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Champagnole récupère l’eau de pluie dans son ancien château d’eau pour arroser malgré la sécheresse

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Les pelouses de Champagnole continuent de verdir, les massifs fleurissent et les potagers poussent tranquillement. Pourtant, le Jura reste en niveau de crise pour la ressource en eau, avec des restrictions qui interdisent normalement tout arrosage. Mais la municipalité n’enfreint rien : elle arrose avec de l’eau de pluie, récupérée dans un ouvrage qui dormait depuis 1979.

L’ancien château d’eau de la ville, devenu trop petit dans les années 1970 avec l’explosion démographique, a retrouvé une utilité. La commune l’a rendu étanche et l’utilise désormais pour collecter les précipitations. L’eau tombe, elle est stockée dans la cuve, puis redistribuée pour les plantations et les arbres que la ville multiplie pour créer de l’ombre en centre-ville.

« On constate le réchauffement climatique, on est obligé de penser à l’avenir », résume Guy Saillard, maire de Champagnole. Le système fonctionne sur le même principe que celui des particuliers qui récupèrent l’eau de leur toiture : ni prélèvement dans le réseau potable, ni infraction à l’arrêté préfectoral.

400 m³ collectés cette année

Sur le papier, l’ancien château d’eau peut contenir jusqu’à 700 m³. Mais avec les aménagements réalisés, la commune se limite pour le moment à environ 400 m³, récoltés au fil de l’année. Une réserve qui suffit largement à couvrir les besoins des deux massifs en terre et des trois potagers dispersés dans la ville, arrosés chaque matin avant 9 heures à raison de 8 à 10 m³ par jour[4].

Dans un département où le retour en vigilance jaune canicule, annoncé par la préfecture le 17 août, ne signifie pas amélioration de la situation hydrique, l’initiative tranche. Le Jura reste placé sous restrictions strictes, avec interdiction d’arroser pelouses, espaces verts et jardins d’agrément, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du territoire en crise[2]. Seule exception : l’eau de pluie et l’eau recyclée, qui ne sont pas concernées par les arrêtés.

Une adaptation locale au réchauffement

L’exemple de Champagnole illustre la marge de manœuvre dont disposent les communes pour maintenir leurs espaces publics sans aggraver la pression sur les nappes. Ailleurs dans le département, la sécheresse frappe durement : début août, plus de 120 communes jurassiennes se retrouvaient sans eau potable[3], et la commune touristique de Clairvaux-les-Lacs avait dû couper l’eau deux nuits consécutives, entre 23 heures et 6 heures du matin, pour permettre au syndicat de réapprovisionner les cuves et réparer le matériel défectueux[1].

À Champagnole, la stratégie repose sur l’anticipation. En recyclant un équipement abandonné et en misant sur une ressource gratuite et renouvelable, la ville s’assure une autonomie pour ses plantations tout en respectant les interdictions. Une logique d’adaptation locale, concrète, loin des grandes annonces : stocker l’eau quand elle tombe pour en disposer quand elle manque.

Sylvie Renard
Sylvie Renard
Sylvie Renard, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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