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Un nouveau dinosaure à grandes griffes découvert en Chine éclaire l’évolution des thérizinosaures

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Une nouvelle espèce de dinosaure, Kayrasaurus changliensis, a été décrite en septembre 2026 à partir d’un squelette presque complet découvert dans le nord-est de la Chine. Ce thérizinosaure du Crétacé inférieur se distingue par sa grande taille, ses griffes fortement recourbées et une dentition particulièrement dense.

La découverte ne concerne pas un géant comparable aux plus grands dinosaures connus. Son intérêt est ailleurs : le spécimen, encore immature, dépassait déjà 3,6 mètres de longueur et constitue le plus grand thérizinosaure actuellement identifié au sein de la biote de Jehol. L’étude apporte surtout de nouveaux indices sur la manière dont ces étonnants théropodes se sont diversifiés et adaptés à différents modes d’alimentation.

En 30 secondes
  • Kayrasaurus changliensis, découvert en Chine, est le plus grand thérizinosaure de la biote de Jehol avec 3,6 mètres de long.
  • Ce dinosaure immature possédait plus de 45 dents exceptionnellement petites et serrées sur sa mâchoire inférieure.
  • Quatre espèces de thérizinosaures coexistaient dans le même écosystème avec des stratégies alimentaires différentes.

Un squelette presque complet découvert dans le Liaoning

Kayrasaurus changliensis provient de la formation géologique de Yixian, dans l’ouest de la province chinoise du Liaoning. Cette formation du Crétacé inférieur est célèbre pour la conservation exceptionnelle de nombreux fossiles appartenant à la biote de Jehol.

La nouvelle espèce a été décrite par Chun-Chi Liao, William J. Freimuth, Lindsay E. Zanno et Xing Xu dans le Journal of Systematic Palaeontology. L’étude a été publiée le 10 septembre 2026, selon l’Institut de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie de l’Académie chinoise des sciences.

Le spécimen de référence comprend notamment un crâne largement complet, une grande partie de la colonne vertébrale et les membres antérieurs. Les chercheurs ont déterminé qu’il s’agissait d’un animal qui n’avait pas encore atteint sa maturité squelettique. Il mesurait pourtant déjà plus de 3,6 mètres de long et était au moins 1,6 fois plus grand que le spécimen de référence de Beipiaosaurus inexpectus, jusque-là le deuxième plus grand thérizinosaure connu de la biote de Jehol.

plus de 32 dents sur le maxillaire et plus de 45 sur le dentaire. Cette dernière valeur est exceptionnellement élevée chez les thérizinosaures.

De minuscules dents très serrées et de puissantes griffes

Gros plan sur les griffes et la fourrure d'un animal carnivore
Les thérizinosaures combinaient des dents minuscules avec des griffes massives, une adaptation remarquable pour leur alimentation. — Photo : Regan Dsouza / Pexels

L’anatomie de Kayrasaurus est particulièrement inhabituelle. Les chercheurs décrivent des dents extrêmement petites et serrées : plus de 32 dents sur le maxillaire et plus de 45 sur le dentaire. Cette dernière valeur est exceptionnellement élevée chez les thérizinosaures.

Ses mains portaient également de grandes griffes fortement recourbées. L’une des caractéristiques permettant d’identifier la nouvelle espèce est une structure particulière sur la griffe du quatrième doigt. Les vertèbres cervicales, nettement allongées par rapport aux vertèbres dorsales, complètent cet ensemble anatomique distinctif.

Le crâne a par ailleurs été étudié grâce à la tomodensitométrie, permettant aux chercheurs d’en reconstruire certaines structures en trois dimensions. Ces données sont précieuses car les crânes des premiers thérizinosaures restent relativement rares dans le registre fossile.

Le plus grand thérizinosaure de la biote de Jehol, pas de toute la famille

Une précision est importante : Kayrasaurus n’est pas présenté par l’étude comme le plus grand thérizinosaure ayant existé. Les chercheurs le décrivent comme le plus grand représentant actuellement connu parmi les thérizinosaures de la biote de Jehol. Des formes plus tardives de cette famille ont atteint des dimensions bien supérieures.

Kayrasaurus rejoint trois autres thérizinosaures déjà connus dans cet écosystème : Beipiaosaurus, Jianchangosaurus et Lingyuanosaurus. La coexistence de plusieurs espèces proches dans une même région pose une question centrale : comment pouvaient-elles exploiter le même environnement sans occuper exactement la même niche ?

Des stratégies alimentaires différentes dans le même écosystème

Lionne se nourrissant de sa proie dans la savane africaine
Les carnivores partagent les ressources alimentaires selon leurs besoins et leurs capacités de chasse. — Photo : Derek Keats / Pexels

En combinant anatomie, estimations de masse corporelle et analyses biomécaniques, les auteurs proposent l’existence d’au moins deux stratégies écologiques chez ces premiers thérizinosaures. Kayrasaurus et Beipiaosaurus présentent des caractères associés à un corps plus robuste et à une morsure plus puissante. Jianchangosaurus et Lingyuanosaurus avaient au contraire des proportions plus graciles, compatibles avec une meilleure aptitude à la course et un rôle plus important des membres antérieurs dans l’alimentation.

Cette interprétation reste une hypothèse fondée sur les caractères anatomiques et biomécaniques, et non l’observation directe d’un comportement. Les chercheurs soulignent eux-mêmes que plusieurs relations évolutives restent à confirmer, de nombreux thérizinosaures n’étant connus que par des fossiles incomplets.

La description de Kayrasaurus montre néanmoins qu’au Crétacé inférieur, les thérizinosaures de la biote de Jehol avaient déjà développé des morphologies et probablement des stratégies alimentaires différentes. Ce squelette exceptionnellement complet offre désormais un nouveau point de comparaison pour comprendre comment ce groupe de théropodes aux griffes spectaculaires s’est diversifié.

Questions fréquentes

Pourquoi Kayrasaurus n'est-il pas le plus grand thérizinosaure jamais découvert ?

Kayrasaurus est seulement le plus grand thérizinosaure connu de la biote de Jehol. Des formes plus tardives de cette famille ont atteint des dimensions bien supérieures.

Comment quatre espèces de thérizinosaures pouvaient-elles coexister dans le même écosystème ?

Les auteurs proposent l’existence d’au moins deux stratégies écologiques différentes. Kayrasaurus et Beipiaosaurus avaient un corps robuste et une morsure puissante, tandis que Jianchangosaurus et Lingyuanosaurus avaient des proportions graciles avec une meilleure aptitude à la course.

Qu'est-ce qui rend l'étude du crâne de Kayrasaurus particulièrement précieuse ?

Le crâne a pu être étudié par tomodensitométrie pour en reconstruire les structures en trois dimensions, car les crânes des premiers thérizinosaures restent relativement rares dans le registre fossile.

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Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.