Le Big Bang correspond-il réellement au commencement du temps ? Une vaste consultation internationale révèle que la majorité des physiciens interrogés refuse d’en faire une certitude. L’enquête met surtout en lumière les nombreuses questions fondamentales auxquelles la science ne peut pas encore apporter de réponse tranchée.
Le Big Bang ne signifie pas forcément que tout a commencé
L’image d’une explosion faisant surgir soudainement l’espace, la matière et le temps reste très présente dans la culture populaire. Pourtant, la théorie cosmologique décrit avant tout l’expansion de l’Univers depuis un état extrêmement chaud et dense.
Parmi les scientifiques interrogés, 68 % estiment que le Big Bang ne marque pas nécessairement le début du temps. Cette position ne prouve pas qu’un « avant » a existé : elle signifie simplement que les connaissances actuelles ne permettent pas d’identifier cet événement comme l’origine certaine du temps.
Une consultation de plus de 1 600 physiciens
L’enquête internationale Big Mysteries in Physics a été lancée en 2025 sous la forme d’un questionnaire ouvert. Ses auteurs ont ensuite isolé et étudié les réponses de plus de 1 600 personnes se présentant comme physiciens.
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Le seul autre résultat réunissant une majorité, très courte, concerne l’inflation cosmique. 51 % des répondants pensent que l’Univers a traversé, juste après le Big Bang, une phase d’expansion extraordinairement rapide. Même cette hypothèse centrale de nombreux modèles ne fait donc pas l’unanimité.
Matière noire et gravité divisent encore davantage
Les réponses deviennent beaucoup plus dispersées lorsqu’il est question de matière noire. Plusieurs pistes coexistent :
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- 17 % privilégient l’existence d’une ou de plusieurs particules encore inconnues ;
- 12 % pensent qu’une modification de la théorie de la gravité pourrait fournir l’explication ;
- environ 21 % envisagent une combinaison de plusieurs solutions.
La tentative d’unifier gravité et physique quantique produit le même éclatement. Près de 19 % des scientifiques interrogés privilégient la théorie des cordes, contre 12 % pour la gravité quantique à boucles. De leur côté, 18 % doutent qu’une telle unification soit possible.
L’absence d’accord fait avancer la recherche
Ces divergences ne signifient pas que la physique moderne serait en échec. Elles indiquent plutôt les domaines dans lesquels les observations et les modèles disponibles ne suffisent pas encore à départager les différentes hypothèses.
Niayesh Afshordi, physicien à l’Université de Waterloo et coauteur de l’étude, rappelle que la réalité scientifique ne se décide pas à la majorité. Une théorie s’impose grâce à des preuves reproductibles, et non parce qu’elle recueille le plus de voix.
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À retenir : le Big Bang demeure le modèle décrivant l’évolution de l’Univers depuis un état primordial très chaud et dense, mais il ne démontre pas à lui seul la naissance du temps. Il faut donc éviter de présenter comme certaines des questions que les physiciens considèrent toujours ouvertes.

