L’INSEE pointe une filière automobile ligérienne dense et industrielle : 23 240 salariés dédiés, 1,8 milliard d’euros de richesse créée, une région au septième rang national.
La transition vers le véhicule électrique secoue l’industrie automobile française, entre coûts de production en hausse et demande domestique atone. Dans ce contexte tendu, les Pays de la Loire tirent leur épingle du jeu avec un tissu productif plus étoffé que la moyenne nationale, selon une étude publiée par l’INSEE.
Les chiffres bruts disent l’essentiel : la filière régionale emploie 33 470 salariés dans ses établissements, mais 23 240 d’entre eux travaillent directement pour l’automobile. Les autres sont affectés à d’autres secteurs depuis les mêmes sites, notamment l’aéronautique ou la défense. Ce noyau dur représente 1,5 % de l’emploi salarié régional, contre 1,2 % au niveau national, plaçant les Pays de la Loire au septième rang des régions françaises.
Une empreinte industrielle bien au-dessus de la moyenne
Ce qui distingue la région, c’est d’abord la nature de ses emplois. Les activités industrielles concentrent 86 % des effectifs de la filière ligérienne[2], contre 76 % en France hors Mayotte. Les fonctions tertiaires, ingénierie et études techniques notamment, y sont structurellement moins représentées. La filière est donc ancrée dans la production, pas dans le bureau d’études.
Autre singularité : contrairement à la plupart des régions, où l’automobile se concentre dans quelques bassins, la filière ligérienne est présente dans tous les départements. Ce maillage territorial lui confère une résilience que les régions mono-bassin n’ont pas.
En termes de richesse créée, les activités automobiles génèrent 1,8 milliard d’euros de valeur ajoutée, soit 1,4 % de l’économie régionale. Là encore, la moyenne nationale (1,2 %) est dépassée.
| Indicateur | Pays de la Loire | France (hors Mayotte) |
|---|---|---|
| Emplois dédiés à l’automobile | 23 240 salariés | Référence nationale |
| Part de l’emploi salarié régional | 1,5 % | 1,2 % |
| Valeur ajoutée générée | 1,8 milliard d’euros | 1,2 % du PIB national |
| Part des activités industrielles | 86 % | 76 % |
| Rang régional national | 7e | – |
Source : INSEE Flash Pays de la Loire n°163
7 399 entreprises, une large majorité sans salarié

Au-delà de l’industrie stricto sensu, la filière au sens large des services de l’automobile et de la mobilité emploie 30 056 salariés dans la région[1], répartis au sein de 7 399 entreprises. La structure de ce tissu est très fragmentée : la réparation automobile regroupe 3 329 établissements, devant le commerce automobile (1 958), l’enseignement de la conduite (606) et le contrôle technique (329). Une majorité de ces structures ne compte aucun salarié, ou moins de dix.
Le parc automobile ligérien atteint 2 410 758 véhicules particuliers en 2025, auxquels s’ajoutent 451 327 véhicules utilitaires légers et 42 893 poids lourds. Ce parc a progressé de 5,2 % depuis 2019, une dynamique qui alimente la demande de maintenance et de réparation.
Les principaux métiers recensés : 8 731 mécaniciens et techniciens véhicules particuliers, 3 160 carrossiers-peintres, 2 737 vendeurs automobiles, 1 271 mécaniciens véhicules industriels, 1 122 enseignants de la conduite et 664 contrôleurs techniques.
Pourquoi la filière ligérienne résiste mieux qu'ailleurs
La formation sous tension : moins d’alternants à la rentrée 2025
La filière forme 4 895 jeunes en Pays de la Loire, dont 62 % en alternance, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale (11 % contre 10 % pour la part régionale dans l’alternance nationale). La maintenance véhicules particuliers capte 64 % des alternants, loin devant la carrosserie-peinture (20 %) et la maintenance véhicules industriels (8 %).
Mais la rentrée 2025 a marqué un coup d’arrêt : le nombre d’alternants a reculé de 145, soit une baisse de 4,5 %. Les contrats en statut scolaire ont, eux, progressé de 39. Un recul de l’apprentissage qui n’est pas anodin dans un secteur où 77 % des apprentis trouvent un emploi à l’issue de leur formation.
Ce reflux s’inscrit dans un contexte plus large : selon l’INSEE, les coûts de production élevés, la faible demande en France et les difficultés de recrutement pèsent sur l’activité. Les entreprises répondent en cherchant à diversifier leurs débouchés, une stratégie encouragée par les pouvoirs publics alors que la transition électrique redistribue les cartes de la production automobile française.
Équipements automobiles : le vrai coeur du réacteur ligérien

La forte spécialisation de la région dans la fabrication d’équipements automobiles est le marqueur le plus distinctif de sa filière. Là où d’autres régions sont structurées autour d’un ou deux grands constructeurs, les Pays de la Loire s’appuient sur un réseau dense d’équipementiers répartis sur l’ensemble du territoire. Cette configuration les rend moins dépendants des aléas d’un site unique, mais aussi directement exposés aux arbitrages de la chaîne d’approvisionnement mondiale, à mesure que les plateformes électriques remplacent les motorisations thermiques et redistribuent la valeur entre les rangs de sous-traitance.
Automobile en Pays de la Loire : les chiffres clés 2026
- 23 240 salariés travaillent directement pour la filière automobile en Pays de la Loire, sur 33 470 employés dans ses établissements.
- 86 % des emplois sont dans des activités industrielles, contre 76 % en France hors Mayotte.
- La région se classe au 7e rang national pour le poids de l'automobile dans l'emploi salarié (1,5 %).
- Le parc automobile régional dépasse 2,4 millions de véhicules particuliers en 2025, en hausse de 5,2 % depuis 2019.
- À la rentrée 2025, le nombre d'alternants dans la filière a reculé de 145, soit -4,5 %.
- 7 399 entreprises composent la filière des services automobile et mobilité en région, dont une majorité de très petites structures.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés

