La Fonderie de Bretagne, site industriel de Caudan dans le Morbihan, vit sous la menace d’une liquidation judiciaire. Son propriétaire, Europlasma, n’arrive pas à boucler la vente de son pôle défense.
Dix mois après avoir repris la Fonderie de Bretagne sur jugement du Tribunal de commerce de Rennes, en avril 2025, Europlasma se retrouve dans une impasse. Les négociations pour céder ce pôle défense ont déjà été prolongées d’un mois, sans qu’un accord soit en vue. Pendant ce temps, l’inquiétude monte sur le site de Caudan.
Europlasma, un repreneur au bord du gouffre
Le schéma n’est pas nouveau. Europlasma a construit sa stratégie sur des reprises d’entreprises en difficulté, avec à chaque fois des promesses d’investissements et de relance de la production. Les engagements n’ont pas été tenus, selon des observations relayées par L’Usine Nouvelle [4]. Le patron d’Europlasma avait d’ailleurs été auditionné à l’Assemblée nationale en mars 2026, signe que le dossier avait déjà alerté les parlementaires.
La situation financière du groupe est suffisamment préoccupante pour que la Fonderie de Bretagne redoute désormais une issue judiciaire radicale : la liquidation pure et simple. Une telle décision signifierait la fin de l’activité sur le site morbihannais, avec les suppressions d’emplois qui en découleraient.
Un pôle défense que personne ne rachète
Le nÅ“ud du problème tient à la cession du pôle défense d’Europlasma. Les négociations traînent, les délais s’allongent. La prolongation d’un mois annoncée fin mai n’a pas abouti à une signature [2]. Aucun repreneur identifié publiquement n’a officialisé d’offre ferme.
Ce blocage place la Fonderie de Bretagne dans une position particulièrement inconfortable : elle dépend d’une maison mère qui ne parvient ni à se redresser ni à se désengager dans des conditions ordonnées. L’entreprise figure aussi dans l’orbite d’ABO, intervenu dans son financement, société également présente dans le capital d’Auplata [5].
L’avenir industriel de Caudan en suspens
La Fonderie de Bretagne produit des pièces de fonderie en aluminium, notamment pour le secteur automobile et la défense. Sa disparition affecterait une filière industrielle déjà fragilisée dans l’ouest de la France.
La question est désormais sur la table des pouvoirs publics. L’audition du dirigeant d’Europlasma devant l’Assemblée nationale témoigne d’une attention politique réelle, sans que cela se soit traduit, à ce stade, par une solution concrète. Le sort de l’usine dépend en grande partie de ce que produiront les prochaines semaines de négociation autour de la vente du pôle défense.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
