La 113e édition du Tour de France part le 4 juillet de Barcelone. Trois semaines de course, une arrivée à Paris le 26 juillet, et un favori qui file vers un record absolu.
Tadej Pogacar aborde ce Tour de France dans un état de forme qui n’a guère de précédent. Depuis sa victoire en course en ligne aux championnats du monde l’an passé, le Slovène a remporté dix épreuves, toutes catégories confondues, avec pour seul accroc une défaite à Paris-Roubaix. Strade Bianche, Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Romandie, puis le Tour de Suisse dominé avec une déconcertante facilité : la liste dit tout. Une cinquième victoire sur la Grande Boucle lui permettrait d’égaler Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Personne, dans le peloton, ne semble actuellement en mesure de lui barrer la route.
Son seul rival crédible sur un Grand Tour, Jonas Vingegaard, débarque lui aussi en grande forme. Le Danois a remporté le Giro pour sa première participation, à la manière de Pogacar en 2024, et s’enchaîne directement avec le Tour de France, sans le moindre jour de course entre les deux événements. Sa régularité parle d’elle-même : depuis cinq ans, chaque Grand Tour auquel il prend le départ lui rapporte soit une victoire, soit une deuxième place. Quatre podiums, quatre fois. Le podium parisien est sa ligne de base, la victoire son unique objectif.
Un parcours qui frappe tôt, et qui frappe fort à la fin
La 113e édition ne ménage pas le peloton dès ses premières heures. L’étape inaugurale à Barcelone propose un contre-la-montre par équipes, inédit pour une entrée en matière, qui creusera forcément les premiers écarts. La deuxième étape double l’ascension de la côte de Montjuïc dans son final : les attaques pourraient commencer dès là. La troisième étape bascule déjà en montagne avec près de 4 000 mètres de dénivelé positif, à l’arrivée à la station des Angles, en territoire français.
L’étape reine, elle, est réservée à l’avant-dernière journée. Au programme : le col de la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier, puis Sarenne. Trois ascensions hors catégorie et une de première catégorie, pour un total de 5 600 mètres de dénivelé positif. Le classement général pourra donc encore basculer à 24 heures du bouquet final à Montmartre, comme l’an passé, avant l’arrivée traditionnelle sur les Champs-Élysées.
| Étape | Lieu / Événement | Dénivelé |
|---|---|---|
| Étape 1 | Barcelone, contre-la-montre par équipes | N/A |
| Étape 2 | Double ascension de la côte de Montjuïc | N/A |
| Étape 3 | Arrivée à la station des Angles (France) | ~4 000 m D+ |
| Avant-dernière étape | Croix de Fer, Télégraphe, Galibier, Sarenne | 5 600 m D+ |
| Dernière étape | Arrivée à Paris (Champs-Élysées) | N/A |
Source : Franceinfo Sport
Seixas, 19 ans, sous les feux d’une nation qui attend depuis 41 ans

C’est la première fois depuis 41 ans que la France attend autant d’un coureur sur le Tour. Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM) dispute sa toute première Grande Boucle à 19 ans, ce qui en fait le plus jeune participant depuis les années 1930. Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, n’a pas caché son enthousiasme pour le prodige, évoquant sa maturité et sa capacité à ne pas décevoir.
Son palmarès monte vite. Champion du monde juniors du contre-la-montre en 2024, il fait ses débuts professionnels en 2025, signe une huitième place au Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Critérium du Dauphiné) cette année-là, puis remporte le Tour de l’Avenir. En 2026, ses performances face aux meilleurs grimpeurs, dont Pogacar lors de Liège-Bastogne-Liège où il termine deuxième, ont convaincu son équipe de lui offrir sa place sur la Grande Boucle[3]. Il a ensuite reconnu les cols pyrénéens, enchaînant plusieurs KOM Strava sur le Tourmalet lors d’une sortie de reconnaissance.
Sa chute sur le dernier week-end du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, qui l’a contraint à l’abandon, tempère légèrement les attentes immédiates. Mais son effort sur le Grand Colombier juste avant cette chute a laissé une impression durable dans le peloton[3]. La question n’est pas son talent. Elle porte sur son jeune âge et son manque d’expérience face à des coureurs d’une décennie plus âgés qui visent le même podium.
Pourquoi ce Tour 2026 est différent des autres
Le maillot à pois, un duel tricolore en vue
Côté maillot à pois, la France pourrait également se distinguer. Lenny Martinez (Decathlon-CMA CGM), coéquipier de Seixas, figure parmi les candidats sérieux au classement de la montagne[1]. Sa dernière étape du Tour de Suisse, réalisée en grande forme, plaide pour lui. Ses lacunes sur les étapes de transition, notamment en cas de bordure, restent un point de fragilité, mais en montagne pure, il a les armes pour aller chercher le maillot à pois.
Le reste du plateau au départ de Barcelone inclut Remco Evenepoel, qui n’a plus couru depuis Liège-Bastogne-Liège fin avril, un retrait calculé pour arriver au mieux le 4 juillet[2]. Dans le groupe des poursuivants, on retrouve aussi Richard Carapaz, Thomas Pidcock, Matteo Jorgenson, Juan Ayuso, Isaac del Toro ou encore Kevin Vauquelin, qui espèrent profiter du moindre faux pas des trois favoris désignés. Le parcours, exigeant dès les premiers kilomètres et impitoyable jusqu’à l’avant-veille de Paris, leur en donnera sans doute l’occasion.
Tour de France 2026 : les chiffres à retenir avant le départ
- Le Tour 2026 s'élance le 4 juillet de Barcelone et se termine le 26 juillet à Paris (Champs-Élysées).
- Tadej Pogacar n'a perdu qu'une seule course depuis le Mondial 2025 : Paris-Roubaix.
- Jonas Vingegaard a remporté le Giro 2026 pour sa première participation avant d'enchaîner avec le Tour.
- Paul Seixas, 19 ans, est le plus jeune coureur du Tour depuis les années 1930.
- L'avant-dernière étape cumule 5 600 m de dénivelé positif avec trois cols hors catégorie.
- Le contre-la-montre par équipes de l'étape 1 à Barcelone est une nouveauté pour une entrée en matière.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
