Le Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican a reçu, le 30 juin 2026, une flotte de 30 véhicules électriques Fiat, Topolino et triporteurs TRIS, destinés à décarboner ses déplacements internes.
Le plus petit État du monde mise sur le plus petit des Fiat. La Topolino, microvoiture électrique de 8 chevaux, entre au service du Vatican pour circuler dans ses ruelles étroites et assurer les livraisons du dernier kilomètre. Une flotte livrée en juin, sans clameur médiatique, mais qui traduit une bascule assumée vers l’électrique.
La remise officielle s’est tenue dans la matinée du 30 juin. Trente engins zéro émission au total, répartis entre la Topolino, quadricycle citadin dérivé de la plateforme partagée avec la Citroën AMI sous le parapluie Stellantis, et le TRIS, un triporteur de livraison qui rejoue le rôle de l’antique Piaggio Ape.
Conversion écologique 2030 : la feuille de route verte du Vatican
La flotte s’inscrit dans le programme baptisé Conversion écologique 2030, dévoilé pour réduire l’empreinte carbone du parc automobile de l’État pontifical et traiter les livraisons du dernier kilomètre autrement qu’au thermique[2]. L’objectif tient en une ligne : abaisser les émissions de CO2 d’une cité qui compte moins de 1 000 habitants et se love entièrement dans Rome.
Le pari est plus facile à tenir ici qu’ailleurs. Le Vatican est le plus petit pays du monde, enclavé, sans littoral, où presque tout se trouve à moins d’un kilomètre. Autant dire un terrain taillé pour un véhicule dont l’autonomie plafonne à 46 miles, soit environ 74 kilomètres, selon les données constructeur[3]. La Topolino n’a pas besoin de faire plus : elle ne traversera jamais un État aussi minuscule sur une seule charge sans problème.
Ce choix prolonge une orientation récente. Fin mai 2026, le pape Léon XIV s’était installé au volant de la Ferrari Luce, première électrique de Maranello, lors d’une apparition à Castelgandolfo[1]. Le message est cohérent : la papauté affiche une préférence pour la propulsion électrique, du modeste quadricycle jusqu’à la sportive.
Topolino : 8 chevaux, 74 km, un statut de quadricycle
Sous le capot, si l’on peut parler de capot, la Topolino aligne un moteur électrique unique de 8 chevaux entraînant les roues avant. La vitesse de pointe est bridée à 19 mph, soit une trentaine de kilomètres/heure, portée à 25 mph avec le kit d’homologation routière optionnel[4]. La batterie affiche 5 kWh, pour une autonomie annoncée de 46 miles[5].
Ces chiffres racontent l’essentiel : la Topolino n’est pas une voiture au sens réglementaire. En Europe, elle relève de la catégorie des quadricycles, pas de l’automobile classique. Un engin de proximité, accessible dès 14 ans dans certains pays de l’Union pour la version bridée, pensé pour des trajets courts et lents.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance moteur | 8 chevaux |
| Batterie | 5 kWh |
| Autonomie annoncée | 46 miles (environ 74 km) |
| Vitesse de pointe (version de base) | 19 mph (environ 30 km/h) |
| Vitesse avec kit routier | 25 mph (environ 40 km/h) |
| Statut réglementaire (Europe) | Quadricycle |
Source : Car and Driver
Pourquoi le Vatican passe au quadricycle électrique
Ce que la commande dit de Stellantis et du dernier kilomètre
Pour Fiat, filiale de Stellantis, la vitrine est symbolique plus que commerciale. Trente unités ne pèsent rien dans les volumes d’un groupe mondial. Mais l’image parle : la marque italienne place son quadricycle et son triporteur électrique au cœur d’un État qui incarne une exigence écologique affichée. Le TRIS, en particulier, cible le segment du dernier kilomètre, celui des livraisons courtes en zone dense, terrain où les micro-véhicules électriques grignotent du terrain aux utilitaires thermiques.
La Topolino, elle, reste une curiosité économique. Aux États-Unis, où Fiat la commercialise, elle est présentée comme la voiture neuve la moins chère du marché, autour de 14 985 dollars[5]. Un positionnement qui la range plus près de la voiturette de golf haut de gamme que de la citadine polyvalente, l’homologation autoroutière lui étant fermée.
Une absence qui interroge le marché français
La question du débouché hexagonal reste posée. Aucune commercialisation de la Topolino n’est confirmée en France à ce jour, alors que le segment des micro-véhicules électriques y a été défriché par la Citroën AMI et, avant elle, la Renault Twizy. Le quadricycle électrique répond pourtant à une demande urbaine réelle : gabarit minimal, stationnement facile, accès sans permis B pour les versions bridées.
Le design joue sa partition. Lignes rétro, clin d’œil au patrimoine Fiat, glace panoramique et portes asymétriques : la Topolino cultive un charme qui la distingue de ses concurrentes plus fonctionnelles. Pour le Vatican, ce mariage entre sobriété carbone et esthétique patrimoniale n’est pas neutre. Il colle à l’idée d’un État qui veut préserver son cadre tout en réduisant ses émissions.
Reste un fait brut : le premier acheteur institutionnel remarqué de la Topolino en flotte n’est ni une grande métropole ni un loueur, mais la Cité du Vatican. Trente véhicules pour moins de mille habitants. Le ratio, à lui seul, dit l’ambition affichée du programme Conversion écologique 2030.
Fiat Topolino au Vatican : les chiffres à retenir
- 30 véhicules électriques Fiat remis au Vatican le 30 juin 2026
- Flotte composée de Topolino et de triporteurs TRIS
- Programme Conversion écologique 2030 visant à réduire le CO2 du parc
- Topolino : 8 chevaux, 46 miles d'autonomie, vitesse limitée à 19 mph
- En Europe, la Topolino est classée quadricycle, pas automobile
- Aucune commercialisation confirmée en France à ce jour
Sources
5 sources · 6 faits vérifiés

