La Guadeloupe a accueilli près de 400 000 passagers de croisière lors de la saison écoulée, avec 284 escales et plusieurs inaugurations. La saison suivante vise une expansion des mouillages secondaires.
Le chiffre parle de lui-même : environ 400 000 passagers ont transité par la Guadeloupe lors de la dernière saison de croisière, selon le bilan présenté par le Comité du Tourisme des ÃŽles de la Guadeloupe (CTIG). C’est une performance qui tranche avec les années de creux post-pandémie et qui installe l’archipel comme une escale consolidée dans les circuits caribéens.
Derrière ce chiffre global, la géographie des escales mérite attention. Sur les 284 escales recensées, 149 ont eu lieu dans des mouillages, c’est-à -dire hors du port de Pointe-à -Pitre. C’est précisément sur ce segment que la prochaine saison entend accélérer.
284 escales, dont la moitié en mouillage
La répartition entre port et mouillages n’est pas anodine. Les mouillages accueillent des navires de plus petite capacité, transportant des passagers au profil différent, avec un pouvoir d’achat généralement plus élevé. L’objectif affiché par le CTIG est explicite : “répandre les retombées économiques sur l’ensemble du territoire, que tout le territoire puisse en” bénéficier.[1]
Ce rééquilibrage géographique traduit une stratégie de diffusion économique. Concentrer les escales sur Pointe-à -Pitre produit des flux commerciaux localisés. Développer les mouillages dans des communes périphériques, c’est irriguer des zones qui ne bénéficient habituellement que peu du tourisme maritime.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Total escales | 284 |
| Dont mouillages | 149 |
| Passagers accueillis | ~400 000 |
| Dont arrivées par charter aérien (Costa) | 23 000 |
Source : CTIG, Cap sur la saison 2025/2026
23 000 passagers venus par avion : le modèle charter de Costa

Parmi les 400 000 passagers, 23 000 sont arrivés directement par voie aérienne, via des charters affrétés principalement par Costa Cruises. Ce segment aéro-maritime est encore minoritaire, mais il représente un levier de croissance distinct du trafic maritime classique. Il permet de capter une clientèle qui n’embarque pas depuis un port européen mais rejoint directement la Caraïbe pour débuter sa croisière.
Costa Fascinosa, opérant depuis Saint-Domingue en République dominicaine comme homeport pour la saison hivernale 2025-2026, figure parmi les navires ayant inclus Pointe-à -Pitre dans ses rotations caribéennes.[5] Ce type de déploiement illustre comment les compagnies réorganisent leur base opérationnelle en Caraïbe, en s’affranchissant du modèle de transit transatlantique systématique.
Pourquoi la Guadeloupe mise sur les mouillages secondaires
Escales inaugurales et nouveaux navires : le signal envoyé aux armateurs
La saison écoulée a également compté plusieurs escales inaugurales, signe que des compagnies déploient pour la première fois un navire sur la destination, ou qu’elles y font leurs débuts. Le CTIG ne précise pas le nombre exact public, mais y voit un indicateur de l’attractivité renouvelée de l’archipel auprès des armateurs.
Pour la prochaine saison, la hausse annoncée du nombre d’escales globales s’accompagne d’une progression “significative” sur les mouillages. Cette formulation indique que la croissance ne sera pas uniforme : Pointe-à -Pitre restera le point d’ancrage principal, mais les sites secondaires vont prendre une place accrue dans les programmes des compagnies.
Du côté britannique, Ambassador Cruise Line intègre la Guadeloupe à ses itinéraires caribéens en fly-cruise au départ de Londres Heathrow ou Manchester, à bord du navire Renaissance.[3] Ce positionnement sur le segment britannique illustre la diversification des marchés émetteurs visés par la destination, au-delà du traditionnel vivier français et nord-américain.
Les agents d’information touristique, maillon opérationnel de la saison

Pour accueillir les flux de passagers, le CTIG mobilise des “agents mobiles d’information” (AMI) dès l’arrivée du premier navire. Dix agents seront déployés sur le territoire au cours de la saison, chargés d’orienter les passagers et de conduire des enquêtes de satisfaction dont les résultats sont partagés avec le CTIG.
Ce dispositif de terrain, financé en partenariat avec la ville de Pointe-à -Pitre, la Région Guadeloupe, le Département, le port et l’aéroport, sert aussi à valoriser le patrimoine naturel, culturel et gastronomique de l’archipel. L’enjeu : transformer une escale de quelques heures en une expérience mémorable qui génère du bouche-à -oreille et fidélise les compagnies.
La formation de ces agents s’inscrit dans un dispositif de sécurité plus large, organisé tout au long de la période de croisière, en amont duquel les différents partenaires institutionnels coordonnent leurs interventions.
Pointe-Ã -Pitre dans les calendriers internationaux jusqu’en octobre 2026
Le port de Pointe-à -Pitre figure déjà dans les plannings de plusieurs compagnies pour les prochains mois. World Navigator, de la compagnie Atlas Ocean Voyages, est ainsi programmé à Pointe-à -Pitre le 17 octobre 2026.[5] Ce type d’inscription dans les calendriers internationaux, visible sur les plateformes de suivi de trafic maritime, confirme que la dynamique ne s’arrête pas à la fin de la haute saison hivernale classique.
La Guadeloupe maintient une programmation sur une fenêtre plus longue que certaines destinations caribéennes, ce qui réduit la saisonnalité des retombées économiques. C’est l’un des arguments mis en avant par le CTIG pour convaincre les armateurs de densifier leurs rotations dans l’archipel, en s’appuyant sur une infrastructure aéroportuaire présentée comme un atout supplémentaire de connexion multimodale.
Croisière en Guadeloupe : les chiffres de la saison à retenir
- La Guadeloupe a enregistré environ 400 000 passagers de croisière lors de la saison écoulée, selon le CTIG.
- Sur 284 escales totales, 149 ont été réalisées en mouillages, hors port de Pointe-à -Pitre.
- 23 000 passagers sont arrivés directement par charter aérien, principalement via Costa Cruises.
- La prochaine saison prévoit une hausse significative des escales en mouillages pour diffuser les retombées économiques.
- Dix agents mobiles d'information seront déployés sur le territoire dès l'arrivée du premier navire.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
