Les voyagistes cassent leurs tarifs vers Dubaï et l’Égypte cet été pour ramener les clients échaudés par la guerre en Iran, pendant que l’Europe méditerranéenne continue de renchérir.
Un séjour familial de sept nuits en tout compris aux Émirats arabes unis coûte 25 % de moins en août 2026 qu’un an plus tôt. Même destination vers l’Égypte : 8 % de baisse. Ces chiffres, tirés des données de TravelSupermarket compilées pour la BBC, racontent un retournement rapide du marché du voyage organisé.
La cause tient en un mot : l’Iran. Le conflit a détourné une partie des vacanciers britanniques des pays proches de la zone et des couloirs aériens moyen-orientaux. Résultat, les opérateurs baissent leurs prix pour recréer de la demande. À l’inverse, l’Europe du Sud engrange les réservations et en profite pour ajuster ses tarifs à la hausse.
Dubaï à moins 25 %, l’Europe du Sud à plus 5 %
Le contraste est net dans les fourchettes relevées. Pendant que les destinations moyen-orientales soldent, l’Espagne, le Portugal et la Grèce affichent des progressions de 3 à 5 %. Pour l’Espagne, le prix moyen d’une semaine en tout compris grimpe de 4 %, à 155 livres par personne. Le Portugal gagne 3 %, la Grèce 5 %.
Selon la même source, une famille de quatre personnes partant une semaine en Espagne peut débourser jusqu’à 160 livres de plus qu’en 2025, portant la facture à 4 340 livres selon le jour de départ choisi. La flambée européenne ralentit, mais elle continue de monter.
| Destination | Variation sur un an |
|---|---|
| Émirats arabes unis | -25 % |
| Égypte | -8 % |
| Maroc | -6,5 % |
| Tunisie | -2,5 % |
| Turquie | -1,6 % |
| Portugal | +3 % |
| Espagne | +4 % |
| Grèce | +5 % |
Source : données TravelSupermarket compilées pour la BBC, recherches en ligne du 18 avril au 17 juin.
Les baisses ne s’arrêtent pas au Golfe. Le Maroc recule de 6,5 %, la Tunisie de 2,5 %, la Turquie de 1,6 % sur un an. Autant de destinations que les voyagistes cherchent à repositionner après une saison marquée par la prudence des voyageurs.
La guerre en Iran a redessiné les réservations
Le mois dernier, le Foreign Office britannique a levé sa recommandation contre les voyages à Dubaï, après l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre. L’administration a néanmoins prévenu que « la situation reste imprévisible » dans la région.
Le cas de la famille Harris, de Swansea, illustre le mouvement. Tim et Natalie Harris avaient réservé Dubaï pour l’été avec leurs deux adolescentes. Le déclenchement du conflit les a poussés à annuler, perdant leur acompte. « Nous avons réussi à trouver un séjour à 6 400 livres en tout compris au Mexique, que nous avons réservé », raconte Tim.
Côté agences, la nervosité était palpable. Mollie Hitchen, directrice adjointe de Marple Travel Hyde, rapporte que les clients redoutaient cette année de s’approcher du Moyen-Orient ou de rester bloqués à l’étranger à cause de pénuries de carburant. « Les gens posent des questions, mais on les rassure : il n’y a absolument aucun problème avec ces destinations », dit-elle.
Pourquoi Dubaï baisse et l'Europe du Sud monte
La location de voiture, seule vraie détente budgétaire
Flora Badger, qui emmène cet été trois adolescentes pour leur premier voyage à l’étranger, a écrit à la rubrique Your Voice de la BBC pour dire sa frustration devant les prix qui bougent sans cesse. Elle avait d’abord songé à réserver dès avril pour éviter les mois chers, avant de temporiser à cause de la situation moyen-orientale et de la crainte d’être coincée à l’étranger. Elle a finalement opté pour Lanzarote en septembre.
« Le prix était un énorme, énorme problème », explique-t-elle. « C’est très frustrant de voir à quel point ça augmente pendant les vacances scolaires. » Un seul poste lui a offert un répit : la location de voiture, dont le coût a baissé sur l’ensemble des destinations les plus recherchées.
Pour le voyageur français qui veut rester sobre côté budget, l’alternative se joue à domicile. Avignon, avec le Palais des Papes et son centre historique classé par l’Unesco, permet la culture sans l’addition du littoral, avec un budget de 80 à 180 euros par jour et par personne[1]. Lyon, capitale gastronomique et quartier du Vieux-Lyon classé au patrimoine mondial, se situe dans une fourchette de 80 à 160 euros quotidiens[1]. Ailleurs, la France reste accessible : un repas autour de 15 euros, un café à 3 euros, une nuit en auberge sous les 40 euros, selon Skyscanner[3].
Prix des vacances d'été 2026 : les chiffres clés
- Un séjour familial de sept nuits en tout compris aux Émirats coûte 25 % de moins qu'en 2025.
- L'Égypte affiche une baisse de 8 %, le Maroc de 6,5 %.
- L'Espagne (+4 %), le Portugal (+3 %) et la Grèce (+5 %) continuent d'augmenter.
- Le Foreign Office a levé sa recommandation contre les voyages à Dubaï après l'accord États-Unis-Iran.
- La location de voiture a baissé sur toutes les destinations les plus recherchées.
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés
