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Acciona sonde le marché pour céder sa filiale renouvelables valorisée 7,3 milliards, cotée depuis 2021

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Acciona a lancé une revue stratégique sur Acciona Energía, sa filiale d’énergies renouvelables valorisée près de 7,3 milliards d’euros en Bourse, et sollicite des marques d’intérêt auprès d’investisseurs sélectionnés.

Le groupe contrôlé par la famille Entrecanales ne s’est fermé aucune porte. Entrée d’un partenaire, cession partielle, vente totale, fusion, offre publique de retrait, ou statu quo : toutes les options restent sur la table. Mais le simple fait de tester le marché en dit déjà long sur les intentions de la maison mère.

Selon les informations publiées par Cinco Días, Acciona a mandaté Goldman Sachs et Citi pour recueillir des expressions d’intérêt auprès d’un cercle restreint d’investisseurs, avec un retour attendu avant le mois d’août. La décision, si elle intervient, ne serait prise qu’à partir de septembre.

En chiffres
7,3 Mds€
Valorisation boursière d'Acciona Energía
au moment de la sollicitation d'offres
91,1 %
Part détenue par Acciona dans sa filiale
après réduction du flottant à 9,1 %
48 %
Poids d'Acciona Energía dans l'EBITDA du groupe
1 546 M€ en 2025
-48 %
Chute du titre depuis ses plus hauts
cinq ans après l'introduction en Bourse
4 161 M€
Dette financière nette fin 2025
objectif sous 3 000 M€ en 2026

Une filiale cotée depuis 2021 et détenue à 91,1 %

Acciona Energía cote séparément à la Bourse de Madrid depuis l’été 2021[2]. Lors de son introduction, la maison mère avait placé 15 % du capital sur le marché. Depuis, la part flottante s’est réduite jusqu’à 9,1 %, si bien qu’Acciona contrôle désormais 91,1 % de la filiale. Cinq ans après l’opération, le titre a perdu 48 % par rapport à ses plus hauts.

Reuters avait déjà rapporté en février qu’Acciona avait recruté une banque pour étudier des alternatives sur son activité énergétique. José Manuel Entrecanales, président du groupe, expliquait alors examiner plusieurs pistes : sortie de cote, fusion, ou maintien de la structure actuelle. Il soulignait que garder la filiale cotée conservait une « valeur intrinsèque ».

La question centrale tient en peu de mots. Acciona a-t-elle intérêt à laisser sa filiale renouvelable cotée à part, ou peut-elle extraire davantage de valeur sous une autre forme ? L’enjeu n’a rien d’anecdotique : Acciona Energía reste une brique lourde de l’ensemble.

48 % de l’EBITDA du groupe en jeu

La filiale a apporté l’an dernier un résultat brut d’exploitation (EBITDA) de 1 546 millions d’euros, soit 48 % du total du groupe[2]. Une cession totale reviendrait donc à renoncer à une part substantielle du bénéfice. De cet EBITDA 2025, 932 millions provenaient des opérations et 614 millions de la rotation d’actifs, autrement dit de la vente de parcs, pas seulement de la production d’électricité.

Acciona Energía : les chiffres clés 2025-2026
Indicateur Valeur
EBITDA 2025 1 546 M€
Part dans l’EBITDA du groupe 48 %
Dont opérations 2025 932 M€
Dont rotation d’actifs 2025 614 M€
Dette financière nette fin 2025 4 161 M€
Objectif dette nette fin 2026 < 3 000 M€
EBITDA attendu 2026 ≈ 1 200 M€
Dividende 2026 0,03 €/action

Source : ECOticias

La dette financière nette de la filiale s’établissait à 4 161 millions d’euros fin 2025. Acciona Energía vise à la ramener sous les 3 000 millions d’euros en 2026, en s’appuyant sur des cessions d’actifs, une baisse des investissements et davantage d’efficacité opérationnelle.

Pourquoi Acciona sonde le marché sur ses renouvelables

Une valorisation de 7,3 milliards
Acciona sonde le marché pour une filiale cotée depuis 2021, dont le titre a perdu 48 % par rapport à ses plus hauts.
Priorité au désendettement
La dette nette de 4 161 M€ fin 2025 doit passer sous 3 000 M€ en 2026, via cessions d'actifs et baisse des investissements.
Le marché change de logique
Selon Entrecanales, « les marchés ne récompensent plus la croissance pour la croissance » mais la génération de trésorerie.
Les grands fonds en embuscade
Blackstone, Brookfield, KKR, GIC ou CDPQ figurent parmi les candidats potentiels à une opération valorisée près de 11 Mds€ dette comprise.
Calendrier serré
Retours des investisseurs avant août, décision éventuelle à partir de septembre. Rien n'est encore signé.

