Euzhan Palcy franchit un nouveau palier. La réalisatrice, scénariste et productrice martiniquaise intégrera le jury de la compétition officielle du Festival de Deauville, dans sa 52e édition. Du 4 au 13 septembre prochain, elle siégera aux côtés de huit autres personnalités du cinéma, sous la présidence de l’acteur et réalisateur Roschdy Zem.
C’est une consécration de plus pour une femme dont la carrière a largement dépassé les contours de l’île. Depuis son premier film, Rue Cases-Nègres, adapté du roman de Joseph Zobel et sorti en 1983, Euzhan Palcy a imposé un regard singulier, celui d’une cinéaste noire francophone dans un univers qui ne lui réservait pas de place évidente. Le film, qui raconte le quotidien des coupeurs de canne dans la Martinique des années 1930, lui avait valu un César de la meilleure première Å“uvre en 1984. Une première pour une femme, une première pour une personne noire.
Née en 1958 en Martinique, elle réalise son premier film pour la télévision locale à dix-sept ans, avant de rejoindre Paris pour suivre des études de littérature, de théâtre et d’opéra. Passée par l’École Louis-Lumière, elle y croise Jean Rouch, René Gilson, François Truffaut, pour qui elle travaille comme assistante et monteuse. Elle se spécialise en direction de la photographie, un métier technique, exigeant, rarement confié à une femme à l’époque.
Le Festival de Deauville, centré sur le cinéma américain, accueillera donc cette année une cinéaste qui a su dialoguer avec Hollywood sans renoncer à ses racines. Son Å“uvre traverse les questions de justice, d’identité, de transmission. Des thèmes qui parlent ici, en Martinique, autant qu’ailleurs[3].
Roschdy Zem présidera le jury de cette édition. Acteur et réalisateur reconnu, il dirigera les délibérations qui distingueront les films en compétition. Euzhan Palcy y apportera son regard, forgé entre Fort-de-France et les studios américains, entre la canne à sucre et les plateaux de tournage.
Le Festival se tiendra du 4 au 13 septembre 2026 en Normandie[1]. Pour la Martinique, c’est une fierté de voir l’une des siennes siéger dans un jury de cette envergure. Pas comme une invitée de circonstance, mais comme une voix qui compte.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

