Washington annonce avoir frappé « des dizaines de cibles » iraniennes dans la nuit du 12 au 13 juillet, après une première vague de bombardements 24 heures plus tôt. Téhéran riposte en visant des bases américaines en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
L’armée américaine a mené une deuxième série de frappes consécutives contre l’Iran dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 juillet 2026. Washington affirme avoir visé « des dizaines de cibles » pour dégrader la capacité de Téhéran à contrôler le détroit d’Ormuz. Ces bombardements font suite à une première vague menée dans la nuit du 8 au 9 juillet, qui avait touché une nonantaine d’installations militaires iraniennes.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) justifie cette escalade par les attaques attribuées à l’Iran contre trois navires de commerce qui transitaient par le détroit d’Ormuz. Le Centcom parle « d’agression iranienne injustifiée » et de « violation flagrante du cessez-le-feu », évoquant des « équipages civils innocents » empruntant « cette voie navigable internationale » à des fins commerciales.
Téhéran vise quatre bases américaines du Golfe
Les Gardiens de la Révolution, bras armé idéologique du régime iranien, ont annoncé avoir riposté en frappant plusieurs installations militaires américaines dans la région du Golfe[1]. Leurs cibles : la base aérienne Prince Hassan en Jordanie, le centre de commandement de drones américain à Bahreïn, ainsi que les bases d’Ali al-Salem et d’Ahmad al-Jaber au Koweït. Ces frappes interviennent après que Téhéran a menacé d’étendre sa riposte à d’autres bases si Washington poursuivait ses bombardements.
Les médias d’État iraniens ont fait état d’explosions entendues dans plusieurs villes portuaires du sud du pays. La chaîne Irib mentionne six explosions sur l’île de Qeshm, sept dans la ville de Sirik, et d’autres encore à Bandar Abbas, grande ville portuaire stratégique donnant sur le détroit d’Ormuz.
Une intensification depuis début juillet
Cette deuxième nuit de frappes consécutives s’inscrit dans une séquence d’affrontements déclenchée le 7 juillet. Ce jour-là, Washington avait annoncé le rétablissement de ses sanctions sur le pétrole iranien et lancé une première série de « frappes puissantes » contre le territoire iranien. Le Centcom avait alors déclaré agir « en riposte aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux » dans le détroit.
Le 8 juillet au soir, une nouvelle vague de bombardements américains avait visé quelque 90 cibles militaires iraniennes, selon le Centcom. En représailles, les Gardiens de la Révolution avaient alors frappé des bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que de Juffair et Sheikh Isa à Bahreïn[2].
| Date | Attaquant | Cibles/Nombre |
|---|---|---|
| 7 juillet | États-Unis | Première série de frappes en Iran |
| 8-9 juillet | États-Unis | 90 cibles militaires iraniennes |
| 9 juillet | Iran | Bases américaines au Koweït et à Bahreïn |
| 12-13 juillet | États-Unis | « Des dizaines de cibles » en Iran |
| 13 juillet | Iran | 4 bases américaines (Jordanie, Bahreïn, Koweït) |
Source : Franceinfo, La Libre
Détroit d'Ormuz : ce qui se joue
Le détroit d’Ormuz, point de bascule stratégique
Washington justifie systématiquement ses frappes par la nécessité de sécuriser le détroit d’Ormuz, passage maritime étroit par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Le Centcom affirme vouloir « dégrader davantage la capacité de l’Iran à s’en prendre au transport maritime commercial et à d’innocents marins civils » dans cette zone.
Le contrôle iranien sur le détroit constitue depuis des années un levier de pression majeur. Téhéran peut, par des attaques ciblées contre des navires ou par la menace de fermer le passage, perturber l’approvisionnement énergétique mondial. Les trois attaques récentes contre des pétroliers, attribuées à l’Iran par Washington, ont servi de déclencheur à cette nouvelle escalade militaire.
Un conflit qui s’étend dans la région
Les frappes iraniennes contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie élargissent la zone de conflit au-delà du face-à-face direct entre Washington et Téhéran. Les Gardiens de la Révolution visent des installations qui servent de points d’appui logistiques et opérationnels aux forces américaines déployées dans le Golfe. Le centre de commandement de drones à Bahreïn, par exemple, joue un rôle central dans la surveillance et les opérations aériennes de la région.
Cette extension géographique des hostilités met sous pression les monarchies du Golfe, qui hébergent des bases américaines tout en cherchant à maintenir une forme de neutralité vis-à-vis de l’Iran. La Jordanie, traditionnellement alliée de Washington, se retrouve elle aussi directement exposée.
Une intensification qui ne faiblit pas
Le rythme soutenu des frappes américaines depuis le 7 juillet marque une rupture avec les séquences précédentes du conflit. Le chiffre de 90 cibles atteintes en une seule nuit, annoncé le 9 juillet, témoigne d’une volonté de frapper en profondeur l’appareil militaire iranien. Washington ne détaille pas le type d’installations visées, mais le Centcom évoque systématiquement des « cibles militaires » liées à la capacité de projection iranienne dans le détroit.
De son côté, Téhéran maintient une posture de riposte immédiate. Les Gardiens de la Révolution ont prévenu, via la télévision officielle Irib, qu’ils étendraient leurs frappes à d’autres bases de la région si les États-Unis poursuivaient leurs bombardements. Cette logique de représailles croisées alimente une spirale dont aucun des deux camps ne semble vouloir sortir pour l’instant.
Détroit d’Ormuz : ce qui se joue
Escalade sans frein
Deux nuits de frappes consécutives, une riposte iranienne systématique, aucun signe de désescalade diplomatique : le cycle de représailles s’accélère depuis le 7 juillet.
Pétrole mondial sous tension
Le détroit d’Ormuz achemine un cinquième du pétrole planétaire. Chaque attaque contre un navire commercial relance la menace d’une fermeture du passage.
Extension géographique
Les frappes iraniennes touchent désormais la Jordanie, le Koweït et Bahreïn. Les monarchies du Golfe, qui hébergent des bases américaines, sont directement exposées.
Objectif américain : dégrader
Washington vise explicitement à réduire la capacité iranienne de contrôler le détroit. Le Centcom parle de frappes destinées à « dégrader davantage » cette menace.
Frappes du 12-13 juillet : les faits
- Les États-Unis ont frappé « des dizaines de cibles » iraniennes dans la nuit du 12 au 13 juillet, pour la deuxième nuit consécutive
- L’Iran a riposté en visant quatre bases américaines : Prince Hassan (Jordanie), le centre de drones à Bahreïn, Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber (Koweït)
- Washington justifie ses frappes par les attaques iraniennes contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz
- Le 8-9 juillet, une première vague américaine avait touché 90 cibles militaires en Iran
- Les Gardiens de la Révolution menacent d’étendre leurs frappes à d’autres bases si les bombardements américains se poursuivent
Frappes du 12-13 juillet : les faits
- Les États-Unis ont frappé « des dizaines de cibles » iraniennes dans la nuit du 12 au 13 juillet, pour la deuxième nuit consécutive
- L'Iran a riposté en visant quatre bases américaines : Prince Hassan (Jordanie), le centre de drones à Bahreïn, Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber (Koweït)
- Washington justifie ses frappes par les attaques iraniennes contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz
- Le 8-9 juillet, une première vague américaine avait touché 90 cibles militaires en Iran
- Les Gardiens de la Révolution menacent d'étendre leurs frappes à d'autres bases si les bombardements américains se poursuivent
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés
