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Le Canada accélère sur ses propres fusées avec 182,6 millions de dollars pour réduire sa dépendance étrangère

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Le Canada veut disposer de ses propres moyens pour placer des satellites en orbite. Ottawa a engagé 182,6 millions de dollars canadiens sur trois ans dans une capacité souveraine de lancement spatial, dont un programme destiné à faire émerger des fusées conçues au Canada.

Cette politique est désormais concrète : trois entreprises canadiennes ont obtenu un premier financement public pour développer leurs lanceurs, tandis qu’un pas de tir doit être mis à disposition du gouvernement en Nouvelle-Écosse. En revanche, le Canada ne dispose pas encore d’une capacité opérationnelle autonome et le cadre législatif permanent prévu pour les lancements spatiaux reste en cours d’examen au Parlement.

En 30 secondes
  • Le Canada investit 182,6 millions de dollars pour développer ses propres fusées d'ici 2028.
  • Trois entreprises canadiennes financées : NordSpace, Reaction Dynamics et Canada Rocket Company.
  • Un pas de tir en Nouvelle-Écosse sera opérationnel fin 2026 pour les lancements souverains.

Trois entreprises financées pour développer des fusées canadiennes

Le ministère canadien de la Défense nationale a lancé le programme « Launch the North » afin de réduire la dépendance du pays envers des prestataires étrangers pour l’accès à l’espace. L’objectif officiel est d’obtenir une première capacité opérationnelle de lancement léger au plus tard en 2028.

Le gouvernement prévoit 105 millions de dollars canadiens sur trois exercices budgétaires pour ce programme. Lors de la première phase, NordSpace, Reaction Dynamics et Canada Rocket Company ont chacune obtenu un financement de 8,33 millions de dollars canadiens. Les projets et les objectifs du dispositif sont détaillés sur la page officielle Launch the North du gouvernement canadien.

Canada Rocket Company affiche désormais une ambition supérieure au lancement léger. L’entreprise travaille sur R-2, un lanceur de catégorie moyenne qui pourrait, selon ses propres objectifs, emporter jusqu’à 12,5 tonnes en orbite terrestre basse. Elle évoque un premier lancement en 2032. Ces caractéristiques et ce calendrier relèvent toutefois du projet industriel de l’entreprise : ils ne constituent ni une capacité déjà démontrée ni un calendrier garanti par le gouvernement canadien.

Un pas de tir à 200 millions de dollars canadiens

Bâtiment d'assemblage de véhicules spatiaux avec structure imposante en béton
Les infrastructures de lancement spatial représentent un investissement majeur pour les programmes de conquête spatiale nationaux. — Photo : Lando Dong / Pexels

Le dispositif ne concerne pas seulement les fusées. En mars 2026, le gouvernement canadien a annoncé un accord de location de dix ans d’une valeur de 200 millions de dollars canadiens portant sur un pas de tir dédié près de Canso, en Nouvelle-Écosse. L’installation, exploitée par Maritime Launch Services, doit servir les besoins de la Défense nationale et d’autres organismes fédéraux, tout en pouvant accueillir ponctuellement des partenaires et alliés.

Selon le communiqué officiel de la Défense nationale, une capacité opérationnelle initiale du pas de tir doit être disponible d’ici la fin de 2026. Ottawa précise également que 90 % des sommes versées à l’entreprise dans le cadre de cet accord doivent être dépensées au Canada.

Le Canada dépend encore de lancements réalisés à l’étranger

Cette accélération répond à une dépendance que le gouvernement canadien reconnaît explicitement. Transports Canada indiquait en avril 2026 que le pays était le seul membre du G7 dépourvu de capacité nationale de lancement spatial et qu’il dépendait de pays étrangers, principalement des États-Unis, pour atteindre l’orbite.

Le gouvernement a ainsi présenté le 21 avril 2026 un projet de « Loi sur les lancements spatiaux canadiens ». Le texte vise notamment à encadrer les lancements et les rentrées atmosphériques effectués depuis le territoire canadien. Le dossier officiel du projet de loi C-28 au Parlement canadien indique qu’il est encore au stade de la deuxième lecture à la Chambre des communes : il ne faut donc pas présenter ce nouveau cadre comme une loi définitivement adoptée.

En attendant, Transports Canada utilise un dispositif temporaire pour autoriser au cas par cas les activités commerciales. Les exigences applicables et l’état du dispositif sont publiés sur la page officielle consacrée aux lancements spatiaux commerciaux au Canada.

Une autonomie spatiale encore en construction

Fusées exposées lors d'un salon aéronautique international
Le Canada cherche à développer ses capacités de lancement spatial pour réduire sa dépendance aux technologies étrangères. — Photo : Léa Claisse / Pexels

Le changement est donc surtout industriel, budgétaire et stratégique à ce stade. Les financements publics et le futur pas de tir sont engagés, mais aucune fusée canadienne issue de ce programme n’assure encore un service orbital souverain. L’échéance officielle à surveiller est 2028 pour une première capacité opérationnelle de lancement léger. Les projets plus puissants, comme le R-2 de Canada Rocket Company envisagé pour 2032, restent pour l’instant des programmes industriels en développement.

Questions fréquentes

Pourquoi le Canada accélère-t-il sur les lanceurs spatiaux maintenant ?

Le pays reconnaît explicitement sa dépendance envers les États-Unis et autres pays étrangers pour accéder à l’orbite. Transports Canada a confirmé en avril 2026 que le Canada était le seul membre du G7 sans capacité de lancement nationale, motivant cette stratégie d’autonomie.

Quand le Canada pourra-t-il réellement lancer ses propres fusées ?

L’objectif officiel est une première capacité opérationnelle de lancement léger en 2028. Cependant, aucune fusée canadienne du programme n’assure encore un service orbital souverain. Des projets plus puissants comme le R-2 sont envisagés pour 2032, mais restent des programmes industriels en développement.

Le cadre législatif pour les lancements spatiaux au Canada est-il finalisé ?

Non, le projet de « Loi sur les lancements spatiaux canadiens » (C-28) présenté le 21 avril 2026 est toujours en deuxième lecture à la Chambre des communes. En attendant, Transports Canada utilise un dispositif temporaire pour autoriser les activités commerciales au cas par cas.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.