Une étude publiée en 2026 établit une association entre la prise de glucosamine et une évolution défavorable chez des patients souffrant de troubles cognitifs. Elle ne démontre toutefois pas que ce complément provoque ou accélère la maladie d’Alzheimer chez l’humain.
La glucosamine est présente dans des compléments alimentaires destinés notamment au confort articulaire. Les nouveaux travaux invitent surtout à la prudence chez les personnes présentant déjà un trouble cognitif ou une démence. En France, les recommandations sanitaires consultées ne comportent pas, à ce jour, de consigne spécifique liée à Alzheimer.
- Une étude de 2026 associe la glucosamine à une évolution défavorable chez les patients souffrant de troubles cognitifs.
- L'étude observe une association statistique mais ne prouve pas un lien causal chez l'humain.
- Les personnes atteintes d'Alzheimer prenant de la glucosamine doivent en parler à leur médecin.
Ce que montre réellement l’étude publiée en 2026
Les travaux, publiés le 9 juin 2026 dans la revue Nature Metabolism, associent plusieurs approches : analyse de tissus cérébraux humains après décès, expériences sur des modèles murins de la maladie d’Alzheimer et étude rétrospective de dossiers médicaux américains.
Dans les dossiers de patients analysés par l’équipe de l’Université de Floride, l’utilisation de glucosamine était associée à une probabilité plus élevée de passage d’un trouble cognitif léger vers une démence. Les chercheurs ont également observé une survie moins favorable chez des patients souffrant déjà d’Alzheimer ou de maladies apparentées et utilisant de la glucosamine.
Cette partie de l’étude est observationnelle et rétrospective. Elle permet d’identifier une association statistique, mais pas d’établir que la glucosamine en est la cause. Des différences entre les personnes prenant ce complément et celles qui n’en prennent pas peuvent notamment influencer les résultats. Les chercheurs estiment qu’un essai clinique contrôlé chez l’humain est nécessaire avant de conclure à un lien causal.
Les chercheurs estiment qu'un essai clinique contrôlé chez l'humain est nécessaire avant de conclure à un lien causal.
Pourquoi la glucosamine intéresse les chercheurs

Les expériences menées chez la souris apportent une piste biologique. Les chercheurs ont observé dans les cerveaux atteints d’Alzheimer une augmentation anormale de la glycosylation, un processus par lequel des structures glucidiques sont attachées à des protéines. Chez des souris génétiquement modifiées pour reproduire certains aspects de la maladie, l’administration orale de glucosamine a augmenté cette activité et dégradé les performances à un test de mémoire sociale.
Ces résultats expérimentaux renforcent l’intérêt scientifique de l’hypothèse, mais un résultat obtenu chez la souris ne peut pas être directement transposé à un patient. Il n’est donc pas établi qu’une personne prenant de la glucosamine connaîtra une progression plus rapide d’Alzheimer.
En France, l’Anses avait déjà identifié d’autres risques
La glucosamine faisait déjà l’objet de précautions en France avant cette publication. Dans un avis consacré aux compléments alimentaires contenant de la glucosamine ou de la chondroïtine, l’Anses avait analysé les effets indésirables signalés dans le cadre de la nutrivigilance.
L’Agence déconseille ces compléments à certaines populations, notamment les personnes diabétiques ou prédiabétiques, asthmatiques ou traitées par anti-vitamine K. Pour la glucosamine, une vigilance concerne également les personnes allergiques aux crustacés ou aux insectes. Les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants figurent aussi parmi les populations auxquelles ces compléments sont déconseillés, faute de données de sécurité suffisantes.
Ces recommandations françaises sont antérieures à l’étude de 2026 et ne constituent pas une alerte officielle de l’Anses sur la maladie d’Alzheimer. Le bulletin de l’Agence consacré aux compléments alimentaires à visée articulaire permet de retrouver les précautions établies en France.
Que faire si l’on prend déjà de la glucosamine ?
Les résultats disponibles ne justifient pas de présenter l’arrêt de la glucosamine comme une nouvelle recommandation officielle française. En revanche, une personne atteinte de troubles cognitifs ou d’une maladie d’Alzheimer qui utilise ce type de complément a intérêt à signaler cette prise à son médecin ou à son pharmacien afin d’en réévaluer l’intérêt et les risques dans sa situation personnelle.
Le ministère de la Santé rappelle les précautions applicables aux compléments alimentaires, notamment la nécessité de demander conseil à un professionnel de santé en cas de traitement médicamenteux. Un complément alimentaire ne peut par ailleurs pas revendiquer la prévention ou le traitement d’une maladie.
Enfin, tout effet indésirable suspecté après la prise d’un complément peut être signalé dans le cadre de la nutrivigilance. Le ministère détaille la procédure de signalement des effets indésirables. Pour les personnes présentant déjà des troubles cognitifs, le point essentiel reste donc de faire connaître au professionnel de santé tous les compléments alimentaires consommés, glucosamine comprise, plutôt que de modifier seul leur prise sur la base de cette étude.
Questions fréquentes
Pourquoi l'étude n'établit-elle pas que la glucosamine cause Alzheimer ?
L’étude est observationnelle et rétrospective : elle identifie une association statistique mais pas une causalité. Des différences entre les personnes prenant ce complément et celles qui n’en prennent pas peuvent influencer les résultats. De plus, les résultats chez la souris ne peuvent pas être directement transposés à un patient humain.
Quelles populations la France déconseillait déjà de prendre de la glucosamine avant cette étude ?
L’Anses la déconseille aux personnes diabétiques ou prédiabétiques, asthmatiques, traitées par anti-vitamine K, allergiques aux crustacés ou aux insectes, ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants, faute de données de sécurité suffisantes.
Faut-il arrêter immédiatement la glucosamine si on la prend actuellement ?
Les résultats disponibles ne justifient pas d’arrêt généralisé. En revanche, les personnes atteintes de troubles cognitifs ou d’Alzheimer qui utilisent ce complément doivent en parler à leur médecin ou pharmacien pour réévaluer l’intérêt et les risques dans leur situation personnelle.

