18,9 milliards d’euros de commandes en 2025, un carnet à 32 milliards, et un quatrième sous-marin nucléaire d’attaque livré en juin 2026 : Naval Group aborde la deuxième moitié de l’année en position de force.
La comparaison avec 2024 est saisissante. L’an passé, Naval Group avait déjà réalisé une bonne année avec 8,1 milliards d’euros de prises de commandes, dont le contrat pour les sous-marins néerlandais. Le millésime 2025 l’a littéralement écrasée : le ratio commandes sur chiffre d’affaires, ou book-to-bill, a atteint 4. Dans l’industrie navale de défense, ce niveau relève de l’exceptionnel.
Le groupe emploie 17 170 salariés au 31 décembre 2025 et se présente, à l’été 2026, avec une visibilité industrielle rarissime dans un secteur qui travaille sur le temps long. Plus de la moitié du carnet s’écoule au-delà de 2030.
Un carnet de commandes à 32 milliards, à l’horizon bien au-delà de 2030
Le carnet de commandes est passé de 18,1 milliards d’euros à 32 milliards d’euros, soit une hausse de près de 77 %. Son profil d’écoulement prévisionnel traduit la nature même du secteur naval de défense : 13 % en 2026, 12 % en 2027, 12 % en 2028, 10 % en 2029, et 53 % au-delà.[1] Naval Group dispose ainsi d’une charge industrielle sécurisée pour plus d’une décennie, ce qui conditionne directement ses capacités de recrutement, d’investissement et de montée en compétences.
| Période | Part du carnet |
|---|---|
| 2026 | 13 % |
| 2027 | 12 % |
| 2028 | 12 % |
| 2029 | 10 % |
| Au-delà de 2030 | 53 % |
Source : La Tribune
Cette visibilité est un actif concurrentiel direct. Face à des chantiers navals comme Fincantieri ou ThyssenKrupp Marine Systems, qui disputent à Naval Group les appels d’offres export en Europe et en Asie-Pacifique, l’argument de la charge de travail sécurisée rassure aussi bien les États clients que les sous-traitants français.
Scorpène pour l’Indonésie, FDI pour la Grèce, Alvaro Alberto au Brésil

Trois contrats structurent la dynamique internationale de 2025.
En juillet 2025, la mise en vigueur du contrat indonésien a confirmé la vente de deux sous-marins Scorpène Evolved pour près de deux milliards d’euros. L’Indonésie rejoint ainsi le club des opérateurs du Scorpène, un appareil que Naval Group a déjà exporté au Brésil, au Chili, en Inde et en Malaisie. Ce succès intervient dans un contexte de forte compétition sous-marine en Asie du Sud-Est, où la Corée du Sud et l’Allemagne sont des adversaires directs.
En décembre 2025, la Grèce a confirmé l’acquisition d’une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI) pour 810 millions d’euros. La livraison est fixée début 2029.[1] La commande grecque illustre l’effet de série : chaque FDI supplémentaire se négocie dans un cadre contractuel déjà établi, ce qui réduit les risques industriels pour le groupe comme pour le client.
Au Brésil, deux contrats signés pour plus de 500 millions d’euros couvrent des équipements, hors chaufferie nucléaire, destinés au sous-marin à propulsion nucléaire Alvaro Alberto. Ce programme, conduit en coopération étroite avec la Marine brésilienne, ancre Naval Group dans un partenariat stratégique de long terme avec Brasília.
Pourquoi le carnet de Naval Group change d'échelle
En France, l’accélération de 2026 et le Barracuda De Grasse
Le rythme domestique s’est accéléré dès le début de 2026, selon Naval Group, en ligne avec la loi de programmation militaire. Les prises de commandes des derniers mois se sont immédiatement traduites en activité pour les entreprises de la filière navale à travers tout le territoire français et ses territoires.
Le 26 juin 2026, Naval Group a livré le quatrième sous-marin nucléaire d’attaque de la classe Barracuda, baptisé De Grasse. Un jalon industriel concret, qui suit la première sortie en mer du De Grasse survenue en mars 2026. La série Barracuda, destinée à la Marine nationale, constitue l’épine dorsale de la charge industrielle française du groupe.
Sur le plan de l’innovation, Naval Group renforce ses efforts dans le domaine des drones navals et des systèmes autonomes, qu’il identifie comme un secteur stratégique pour les années à venir. Le drone Seaquest 12 figure parmi les développements mis en avant, dans une dynamique de « dronisation » des flottes que le groupe entend accompagner.[4]
Euronaval, prévu à Paris Nord Villepinte du 3 au 6 novembre 2026, constituera la prochaine grande vitrine commerciale du groupe, dans un contexte où la demande mondiale de capacités navales militaires ne montre aucun signe de ralentissement.
Naval Group 2025-2026 : les chiffres clés à retenir
- 18,9 milliards d'euros de commandes en 2025, book-to-bill de 4
- Carnet de commandes à 32 milliards d'euros, dont 53 % à livrer après 2030
- Contrat Scorpène Evolved Indonésie : près de 2 milliards d'euros, mis en vigueur juillet 2025
- 4e FDI confirmée par la Grèce en décembre 2025 pour 810 millions d'euros, livraison début 2029
- Barracuda De Grasse livré à la Marine nationale le 26 juin 2026
- Deux contrats Brésil pour plus de 500 millions d'euros pour le sous-marin nucléaire Alvaro Alberto
Sources
2 sources · 3 faits sourcés
