Lockheed Martin s’offre Ultra Maritime, spécialiste des sonars et de la lutte anti-sous-marine, pour 3,45 milliards de dollars. Le groupe américain renforce son arsenal sous-marin au moment où les marines occidentales investissent massivement sous la surface.
L’accord a été signé le 6 juillet 2026. Lockheed Martin met la main sur une société qui fabrique des sonars, des bouées acoustiques, des systèmes de défense anti-torpille, des solutions radar et des capteurs maritimes autonomes. Le vendeur : le fonds d’investissement Advent, qui contrôlait Ultra Maritime depuis 2022.
Le montant, 3,45 milliards de dollars, place cette opération parmi les plus lourdes du secteur naval américain récent. La transaction reste soumise aux autorisations réglementaires habituelles et aux conditions de clôture d’usage.
Ce qu’Ultra Maritime apporte à la branche Rotary and Mission Systems
Une fois l’opération finalisée, Ultra Maritime rejoindra la branche Rotary and Mission Systems de Lockheed Martin[1]. L’entreprise déploie ses solutions anti-sous-marines dans trois domaines : aérien, de surface et sous-marin. Elle est présente aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Australie.
Son catalogue exportable comprend des bouées acoustiques, des antennes sonar remorquées et des sonars de coque. Autant de briques que Lockheed Martin veut greffer sur ses futures plateformes navales. « La supériorité sous-marine appartient à ceux qui se déplacent le plus vite et coopèrent le mieux », a déclaré Stephanie C. Hill, présidente de la branche Rotary and Mission Systems[4]. Elle ajoute que le rapprochement doit « accélérer notre engagement à livrer les capacités anti-sous-marines les plus avancées à nos partenaires américains et alliés partout dans le monde ».
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant | 3,45 milliards de dollars |
| Acquéreur | Lockheed Martin |
| Vendeur | Fonds Advent |
| Intégration | Branche Rotary and Mission Systems |
| Annonce | 6 juillet 2026 |
Source : Lockheed Martin
Advent revendique quatre ans de redressement
Advent avait pris le contrôle d’Ultra Maritime en 2022. Le fonds décrit une entreprise alors sous-investie, incapable de tenir ses engagements clients. « Nous avons vu une activité dotée d’une technologie critique et d’un rôle vital dans la protection des nations alliées face aux menaces sous-marines, mais qui n’était pas encore pleinement au service de ses clients », explique Shonnel Malani, managing partner chez Advent et président du conseil d’Ultra Electronics[1].
Selon lui, quatre années ont changé la donne : exécution améliorée, capacité industrielle accrue, solutions autonomes de nouvelle génération. Ultra Maritime tirait ses origines de Cobham Ultra, entité née après le rachat du britannique Cobham par Advent en 2020, puis de sa fusion avec Ultra Electronics.
Guerre anti-sous-marine : pourquoi ce rachat compte
Sonobouées, drones et essais en Écosse
Ultra Maritime a multiplié les alliances industrielles ces derniers mois. La société a noué des partenariats avec Anduril Industries pour la détection acoustique océanique autonome de nouvelle génération, et avec General Atomics Aeronautical Systems pour développer des capacités anti-sous-marines aéroportées sans pilote[4].
En avril, la marine américaine lui a attribué un contrat de gré à gré pour la production initiale à faible cadence de ses bouées acoustiques AN/SSQ-125B, un outil clé de la lutte anti-sous-marine. Le mois dernier, l’entreprise a réalisé en Écosse le premier essai de déploiement en mer de sa bouée acoustique multistatique active de réception (MSARS).
Carlo Zaffanella, PDG d’Ultra Maritime, résume le parcours : « Depuis 2022, nous avons développé et livré une capacité indépendante de bouées acoustiques, repensé nos usines et introduit des systèmes sonar modulaires et des capteurs acoustiques autonomes inédits pour nos clients »[1].
Un signal pour le marché de la guerre sous-marine
L’opération intervient alors que les marines occidentales renforcent leurs investissements sous la surface, portées par la montée des tensions sous-marines. Elle prolonge une série de manÅ“uvres de Lockheed Martin dans le domaine naval autonome. En octobre 2025, le groupe avait investi 50 millions de dollars dans Saildrone pour armer ses navires de surface sans équipage, avec des tirs réels prévus en 2026[3].
Pour le conseil de Lockheed Martin, Citi joue le rôle de conseil financier, Hogan Lovells Cadwalader celui de conseil juridique et Fried Frank celui de conseil fiscal. L’implantation d’Ultra Maritime au Royaume-Uni et en Australie place l’opération sous le regard des autorités de plusieurs pays alliés, dont le feu vert conditionne la clôture.
Rachat d'Ultra Maritime par Lockheed : les chiffres clés
- Lockheed Martin rachète Ultra Maritime pour 3,45 milliards de dollars
- Le vendeur est le fonds Advent, propriétaire depuis 2022
- Ultra Maritime intègre la branche Rotary and Mission Systems
- L'entreprise fabrique sonars, bouées acoustiques et défense anti-torpille
- Présence industrielle aux États-Unis, Canada, Royaume-Uni et Australie
- La marine américaine a commandé les bouées AN/SSQ-125B en avril
Sources
3 sources · 6 faits vérifiés
