Le 24 juin 2026, les élus de Guadeloupe ont réclamé à l’État une opération d’intérêt national pour refondre les infrastructures d’eau potable et d’assainissement de l’archipel.
Lors du Congrès de l’eau organisé par le conseil départemental à Basse-Terre, les responsables politiques et institutionnels ont dressé un bilan unanime : la gestion de l’eau en Guadeloupe constitue un échec cuisant. Depuis des années, l’archipel subit des coupures d’eau plus ou moins organisées, provoquées par la vétusté du réseau et l’absence de gestion technique et politique cohérente. La crise est désormais sanitaire, avec des interdictions régulières de consommer ou de se baigner dans les eaux de Karukera, qui porte de plus en plus mal son nom arawak d’« île aux belles eaux ».
La matinée du congrès a été consacrée à un état des lieux technique et financier du dossier, avec notamment une présentation de la cartographie des réseaux et de la situation du Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe (SMGEAG). Les usagers et les professionnels ont également pu faire entendre leur voix avant l’examen des résolutions dans l’après-midi.
Une crise qui s’aggrave depuis des mois
Les attentes de la population sont immenses. Les coupures d’eau persistent, et les habitants ne réclament plus de simples promesses, mais des actes concrets. Le 2 mars 2026, le SMGEAG avait déjà annoncé des perturbations sur le réseau de distribution à Petit-Bourg, Gourbeyre, Basse-Terre et Morne-à -l’Eau, à la suite de plusieurs incidents techniques distincts[5]. Ces pannes à répétition illustrent l’ampleur de la vétusté des infrastructures.
Pour continuer sur la trajectoire de rénovation, le soutien de l’État, de l’office français de la biodiversité et de l’office de l’eau reste indispensable, comme l’ont souligné plusieurs intervenants. Le prochain contrat de progrès doit être lancé en septembre 2026, avec l’objectif de lisser dans le temps l’impact des investissements sur le prix du service et d’éviter de faire peser brutalement sur les usagers les plus fragiles le coût de la mise aux normes[3].
Un logiciel de gestion en temps réel pour trois communes pilotes
Le directeur territorial du SMGEAG a annoncé l’acquisition d’un logiciel de gestion du réseau en temps réel. La mise en service se fera d’abord sur trois zones de distribution au Gosier, à Pointe-à -Pitre et à Trois-Rivières, dès juillet 2026[4]. Cet outil devrait permettre de mieux anticiper les pannes et de réduire les coupures, mais il ne résoudra pas à lui seul la question de la vétusté des canalisations.
Parmi les pistes évoquées figure également une expertise menée par le César sur la défiscalisation des infrastructures d’adduction d’eau potable, dont les conclusions sont attendues à la mi-septembre 2026. Le président de la région Guadeloupe a officiellement saisi cette instance pour explorer cette voie de financement, susceptible d’orienter des capitaux privés vers les infrastructures.
Pourquoi la crise de l'eau persiste en Guadeloupe
Responsabilité de l’État et rendez-vous de septembre
Une semaine après le congrès, le président du conseil départemental Ary Chalus a haussé le ton : dans un courrier commun adressé au président de la République et au Premier ministre, les élus guadeloupéens ont réclamé un engagement exceptionnel de la part de l’État. Le prochain point d’étape est fixé au 30 septembre 2026, pour évaluer l’avancement des décisions et des financements promis.
La formation aux métiers de l’eau est également au programme, avec la volonté de mettre en place une véritable filière régionale de formation pour les jeunes, afin de garantir la pérennité et la compétence technique des équipes locales à moyen terme.
Pour les Guadeloupéens, l’enjeu n’est plus de multiplier les réunions, mais de trouver enfin des solutions durables à une crise qui affecte leur quotidien depuis trop longtemps.
Congrès de l'eau en Guadeloupe : les dates et décisions clés
- Le Congrès de l'eau s'est tenu le 24 juin 2026 à Basse-Terre.
- Les élus réclament une opération d'intérêt national pour refondre les infrastructures.
- Un logiciel de gestion en temps réel sera déployé en juillet 2026 dans trois communes pilotes.
- Le prochain contrat de progrès doit être lancé en septembre 2026.
- Un point d'étape est prévu le 30 septembre 2026.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
