Un essai randomisé publié en 2026 montre que les anticoagulants oraux directs réduisent les événements graves chez des patients atteints de fibrillation atriale avec un risque intermédiaire d’AVC. Ces résultats ne constituent toutefois pas une nouvelle règle de prescription en France.
L’étude SINGLE-AF apporte une donnée importante dans une situation où la décision d’anticoaguler doit être individualisée. Pour les patients français, elle ne justifie ni de commencer ni d’arrêter seul un traitement : l’indication reste évaluée par le médecin en fonction du risque d’AVC, mais aussi du risque hémorragique et des éventuelles contre-indications.
- L'essai SINGLE-AF montre une réduction de 69 % des événements graves avec anticoagulants.
- En France, la prescription reste individualisée selon le risque d'AVC et hémorragique.
- Les patients ne doivent pas modifier seuls leur traitement suite à cette étude.
Une baisse des événements de 69 % dans l’essai SINGLE-AF
Présenté au congrès 2026 de la Société européenne de cardiologie (ESC) et publié dans le New England Journal of Medicine, SINGLE-AF est un essai mené dans 18 centres en Corée du Sud auprès de 1 803 personnes atteintes de fibrillation atriale présentant un risque intermédiaire d’AVC.
Les participants ont été répartis entre un groupe traité par anticoagulant oral direct, avec de l’apixaban ou du rivaroxaban, et un groupe sans anticoagulation. Après 24 mois, le critère principal combinant AVC, embolie systémique, hémorragie majeure ou décès cardiovasculaire est survenu chez 0,5 % des patients sous anticoagulant contre 1,5 % sans anticoagulation. Cela correspond à une réduction relative de 69 %, mais à une différence absolue de 1 point de pourcentage.
Les AVC sont survenus chez 0,3 % des patients du groupe anticoagulé contre 1,1 % dans l’autre groupe. L’incidence des hémorragies majeures est apparue similaire entre les deux groupes. L’ESC présente les résultats détaillés de l’essai SINGLE-AF.
Cela correspond à une réduction relative de 69 %, mais à une différence absolue de 1 point de pourcentage.
Pourquoi ces résultats ne changent pas automatiquement les prescriptions en France
L’essai porte sur une population précisément définie et suivie en Corée du Sud. Il ne signifie donc pas que toute personne atteinte de fibrillation atriale doit recevoir un anticoagulant. Les auteurs indiquent que ces données pourront alimenter de futures recommandations.
Les recommandations européennes de 2024 utilisent notamment le score CHA2DS2-VA pour évaluer le risque thromboembolique. L’anticoagulation orale est recommandée lorsque le score atteint au moins 2 et doit être envisagée lorsqu’il est égal à 1, en tenant compte de la situation individuelle. Les recommandations de l’ESC sur la fibrillation atriale restent la référence européenne en vigueur à ce stade.
En France, la décision d’anticoaguler reste médicale
L’Assurance Maladie rappelle que le traitement anticoagulant vise à empêcher la formation de caillots et notamment à prévenir l’AVC. Elle précise que la nécessité de ce traitement est évaluée par le médecin. Les anticoagulants oraux directs sont préférés aux antivitamines K dans les situations où ils peuvent être utilisés, mais ils sont notamment contre-indiqués chez les patients porteurs d’une valve cardiaque mécanique ou présentant une sténose mitrale modérée à sévère. Les informations destinées aux patients sont disponibles sur la page consacrée au traitement de la fibrillation auriculaire.
La Haute Autorité de santé rappelle également que les anticoagulants exposent à un risque hémorragique et que le respect des indications et des doses est essentiel. Sa fiche sur les anticoagulants oraux détaille les différentes classes utilisées en France.
Ce que doivent retenir les patients concernés
SINGLE-AF renforce donc les preuves en faveur de l’anticoagulation chez certains patients dont le risque d’AVC est intermédiaire, mais ne modifie pas à lui seul la conduite à tenir en France. Une personne atteinte de fibrillation atriale ne doit pas modifier son anticoagulant, sa dose ou interrompre son traitement sur la base de cette étude. La question peut en revanche être abordée avec le médecin lors de la prochaine évaluation du risque thromboembolique et hémorragique.
Questions fréquentes
Pourquoi cette étude coréenne ne change-t-elle pas automatiquement les prescriptions en France ?
L’essai porte sur une population précisément définie et suivie en Corée du Sud. Les auteurs indiquent que ces données pourront alimenter de futures recommandations, mais ne constituent pas une nouvelle règle de prescription immédiate. Les recommandations de l’ESC de 2024 restent la référence européenne en vigueur.
Quels sont les cas où les anticoagulants oraux directs sont contre-indiqués ?
Les anticoagulants oraux directs sont notamment contre-indiqués chez les patients porteurs d’une valve cardiaque mécanique ou présentant une sténose mitrale modérée à sévère. Les antivitamines K restent préférés dans ces situations.
Que doivent faire les patients atteints de fibrillation atriale suite à cette étude ?
Les patients ne doivent pas modifier leur anticoagulant, leur dose ou interrompre leur traitement sur la base de cette étude. La question peut être abordée avec le médecin lors de la prochaine évaluation du risque thromboembolique et hémorragique.

