Recharger une voiture électrique de 10 à 70 % en 4 minutes 30 : Geely affirme avoir atteint ce résultat avec sa nouvelle technologie de recharge culminant à 2 250 kW. Une performance spectaculaire, mais qui ne correspond pas aux possibilités actuellement offertes aux automobilistes en France.
Le constructeur chinois a officialisé cette technologie le 24 septembre 2026. Les essais annoncés ont été réalisés avec des batteries installées dans une Lynk & Co 10 et une Zeekr 001. Pour un conducteur français, l’enjeu est surtout de comprendre l’écart entre cette démonstration et les infrastructures réellement disponibles sur le territoire.
- Geely annonce une recharge de 10 à 70 % en 4 min 30 avec sa technologie à 2 250 kW.
- Les bornes rapides françaises plafonnent à 350 kW, bien loin de cette puissance.
- Cette technologie reste inaccessible aux automobilistes français pour l'instant.
Geely annonce une recharge de 10 à 70 % en 4 minutes 30
Dans son communiqué officiel sur sa nouvelle technologie de recharge, Geely indique que sa station de cinquième génération peut atteindre une puissance de pointe de 2 250 kW. La batterie dite Shendun Golden Battery accepte, selon le constructeur, un taux de charge maximal de 12C.
Geely affirme avoir obtenu, lors d’essais en conditions réelles, un passage de 10 à 70 % de charge en 4 minutes 30 secondes, puis de 10 à 97 % en 8 minutes 40 secondes. Le constructeur précise que son système de gestion thermique maintient la température moyenne de la batterie à 55 °C et limite son pic à moins de 65 °C pendant la recharge rapide.
Ces chiffres doivent cependant être correctement qualifiés : il s’agit de performances annoncées par Geely sur sa propre technologie, et non d’un temps de recharge applicable à l’ensemble des voitures électriques. Aucune généralisation de cette infrastructure à la France n’a été annoncée par les autorités françaises.
En France, les bornes rapides restent très loin de 2 250 kW
En France, les bornes rapides restent très loin de 2 250 kW

Pour les voitures particulières actuellement utilisées en France, les puissances sont nettement inférieures. Le site pédagogique Je roule en électrique, piloté par l’Avere-France, présente la prise Combo 2 comme le standard européen de recharge rapide en courant continu et indique des puissances allant jusqu’à 350 kW pour les bornes rapides.
La puissance inscrite sur une borne ne suffit d’ailleurs pas à déterminer la durée d’un arrêt. La voiture doit être capable d’accepter cette puissance, et la puissance maximale n’est généralement pas maintenue pendant toute la recharge. L’état de charge de la batterie, sa température et sa courbe de recharge influencent également la durée réelle.
Le réseau français dépasse désormais 200 000 points de recharge publics
La priorité française reste parallèlement l’extension et la fiabilisation du réseau. Au 31 août 2026, la France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public, selon le baromètre Avere-France réalisé avec le ministère de la Transition écologique à partir des données de Gireve. Ce total était en hausse de 13 % sur un an.
Le Gouvernement a également présenté en avril 2026 une stratégie d’électrification du réseau routier national visant 30 000 points de recharge sur les grands axes à l’horizon 2035 pour les déplacements de moyenne et longue distance.
Des exigences européennes renforcées sur les grands axes

La réglementation européenne AFIR impose déjà un maillage minimal sur le réseau transeuropéen de transport. Sur le réseau central RTE-T, les parcs de recharge pour véhicules légers doivent notamment être espacés de 60 km au maximum dans chaque sens de circulation. Depuis fin 2025, chacun doit fournir au moins 400 kW de puissance totale et comporter au moins un point de 150 kW.
À partir du 31 décembre 2027, ces parcs devront atteindre au moins 600 kW de puissance totale et comprendre au minimum deux points de 150 kW. Ces obligations figurent dans le règlement européen sur les infrastructures pour carburants alternatifs.
Ce que cela change aujourd’hui pour un automobiliste français
À ce stade, la recharge de 10 à 70 % en 4 minutes 30 annoncée par Geely ne constitue donc pas une nouvelle possibilité de recharge en France. Elle montre jusqu’où certains constructeurs cherchent à pousser la recharge ultrarapide, mais elle nécessite à la fois une batterie compatible et une infrastructure délivrant une puissance très supérieure à celle des bornes automobiles courantes en France.
Pour choisir une voiture électrique aujourd’hui, il reste plus pertinent de vérifier sa puissance maximale de recharge en courant continu, mais surtout son temps de charge annoncé sur une plage comparable, par exemple de 10 à 80 %. Une borne capable de délivrer davantage de puissance que le véhicule ne peut en accepter ne réduira pas davantage le temps d’arrêt.
Questions fréquentes
Pourquoi les temps de recharge annoncés par Geely ne s'appliquent pas aux voitures en France ?
Cette performance nécessite à la fois une batterie compatible acceptant un taux de charge de 12C et une infrastructure délivrant 2 250 kW de puissance. Les bornes rapides françaises plafonnent à 350 kW, et aucune généralisation de l’infrastructure Geely à la France n’a été annoncée.
La puissance d'une borne détermine-t-elle seule la durée de recharge ?
Non. La voiture doit être capable d’accepter cette puissance, et celle-ci n’est généralement pas maintenue pendant toute la recharge. L’état de charge, la température et la courbe de recharge influencent également la durée réelle.
Quelles obligations d'infrastructure s'imposent aux grands axes routiers en Europe ?
À partir du 31 décembre 2027, les parcs de recharge sur le réseau central RTE-T devront atteindre au moins 600 kW de puissance totale et comprendre au minimum deux points de 150 kW, selon la réglementation européenne AFIR.

