de terre, redécoller rapidement puis reprendre son opération. Cette capacité pourrait permettre de rapprocher le ravitaillement, le réarmement et le soutien aérien des zones de combat, mais l’appareil demeure en phase de développement.

