ActualitésFace aux géants américains et chinois, VivaTech mise sur 15 000 start-up...

Face aux géants américains et chinois, VivaTech mise sur 15 000 start-up et l’Allemagne invitée

Date:

VivaTech ouvre sa dixième édition à Paris avec un mot d’ordre affiché partout dans les allées : reprendre la main sur les technologies critiques face aux Etats-Unis et à la Chine.

Le salon s’est installé du 17 au 20 juin à Paris Expo, porte de Versailles, avec en ouverture un show grand public sur les Champs-Élysées rendus piétonniers pour l’occasion. Drones, robots et hélicoptères y ont fait leur numéro dès le dimanche, avant l’ouverture officielle aux professionnels.

Dix ans après sa création, l’événement change de dimension. La surface d’exposition passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés, avec 60 pavillons nationaux et des représentants de 170 pays. L’organisation espère dépasser l’affluence de l’édition précédente, qui avait attiré 180 000 visiteurs, portée par 15 000 start-up et 4 000 investisseurs venus du monde entier.

En chiffres
70 000 m²
surface d'exposition en 2026
contre 50 000 m² l'édition précédente
15 000
start-up attendues
et 4 000 investisseurs
-30 à -40 %
baisse du coût des robots humanoïdes
en un an
200
start-up allemandes présentes
l'Allemagne, invitée d'honneur 2026

La souveraineté numérique, du slogan à l’infrastructure

Le mot revient dans toutes les bouches cette année : souveraineté. La tension avec Washington et la concurrence chinoise poussent la France, et plus largement l’Europe, à vouloir s’affranchir des fournisseurs étrangers sur les briques technologiques sensibles[1]. Le sujet n’est plus cantonné aux discours d’ouverture.

La veille même du salon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a acté la fin du partenariat entre la DGSI et l’américain Palantir, au profit de la start-up française ChapsVision et de sa plateforme ArgonOS[2]. Après dix ans de collaboration avec Palantir, le renseignement intérieur français bascule sur une solution nationale. Sur le salon, le PDG de ChapsVision, Silvano Sansoni, a confirmé des discussions en cours avec plusieurs pays européens, dont l’Ukraine et l’Allemagne.

Deuxième signal, plus industriel : Bull et Foxconn ont annoncé la fabrication en Europe de serveurs d’intelligence artificielle Nvidia, sur la plateforme Vera[2]. De quoi ancrer sur le sol européen une partie de la chaîne d’infrastructure IA jusqu’ici entièrement pilotée depuis les Etats-Unis ou l’Asie.

L’Allemagne, invitée d’honneur d’une édition à consonance européenne

Jeunes entrepreneurs présentent leurs innovations devant un public attentif dans un grand hall futuriste
Jeunes entrepreneurs présentent leurs innovations devant un public attentif dans un grand hall futuriste

Le choix du pays invité n’a rien d’anodin. Pour cette dixième édition, VivaTech a retenu l’Allemagne, qui déploie une délégation de près de 200 start-up, actives dans des domaines allant de l’IA à la greentech[1]. Le ministre allemand du Numérique, Karsten Wilderger, s’est déplacé, accompagné de dirigeants de grands groupes industriels comme Siemens et SAP.

Ce choix confirme une lecture désormais assumée par les organisateurs : la souveraineté technologique ne se joue plus à l’échelle d’un seul pays, mais d’un bloc européen qui tente de peser face aux plateformes américaines et aux industriels chinois.

Pourquoi la souveraineté numérique s'impose à VivaTech

Souveraineté sur le renseignement
La DGSI remplace Palantir par ChapsVision et sa plateforme ArgonOS, après dix ans de collaboration avec l'américain.
Infrastructure IA relocalisée
Bull et Foxconn annoncent fabriquer en Europe des serveurs Nvidia de la plateforme Vera, une étape pour l'autonomie industrielle européenne.
L'Allemagne, partenaire choisi
Berlin devient invité d'honneur avec 200 start-up et la présence de Siemens, SAP et du ministre du Numérique Karsten Wilderger.
Robots humanoïdes moins chers
La baisse de 30 à 40 % du coût des automates et l'amélioration des modèles d'IA accélèrent leur diffusion dans l'industrie et les services.

