Tadej Pogačar remporte la 15e étape du Tour de France 2026, ce dimanche 19 juillet, au plateau de Solaison. Un col hors catégorie inédit qui enterre les derniers espoirs des poursuivants.
Les Alpes ont rendu leur verdict. Tadej Pogačar a franchi en tête la ligne d’arrivée au plateau de Solaison après 184 kilomètres depuis Champagnole, dans le Jura. Une étape classée parmi les plus dures de l’édition, avec deux ascensions hors catégorie et 3 950 mètres de dénivelé positif. Le Slovène confirme sa domination sur cette Grande Boucle : c’est sa cinquième victoire d’étape en deux semaines.
Le col du plateau de Solaison n’avait jamais accueilli le Tour. 11,3 kilomètres à 9,1 % de moyenne, une route étroite qui serpente à travers les villages du massif des Bornes, des passages à 17 ou 18 % : Thierry Gouvenou, directeur du parcours, et Christian Prudhomme l’avaient qualifiée de « montée abominable ». Le sommet, à 1 508 mètres d’altitude, offrait l’occasion d’une explication entre favoris. Pogačar n’a laissé aucune place au débat.
L’entrée dans les Alpes par le versant le plus raide
Le peloton quittait Champagnole tôt ce dimanche. Une ville déjà traversée par le Tour en 2020, où le Danois Søren Kragh Andersen s’était imposé au sprint la veille du contre-la-montre de la Planche des Belles Filles[2]. Six ans plus tard, le scénario n’avait plus rien à voir. Dès le franchissement du lac de Genève, la route s’élevait. Le col de la Croisette (officiellement col de la Croisette, mais surnommé « le Salève par son versant le plus dur ») proposait 4,2 kilomètres à 11,2 % de pente moyenne[3]. Assez pour faire du tri, trop tôt pour tout casser.
Ensuite venait la côte d’Arbusigny, non classée mais sélective, suivie d’un faux plat qui masquait mal l’objectif : le plateau de Solaison. Jonas Vingegaard connaissait les lieux pour y avoir gagné au Critérium du Dauphiné 2022[1]. Mais le contexte diffère : en juillet, sur un Tour qui se joue, chaque seconde compte. La pente ne descend jamais sous les 6 %, et la route se rétrécit dans les derniers lacets.
| Segment | Distance | Pente moyenne | Catégorie |
|---|---|---|---|
| Col de la Croisette | 4,2 km | 11,2 % | 1 |
| Côte d’Arbusigny | Non classée | Non précisée | 3 |
| Plateau de Solaison | 11,3 km | 9,1 % | Hors catégorie |
Source : ASO / letour.fr
Pogačar creuse encore, le maillot blanc à Seixas

La veille, au Markstein Fellering dans les Vosges, Pogačar avait déjà levé les bras après un départ de Mulhouse. Sa quatrième victoire d’étape sur ce Tour. Dans son sillage, Paul Seixas, 19 ans, avait terminé troisième et grimpé à la quatrième place du classement général. Le Français court son premier Tour de France et porte désormais le maillot blanc du meilleur jeune.
Au plateau de Solaison, Seixas n’a pas tenu le rythme imposé dans les derniers kilomètres. Pas de quoi s’alarmer : il reste au pied du podium et confirme qu’il sera l’un des noms français à suivre dans les années qui viennent. Mais pour le maillot jaune, le compte est bon. Pogačar aligne les succès et possède désormais une avance confortable avant le deuxième jour de repos.
Isaac Del Toro, équipier mexicain du Slovène chez UAE Emirates-XRG, aurait pu jouer les trouble-fête. Il avait gagné au même endroit un mois plus tôt, lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes[5]. Mais dans le contexte d’un Tour de France où Pogačar ne laisse rien passer, difficile de partir seul sans risquer de fragiliser le leader. L’équipe émiratie a choisi la sécurité.
Pourquoi cette étape pèse lourd dans la course
Troisième semaine en altitude et contre-la-montre à Chambéry
Après cette étape, le peloton prend un jour de repos. Puis viendra la troisième semaine, annoncée comme la plus exigeante : le contre-la-montre de Chambéry, deux arrivées au sommet à l’Alpe d’Huez[2], autant d’occasions de redistribuer les cartes. Ou de les verrouiller.
Les équipes françaises (la Groupama-FDJ, la Decathlon-AG2R) espéraient bousculer la hiérarchie dès le plateau de Solaison. Le col inédit, la pente abominable, les 3 950 mètres de dénivelé : tout était réuni pour créer des écarts significatifs. Mais Pogačar n’a pas attendu les attaques. Il a imposé son tempo, distancé Vingegaard dans les derniers hectomètres, et franchi la ligne avec une avance nette.
Le parcours de dimanche traversait Saint-Laurent-en-Grandvaux, Valserhône, La Roche-sur-Foron[3] : des noms qui résonnent pour les Savoyards venus nombreux sur le bord des routes. Une journée de cyclisme pur, dans un massif qui n’avait jamais vu le Tour arriver à son sommet. Le plateau de Solaison entre dans l’histoire par la grande porte, au bras d’un coureur qui ne laisse plus grand-chose à ses rivaux.
Tour de France 2026 : les chiffres de l'étape Solaison
- Tadej Pogačar remporte la 15e étape au plateau de Solaison, 19 juillet 2026
- Premier passage du Tour sur ce col hors catégorie, 11,3 km à 9,1 %
- Paul Seixas, 19 ans, conserve le maillot blanc et la 4e place au général
- 184 km de Champagnole au plateau de Solaison, 3 950 m de dénivelé positif
- Troisième semaine à venir : contre-la-montre à Chambéry, double ascension de l'Alpe d'Huez
Sources
4 sources · 6 faits vérifiés

