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530 décès évitables par an en Alsace : Atmo Grand Est alerte sur la pollution de l’air

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Cinq cent trente. C’est le nombre de décès prématurés que l’Alsace pourrait éviter chaque année si l’air respiré respectait les seuils de l’Organisation mondiale de la santé. Ce chiffre, publié par Atmo Grand Est dans son bilan 2025, pose une réalité difficile : l’Alsace respire plus mal que le reste de la région.

L’observatoire régional de la qualité de l’air vient de rendre son rapport annuel sur l’exposition aux polluants. Le Grand Est progresse dans l’ensemble, mais l’Alsace reste scotchée en queue de peloton pour quatre types de particules surveillées : dioxyde d’azote, ozone, particules PM10 et particules fines. C’est l’ozone qui pose le plus de soucis. De nombreux Alsaciens ont respiré des concentrations trop élevées pendant au moins vingt-cinq jours par an, au-delà du seuil fixé pour protéger la santé.

La raison tient autant à la géographie qu’à l’activité humaine. Clémence Aubert, ingénieure qualité de l’air chez Atmo Grand Est, l’explique simplement : plus d’habitants, plus de transports, plus d’industrie, plus de chauffage. Le tout coincé entre les Vosges et la Forêt Noire, dans une vallée qui empêche l’air de circuler. Les polluants s’accumulent au lieu de se disperser.

Le piège de la vallée du Rhin

L’été alsacien, plus chaud et plus ensoleillé que le reste du Grand Est, aggrave encore la situation[1]. La chaleur favorise la production d’ozone. Résultat : le 14 août 2026, Atmo a placé l’Alsace en rouge sur sa carte de surveillance, avec des concentrations particulièrement fortes dans le Haut-Rhin.

Les particules fines proviennent surtout du chauffage au bois dans les logements, précise Clémence Aubert. Le dioxyde d’azote, lui, vient des routes. Deux types de polluants, deux types de sources, mais un même impact sur la santé : asthme, infections respiratoires, cancers du poumon, infarctus, AVC, hypertension, diabète de type 2.

Entre soixante et quinze cents cas évitables chaque année

Selon les calculs croisés d’Atmo Grand Est et de Santé publique France, entre soixante et cinq cents nouveaux cas de maladies respiratoires pourraient être évités chaque année en Alsace si l’air était moins chargé[2]. Entre cent dix et mille cinq cent quatre-vingts cas de maladies cardiovasculaires et métaboliques également.

Ces pathologies mettent des vies en danger et coûtent cher. L’impact économique de la pollution atmosphérique en Alsace était évalué à mille euros par habitant et par an en 2023, en comptant les dépenses de santé publique et les coûts de surveillance[3].

Une norme européenne qui arrive en 2030

La directive européenne 2024/2881 renforce la surveillance de la pollution de l’air. Elle sera transposée en droit français d’ici décembre 2026[4]. Cette nouvelle réglementation durcit les seuils acceptables pour plusieurs polluants, notamment l’ozone : près d’un tiers de la population du Grand Est respirera un air non conforme à la future norme 2030, contre quatorze pour cent selon le seuil actuel.

Dans le Bas-Rhin comme dans le Haut-Rhin, les habitants connaissent bien les alertes pollution, les jours où il vaut mieux limiter les efforts physiques en extérieur, fermer les fenêtres, éviter de sortir les enfants asthmatiques. Mais l’enjeu sanitaire ne se limite pas aux pics : c’est l’exposition quotidienne, invisible, cumulative, qui pèse le plus lourd.

Atmo Grand Est a également lancé en 2024 et 2025 une première étude sur la présence de PFAS, ces polluants dits éternels, dans l’air de plusieurs villes alsaciennes[5]. Ces substances ne se dégradent pas, s’accumulent dans l’organisme, et certaines sont classées cancérigènes. Les résultats montrent qu’elles sont présentes dans l’air respiré.

L’Alsace n’est pas la seule concernée : à l’échelle du Grand Est, Atmo et l’agence régionale de santé estiment entre trois mille neuf cents et cinq mille le nombre de décès prématurés chaque année liés à la pollution de l’air, si l’on se réfère aux recommandations de l’OMS. Cent pour cent des habitants de la région sont exposés à un air non conforme pour l’ozone et les particules fines en 2024.

La question posée par ces chiffres est simple : combien de temps encore avant que les seuils baissent vraiment, que les sources d’émission diminuent, que la vallée du Rhin respire mieux ? Pour l’instant, les cinq cent trente vies évitables restent sur la table.

Brigitte Müller
Brigitte Müller
Brigitte Müller, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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