Depuis ce mardi 21 juillet, les poubelles s’entassent devant les maisons et les commerces de Guadeloupe. Pas de ramassage ce matin aux Abymes, pas de passage à Pointe-à -Pitre, pas de collecte à Basse-Terre non plus. La raison : un violent incendie au Centre de Stockage des Déchets Ultimes de Sainte-Rose rend le site inaccessible, et le SINNOVAL, le syndicat qui gère les déchets sur l’archipel, a suspendu le service sur tout le territoire. Jusqu’à nouvel ordre, précise le communiqué. Sans calendrier de reprise.
Le feu s’est déclaré dimanche 19 juillet en début d’après-midi. Les pompiers du SDIS 971 ont été appelés vers 14h16. Sur place : 5 000 m² de déchets en flammes, une épaisse colonne de fumée visible depuis plusieurs quartiers, et une intervention d’envergure qui mobilise encore les soldats du feu. La stratégie : étouffer les foyers en les recouvrant de terre, empêcher les flammes de se propager, protéger la cuve de gazole du site. Les moyens déployés témoignent de la difficulté à maîtriser ce type d’incendie, alimenté par des plastiques, des résidus non recyclables, tout ce qui brûle mal et longtemps.
Résultat immédiat : les camions-bennes ne peuvent plus accéder au CSDU pour décharger. « À ce jour, les véhicules de collecte sont dans l’incapacité d’accéder au site afin d’y effectuer le déchargement des déchets, rendant impossible la poursuite normale du service », écrit le SINNOVAL dans son communiqué. Pas de décharge accessible, pas de collecte possible. L’équation est brutale, et elle touche d’un coup toutes les communes de l’archipel.
Des habitants invités à réduire leur production de déchets
Le président du SINNOVAL et les membres du comité syndical assurent mettre tout en Å“uvre pour trouver une solution alternative. Mais aucun site de substitution n’a encore été identifié, aucun accord trouvé. En attendant, le syndicat demande aux Guadeloupéens de réduire leur production de déchets et surtout de ne pas déposer leurs sacs-poubelles sur les trottoirs. Risques sanitaires, nuisances olfactives, prolifération : la situation pourrait rapidement devenir ingérable si elle se prolonge.
Le SINNOVAL promet des informations régulières via ses canaux de communication et remercie les administrés pour leur compréhension et leur patience. Pas de victime à déplorer, précise RCI Guadeloupe[2]. Pas d’évacuation non plus, ni de perturbation du trafic aérien malgré l’épaisseur de la fumée. Mais la question sanitaire reste posée : quelle qualité de l’air autour du site ? Quels impacts sur les sols et les eaux proches ? Aucune consigne n’a été diffusée à ce stade par les autorités.
Toute la chaîne de traitement perturbée
Au-delà de la collecte, c’est tout le système de gestion des déchets de l’archipel qui vacille. Le CSDU de Sainte-Rose est le maillon final, celui où aboutissent les déchets ultimes, ceux qu’on ne recycle pas, qu’on ne valorise pas. Un incendie d’une telle ampleur sur ce site soulève des interrogations sur la résilience de l’infrastructure. Et sur la capacité à tenir en cas de nouvelle crise.
Pour l’heure, les Guadeloupéens attendent. Les services techniques communaux aussi. Le retour à la normale dépend de la maîtrise du sinistre, de l’évaluation des dégâts, et de la possibilité de rouvrir l’accès au site ou d’en trouver un autre. La terre recouvre encore les foyers à Sainte-Rose. Les camions, eux, restent à quai.
Sources
1 source · 1 fait vérifié