Unitree, Agibot, Genesis : la bataille des humanoïdes

Sur le plan technologique, ce sont les robots humanoïdes qui ont capté l’attention des visiteurs. Danse, transport de charges lourdes, nettoyage, accueil hôtelier : les démonstrations se sont multipliées dans les allées[1]. Les entreprises chinoises Unitree et Agibot ont promis des prouesses de déplacement, tandis que des start-up européennes comme Genesis, Botiful ou Pal Robotics ont présenté leurs propres modèles[4]. L’industriel français CMA CGM a de son côté montré comment un robot peut fluidifier des opérations logistiques.

Cette percée de l’IA physique s’explique par deux facteurs concordants : le coût des automates a chuté de 30 % à 40 % par rapport à l’année précédente, et les modèles d’IA utilisés pour les entraîner se sont nettement améliorés, selon l’analyse rapportée sur le salon[4]. Pour Thomas Husson, analyste chez Forrester, ces machines incarnent “l’IA de demain avec tous les fantasmes et les peurs associés”[4].

VivaTech 2026 en chiffres
Indicateur Valeur 2026
Surface d’exposition 70 000 m² (contre 50 000 m² l’édition précédente)
Start-up attendues 15 000
Investisseurs 4 000
Pays représentés 170
Pavillons nationaux 60
Visiteurs (édition précédente, record) 180 000
Baisse du coût des robots humanoïdes 30 % à 40 % sur un an

Source : Yahoo Finance

Ce que change réellement cette dixième édition

Jeunes entrepreneurs présentent leurs innovations devant un public attentif dans un grand hall futuriste
Jeunes entrepreneurs présentent leurs innovations devant un public attentif dans un grand hall futuriste

Derrière les chiffres records et les robots qui dansent, l’édition marque un basculement de registre. L’intelligence artificielle n’est plus présentée comme une promesse de laboratoire mais comme une réalité opérationnelle que les entreprises doivent désormais intégrer[3]. La souveraineté numérique quitte le terrain du discours politique pour se traduire en contrats concrets, du remplacement de Palantir par ChapsVision à la fabrication de serveurs IA en Europe par Bull et Foxconn.

La robotique, elle, s’installe comme un enjeu de compétitivité industrielle à part entière plutôt que comme une simple attraction de salon. Les choix d’infrastructure et de partenariats effectués aujourd’hui par les entreprises françaises et européennes dessineront leur position face aux acteurs chinois et américains dans les années qui viennent[3].

VivaTech 2026 : les chiffres clés de la dixième édition

  • VivaTech 2026 s'est tenu du 17 au 20 juin à Paris Expo, porte de Versailles.
  • La surface d'exposition passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés.
  • L'Allemagne est le pays invité d'honneur, avec près de 200 start-up.
  • La DGSI abandonne Palantir pour la solution française ChapsVision.
  • Bull et Foxconn annoncent la fabrication de serveurs IA Nvidia en Europe.
  • Le coût des robots humanoïdes a chuté de 30 % à 40 % en un an.
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

Sur le même sujet

Championnat de Bretagne Enduro : une moto électrique gagne en duo, 3 tours d’incertitude puis la fuite

Xavier Flick et Pierre Goupillon ont remporté dimanche 23 août la première manche du championnat de Bretagne enduro...

Coalition des volontaires pour l’Ukraine : Paris, Berlin et Londres coprésidents à Kiev, Zelensky réclame 300 missiles Patriot pour l’hiver

La Coalition des volontaires pour l'Ukraine se réunit ce lundi 24 août à Kiev, jour du 35ᵉ anniversaire...

À 18 ans, Ayyoub Bouaddi rejoint Manchester City pour 100 M€ et pulvérise le record de vente de la Ligue 1

Lille boucle la vente d'Ayyoub Bouaddi à Manchester City pour 100 millions d'euros, établissant un nouveau record pour...

Un robot chinois bat Usain Bolt sur 100 m en 9,39 secondes : Pékin affiche sa domination en robotique aux World Robot Games 2026

Des robots humanoïdes chinois ont battu plusieurs records sportifs humains ce week-end à Pékin, dont le mythique 100...