Les 11 et 12 mai 2026, une opération de contrôle coordonnée par l’ARS et cinq services de l’État a visé quatre stations-service de La Réunion. 300 produits CBD ont été saisis, 60 échantillons prélevés.
Saint-Denis, l’ouest de l’île. Quatre stations-service, pas des boutiques spécialisées. C’est là que l’Agence régionale de santé, la direction de l’agriculture, les douanes, la police nationale et la gendarmerie ont découvert, mi-mai, des bonbons, des huiles, des infusions au CBD, des sachets et cigarettes destinés à être fumés. Tous interdits à la vente, ou suspectés de contenir des cannabinoïdes de synthèse. Les autorités ont retiré les produits non conformes, prélevé une soixantaine d’échantillons et consigné 300 sachets et cigarettes de CBD pour des analyses complémentaires. L’opération, rendue publique le 18 juin par la préfecture, s’inscrit dans une série de contrôles intensifiés sur l’ensemble de l’île.
Produits alimentaires au CBD, cigarettes fumables : ce que la réglementation interdit
La première catégorie de non-conformités concerne les produits alimentaires contenant du CBD. Bonbons, huiles, infusions : ces articles sont interdits par la réglementation française. Le second type de produits visés : les sachets et cigarettes de CBD destinés à être fumés. L’État soupçonne certains de contenir des cannabinoïdes de synthèse, des molécules psychoactives qui imitent les effets du THC naturel.
La préfecture liste les risques : taux de THC non conforme, présence de substances interdites, défauts d’étiquetage ou de fabrication. Ces produits peuvent présenter un danger pour la santé des consommateurs et créent une concurrence déloyale envers les professionnels qui respectent la législation. Selon les services de l’État, les analyses complémentaires sur les 300 produits consignés doivent déterminer la composition exacte de ces articles vendus en stations-service.
Puffs et sachets de nicotine interdits depuis avril, les jeunes dans le viseur
Le contexte réglementaire s’est durci cette année. Depuis le 1er avril 2026, les cigarettes électroniques jetables, les puffs, ainsi que les sachets, billes, gommes, pastilles et liquides contenant de la nicotine sont interdits à la vente, à la détention, à la distribution et à l’offre gratuite[4]. La mesure vise particulièrement les jeunes, gros consommateurs de ces dispositifs qui contiennent des taux importants de nicotine avec des effets addictifs marqués.
Les forces de sécurité ont reçu pour consigne d’exercer une vigilance accrue lors des contrôles aux abords des établissements scolaires. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 100 000 euros. Dès 2025, la préfecture avait informé les professionnels de l’interdiction à venir et appelé à leur responsabilité face à l’interdiction de vente aux mineurs.
Pourquoi l'État durcit le contrôle du CBD et de la vape
Vers une interdiction de la vente en ligne de cigarettes électroniques
Le marché de la vape pourrait connaître un nouveau bouleversement. Le gouvernement envisage d’interdire la vente en ligne de cigarettes électroniques rechargeables dès cette année. Le projet, révélé dans le cadre des discussions sur le projet de loi de finances 2026, vise officiellement à lutter contre le tabagisme chez les plus jeunes[2]. Le gouvernement souhaiterait renoncer à l’article 23 du PLF 2026 qui portait sur la vape, un soulagement pour la filière selon les professionnels du secteur. Mais l’idée d’interdire la vente en ligne reste sur la table.
Les boutiques spécialisées voient dans cette interdiction potentielle un moyen de réserver le marché aux points de vente physiques. Les opposants dénoncent une mesure qui favoriserait les lobbies du tabac en limitant l’accès à un outil de sevrage reconnu par plusieurs études scientifiques. La communauté des vapoteurs y voit une aberration qui pénaliserait les utilisateurs en zone rurale ou en outre-mer, là où l’offre physique reste limitée.
À La Réunion, les contrôles se poursuivent sur l’ensemble du territoire et sur tout type de structure susceptible de vendre des produits non conformes. L’État mobilise cinq services en opérations coordonnées, une configuration qui permet de couvrir à la fois les enjeux sanitaires, douaniers et de sécurité publique. Les prochaines vagues de contrôles cibleront d’autres types de commerces, au-delà des stations-service. Les analyses en cours sur les 300 produits saisis détermineront si des poursuites sont engagées.
| Élément | Données |
|---|---|
| Lieux contrôlés | 4 stations-service (Saint-Denis et Ouest) |
| Échantillons prélevés | 60 |
| Produits consignés pour analyse | 300 (sachets et cigarettes de CBD) |
| Services mobilisés | ARS, DAAF, Douanes, Police nationale, Gendarmerie nationale |
| Non-conformités | Produits alimentaires CBD interdits, sachets et cigarettes fumables CBD, suspicion cannabinoïdes de synthèse |
Source : Préfecture de La Réunion
Contrôles CBD La Réunion : les faits
- Les 11 et 12 mai 2026, quatre stations-service contrôlées à La Réunion par cinq services de l'État
- 300 produits CBD consignés, 60 échantillons prélevés, produits alimentaires et cigarettes au CBD saisis
- Puffs et sachets de nicotine interdits à la vente depuis le 1er avril 2026, amende jusqu'à 100 000 euros
- Le gouvernement envisage d'interdire la vente en ligne de cigarettes électroniques en 2026
- Les contrôles se poursuivent sur l'ensemble du territoire réunionnais, toutes structures confondues
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
