Le fabricant angevin de sièges d’avion ultralégers Expliseat officialise une levée de fonds de 36 millions d’euros et l’entrée à son capital du fonds à impact Alter Equity, basé à Paris.
Amaury Barberot, CEO d’Expliseat, ne mâche pas ses mots pour résumer le chemin parcouru : « C’est une résurrection. Nous sommes passés proche de la fin. » L’allusion à la crise sanitaire est directe. L’entreprise, alors sans outil de production industrielle en propre, a frôlé la liquidation. Elle a survécu, construit une usine à Avrillé dans la métropole angevine, et en ressort aujourd’hui en position d’ETI industrielle.
La levée de 36 millions d’euros, officialisée ce 12 juin, est présentée comme un record pour la société. L’objectif est clair : convaincre les compagnies aériennes de remplacer leurs sièges de classe économique par des modèles plus légers, conçus à partir de carbone, de composites et d’aluminium. Moins de poids, moins de kérosène brûlé.
Une usine angevine montée en puissance
L’usine d’Avrillé tourne. En 2025, elle a employé jusqu’à 250 personnes en période de pointe et produit jusqu’à 600 sièges par semaine, selon Ouest-France. Ce rythme de production place Expliseat dans une catégorie industrielle à part pour une PME française du secteur aéronautique.
Le siège social reste à Paris, mais c’est bien le Maine-et-Loire qui concentre la capacité de fabrication. La région Pays de la Loire héberge ainsi un outil industriel dont la montée en puissance s’est faite en quelques années seulement, après une refonte complète du modèle opérationnel.
Alter Equity, fonds à impact créé en 2009, prend position
Alter Equity, dont le siège est rue Danielle Casanova à Paris et qui compte onze collaborateurs selon les données INSEE, est enregistré depuis 2009. Le fonds s’est spécialisé dans l’accompagnement extra-financier des entreprises dans lesquelles il investit. Son entrée au capital d’Expliseat ne se limite pas à un apport financier : il suivra les objectifs RSE de la société et structurera sa stratégie extra-financière, selon L’Usine Nouvelle. [2]
Les dirigeants référencés au capital du fonds incluent Marion Brette, Gilles Geoffroy et Félix Mounier.
Deux grandes compagnies américaines déjà convaincues
Avant même la clôture de cette levée, Expliseat avait franchi un cap commercial décisif. Lors de l’Aircraft Interiors Expo de Hambourg, l’entreprise a annoncé avoir décroché des contrats avec deux des quatre principales compagnies aériennes américaines. Barberot souligne lui-même le poids symbolique de l’événement : « Ces deux compagnies n’avaient pas acheté depuis plus de 15 ans des sièges d’avions à d’autres acteurs que les trois majeurs du secteur que sont Safran, l’Américain Collins Aerospace et l’Allemand Recaro. Cela crédibilise notre projet industriel. » [5]
Avec 36 millions d’euros en poche et un fonds à impact à son capital, Expliseat entre dans une nouvelle phase : celle du déploiement commercial à grande échelle, face à des concurrents installés depuis des décennies.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