Un dividende ramené à 0,03 euro par action

Autre signal fort : Acciona Energía prévoit pour 2026 un EBITDA d’environ 1 200 millions d’euros, un investissement proche de 900 millions et un dividende de 0,03 euro par action[1]. Une rémunération très inférieure à celle des exercices précédents. La priorité affichée est claire : consolider le bilan.

L’équipe dirigeante espère revenir à une politique de dividende « plus normale » dès que l’agence Fitch fera passer la note de l’entreprise à « stable »[3]. En attendant, la discipline financière prime sur la générosité.

La logique de rotation d’actifs s’accélère. L’objectif pour 2026 vise environ 2 000 millions d’euros de recettes tirées de ces cessions[3]. Ce montant intègre des transactions en Afrique du Sud, aux États-Unis et au Mexique, pour un produit net d’environ 900 millions, auxquels s’ajoute un accord supplémentaire d’environ 1 000 millions à signer et boucler dans l’année. Acciona Energía dispose de 2,5 gigawatts de capacité opérationnelle en cours de négociation pour la vente, incluant des actifs éoliens et le reliquat de son parc hydraulique en Espagne.

Le marché ne paie plus la croissance à tout prix

La revue stratégique ne tombe pas du ciel. Le secteur a changé. Pendant des années, les marchés récompensaient la vitesse : ériger des parcs solaires et éoliens, s’implanter dans de nouveaux pays, gonfler la capacité installée. Le regard s’est déplacé vers la dette, la rentabilité et la trésorerie.

« Les marchés ne récompensent plus la croissance pour la croissance », résume Entrecanales, qui met en avant la discipline de capital et la génération de cash. L’électricité propre pèse pourtant de plus en plus dans l’économie, l’industrie et la sécurité énergétique européenne. Le problème n’est pas la pertinence de l’activité, mais son financement : quand les taux montent, que les prix de l’électricité reculent ou que les chantiers prennent du retard, la facture se voit passer.

Des fonds d’infrastructures en embuscade

De grandes gestions internationales spécialisées dans les infrastructures préparent des alliances pour se porter candidates en consortium sur Acciona Energía[4]. La division est valorisée autour de 11 000 millions d’euros au cours actuel, dette comprise. Parmi les investisseurs capables d’absorber une opération de cette ampleur figurent Adia, Ardian, Blackstone, BlackRock via GIP, Brookfield, CDPQ, CPPIB, GIC, KKR, Norges ou Omers.

Entrecanales juge néanmoins « extrêmement improbable » une cession de 100 % d’Acciona Energía, ce qui reviendrait à quitter le marché des renouvelables. Une vente totale renoncerait à une partie substantielle du bénéfice du groupe, mais allégerait les besoins d’investissement et permettrait à la maison mère de se recentrer sur ses métiers d’infrastructures et de concessions.

Pour l’heure, le maître mot reste la prudence. Aucune opération n’est signée, aucun prix définitif n’est fixé, et Acciona n’a annoncé aucune vente formelle de sa participation majoritaire. Ce qui existe : une revue stratégique en cours et un marché en train de mesurer ce que vaut réellement l’un des grands acteurs renouvelables espagnols. Un porte-parole d’Acciona a décliné tout commentaire.

Cession Acciona Energía : les chiffres à retenir

  • Acciona a mandaté Goldman Sachs et Citi pour recueillir des marques d'intérêt sur Acciona Energía.
  • La filiale est valorisée près de 7,3 milliards d'euros en Bourse, où elle cote depuis l'été 2021.
  • Acciona en contrôle 91,1 %, avec un flottant réduit à 9,1 %.
  • EBITDA 2025 de 1 546 M€, soit 48 % du total du groupe.
  • Dividende ramené à 0,03 €/action en 2026 pour renforcer le bilan.
  • Décision attendue à partir de septembre, réponses des investisseurs avant août.
Sophie Berlu
Sophie Berlu
Journaliste industrie, énergie & innovation Sophie suit l'industrie française, l'énergie et l'innovation. Nucléaire, ferroviaire, réindustrialisation, brevets : elle s'intéresse à ce qui se fabrique vraiment, dans les usines et sur les sites, loin des effets d'annonce.

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