L’armée américaine a frappé 90 sites militaires iraniens en deux vagues successives les 7 et 8 juillet, visant des systèmes antiaériens et des positions de contrôle du détroit d’Ormuz.
Dans la nuit du 12 au 13 juillet, le Centcom, commandement américain pour le Moyen-Orient, annonce une nouvelle série de bombardements sur le territoire iranien. Washington dit vouloir dégrader la capacité de Téhéran à menacer le transport maritime dans le détroit d’Ormuz. L’Iran, de son côté, affirme avoir touché des bases militaires utilisées par les forces américaines en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
Les frappes américaines s’inscrivent dans une escalade déclenchée début juillet après le torpillage de trois pétroliers commerciaux dans le détroit. Washington accuse l’Iran d’être à l’origine de ces attaques et réactive l’ensemble de ses sanctions économiques sur le pétrole iranien, suspendant le protocole d’accord temporaire qui autorisait Téhéran à vendre son brut.
90 sites frappés en deux jours, selon le Centcom
Le 7 juillet, l’armée américaine lance une première salve contre « des dizaines de cibles » en Iran[1]. Le lendemain, le Centcom précise avoir atteint « quelque 90 cibles militaires », parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne[4]. L’objectif déclaré : affaiblir le contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour un cinquième du pétrole mondial.
Les médias d’État iraniens rapportent six explosions sur l’île de Qeshm, sept à Sirik et plusieurs dans le port de Bandar Abbas, ville du sud. Les cibles visées comprennent des infrastructures militaires côtières et des postes de commandement régionaux.
Washington invoque une riposte proportionnée après les attaques de navires commerciaux. Le Centcom qualifie ces dernières d’« injustifiées, dangereuses et contraires au cessez-le-feu » en vigueur dans la région, faisant allusion au gel partiel des hostilités négocié en avril dernier.
Téhéran annonce des frappes contre des bases du Golfe
L’Iran ne tarde pas à répliquer. Téhéran affirme avoir frappé des bases militaires utilisées par l’armée américaine en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït[2]. Aucun bilan ni détail technique n’est communiqué par les autorités iraniennes, qui promettent une « action décisive » pour répondre aux bombardements américains.
Le régime dénonce une violation du protocole d’accord sur le pétrole et accuse Washington de mettre en péril la sécurité régionale. La rhétorique officielle reste martiale : la télévision d’État diffuse des images de mobilisation et multiplie les déclarations de hauts gradés des Gardiens de la Révolution.
La Jordanie active ses sirènes d’alerte sur X et invite la population à gagner les abris les plus proches. Le ministère de la Défense jordanien ne confirme ni n’infirme les frappes iraniennes sur son sol, se limitant à un appel au calme.
Pourquoi l'escalade reprend dans le détroit d'Ormuz
Un conflit ouvert depuis février, 6 000 cibles frappées par la coalition
Ces nouvelles frappes s’inscrivent dans une guerre entamée le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël lancent une vague de bombardements massifs sur Téhéran et plusieurs villes iraniennes[5]. L’ayatollah Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables du régime sont tués lors de cette opération initiale. L’Iran riposte en envoyant des missiles balistiques vers Israël et des bases américaines de la région.
Un cessez-le-feu est annoncé par Donald Trump le 7 avril. Il ne tient que partiellement : les tensions persistent autour du détroit d’Ormuz et les incidents maritimes se multiplient. Selon les sources militaires, la coalition israélo-américaine a frappé environ 6 000 cibles en Iran depuis le début du conflit[3], ciblant des installations de l’Agence spatiale iranienne, des usines de défense antiaérienne et des postes de contrôle tenus par la milice paramilitaire des Basij.
| Date | Type de frappe | Cibles annoncées |
|---|---|---|
| 7 juillet | Première vague | Plus de 80 sites militaires |
| 8 juillet | Deuxième vague | 90 cibles, dont systèmes antiaériens |
| 13 juillet | Annonce de nouvelles frappes | « Dizaines de cibles » supplémentaires |
Source : L’Orient-Le Jour, France 24
Le détroit d’Ormuz, nerf de la guerre pétrolière
Le détroit d’Ormuz concentre tous les enjeux. Large de 54 kilomètres à son point le plus étroit, il fait transiter environ 21 millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de la production mondiale. Toute fermeture ou perturbation du trafic aurait des conséquences immédiates sur les cours mondiaux.
Les trois pétroliers attaqués début juillet transportaient du brut saoudien et émirati vers l’Asie. Washington et ses alliés accusent l’Iran d’avoir orchestré ces tirs pour contester les sanctions et déstabiliser le marché. Téhéran dément toute implication et dénonce une mise en scène destinée à justifier l’offensive américaine.
Depuis le rétablissement des sanctions sur le pétrole iranien, les exportations de Téhéran vers la Chine et l’Inde sont à nouveau bloquées. Le régime perd une source de revenus essentielle alors que l’économie iranienne subit déjà l’impact des bombardements sur ses infrastructures industrielles et logistiques.
Les pays du Golfe, Arabie saoudite et Émirats arabes unis en tête, observent la séquence avec inquiétude. Ils redoutent une extension du conflit à leurs propres installations pétrolières, déjà visées par des attaques de drones attribués à des groupes proches de Téhéran lors de précédents épisodes de tension.
Frappes américaines en Iran : les chiffres de juillet
- L'armée américaine annonce avoir frappé 90 cibles militaires iraniennes en deux vagues les 7 et 8 juillet, visant des systèmes antiaériens et des infrastructures de contrôle du détroit d'Ormuz
- Téhéran affirme avoir riposté en frappant des bases américaines en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït, et promet une « action décisive » contre Washington
- Ces frappes interviennent après le torpillage de trois pétroliers commerciaux début juillet dans le détroit d'Ormuz, attribué à l'Iran par les États-Unis
- Washington réactive l'intégralité de ses sanctions économiques sur le pétrole iranien, suspendant le protocole d'accord temporaire qui autorisait Téhéran à vendre son brut
- La coalition américano-israélienne a frappé environ 6 000 cibles en Iran depuis le début du conflit en février, selon des sources militaires
- Le détroit d'Ormuz fait transiter 21 millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de la production mondiale
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés
