CATL, premier fabricant mondial de batteries, annonce la livraison de ses premiers systèmes de stockage à ions sodium en septembre 2026 et vise des volumes à l’échelle du gigawattheure dès cette année.
Pendant longtemps, parler de batteries pour voitures électriques revenait à parler de lithium. Ce quasi-monopole change de visage. CATL pousse une technologie restée cantonnée aux laboratoires, les batteries à ions sodium, et a posé un calendrier commercial. Selon CarNewsChina, le groupe chinois prévoit ses premières expéditions de systèmes de stockage sodium en septembre 2026, avec une montée en cadence attendue au gigawattheure sur la même année.
Le sujet dépasse le simple remplacement d’un matériau par un autre. Le sodium est bien plus abondant que le lithium et mieux réparti sur la planète. De quoi desserrer la pression sur une chaîne d’approvisionnement devenue stratégique pour les véhicules électriques, les renouvelables et les réseaux électriques. Ne plus dépendre d’une seule matière première pour tout : c’est le calcul industriel derrière ce retour du sodium.
Naxtra : 175 Wh/kg, 500 km et plus de 10 000 cycles
CATL a présenté en avril 2025 sa gamme Naxtra, décrite comme une batterie à ions sodium prête pour la production de masse. Le fabricant revendique une densité énergétique de 175 Wh/kg pour sa version destinée aux voitures particulières, jusqu’à 500 km d’autonomie et plus de 10 000 cycles. Des chiffres inattendus pour une chimie longtemps réputée trop juste sur la densité, le voltage et le rendement.
Le chiffre qui parle au conducteur est ailleurs. CATL évoque déjà 500 km pour sa Naxtra et, avec Changan, projette une fourchette de 500 à 600 km une fois la chaîne d’approvisionnement plus mûre. Il faut le dire clairement : toutes les voitures au sodium ne feront pas 600 km demain. La valeur haute reste une projection, pas une garantie universelle.
| Paramètre | Valeur annoncée |
|---|---|
| Densité énergétique | 175 Wh/kg |
| Autonomie | jusqu’Ã 500 km |
| Durée de vie | plus de 10 000 cycles |
| Autonomie projetée (avec Changan) | 500 à 600 km |
Source : CarNewsChina
En février 2026, CATL et Changan ont franchi une nouvelle étape en annonçant la première voiture particulière produite en série avec des batteries sodium, attendue sur le marché à la mi-2026. Avec le système actuel, l’autonomie dépasse les 400 km. Les versions futures pourraient atteindre 500 à 600 km. Là encore, la nuance compte : le chiffre élevé est une trajectoire visée, pas une promesse tenue partout.
Pourquoi le sodium revient après cinquante ans dans l’ombre du lithium
Les batteries sodium ne sont pas une trouvaille récente. La recherche a démarré en parallèle de celle sur le lithium dans les années 1970 et 1980. Mais le lithium a progressé plus vite, atteint le marché plus tôt et occupé presque tout le terrain. Le sodium a longtemps perdu sur la densité énergétique, le voltage et le rendement.
Le retour tient à la transformation du marché. Voitures électriques, batteries domestiques et stockage pour renouvelables réclament plus de chimie, plus d’usines et davantage de sécurité d’approvisionnement. Dans une batterie, l’énergie stockée n’est pas le seul critère. Le coût de fabrication pèse tout autant. Sur le stockage réseau, où les batteries s’entassent dans de grands conteneurs pour emmagasiner l’électricité solaire ou éolienne, le poids n’est pas toujours le problème principal. Le prix, si. La stabilité aussi. Et la capacité à encaisser de nombreux cycles sans faillir.
Le levier économique se lit dans le coût des matériaux. Selon les données recueillies par CarNewsChina, les fournisseurs du secteur anticipent une baisse du coût des anodes en carbone dur, pièce clé de ces batteries, de 60 000 à 70 000 yuans la tonne vers 35 000 à 40 000 yuans en 2026. Une estimation industrielle, pas un prix final pour le consommateur, mais la direction est donnée. Si le matériau baisse, la batterie sodium gagne des débouchés réels.
Pourquoi le sodium bouscule le marché du lithium
CATL et HyperStrong scellent le passage à l’industriel
Le saut commercial porte un nom. CATL et HyperStrong ont signé un accord de trois ans pour concrétiser le déploiement de la technologie sodium dans le stockage stationnaire. C’est ce type de contrat qui fait basculer une chimie de laboratoire vers la production en volume.
Le calendrier posé par CATL s’articule sur deux fronts. D’abord le stockage énergétique, avec des premières livraisons en septembre 2026 et une cadence gigawattheure visée dès cette année. Ensuite l’automobile, avec la première voiture de série Changan attendue à la mi-2026. Deux marchés, une même chimie, et une bataille d’échelle qui se joue en Chine.
Pour les constructeurs et les fournisseurs européens, l’équation est nette. Le sodium ne remplacera pas le lithium partout, mais il ouvre une seconde voie sur les segments où le coût et la robustesse priment sur la densité. Le retard pris sur cette chimie, mûrie et industrialisée d’abord par un acteur chinois, se mesurera à l’aune des usines et des accords signés dans les mois qui viennent.
Batteries sodium CATL : les chiffres à retenir
- CATL vise ses premières livraisons de stockage sodium en septembre 2026
- La batterie Naxtra revendique 175 Wh/kg et plus de 10 000 cycles
- CATL et Changan projettent 500 à 600 km d'autonomie à terme
- Première voiture de série au sodium attendue à la mi-2026
- Le coût des anodes en carbone dur pourrait tomber à 35 000-40 000 yuans la tonne en 2026

