ActualitésMade in 92 boucle dix ans : 3 900 candidatures, 65 lauréats...

Made in 92 boucle dix ans : 3 900 candidatures, 65 lauréats et SpaceLocker sacré

Date:

Le concours Made in 92 fête une décennie d’accompagnement entrepreneurial. 680 candidatures en 2026, six catégories et un Grand Prix décerné à une start-up spatiale neuilléenne.

Sponsoring pour des reboisements avec Atmosylva, mise en relation de proches aidants avec Famirelay, santé digitale consacrée aux douleurs féminines avec Endoless, jeux d’ambiance avec Muntucare, petit électroménager réparable avec Nobsolète. Ces entreprises concourent toutes dans l’édition 2026 du concours Made in 92, événement annuel dédié aux jeunes pousses des Hauts-de-Seine.

La grande finale s’est tenue mardi 19 mai à la Seine Musicale de Boulogne. En dix ans d’existence, le tremplin organisé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et le conseil départemental a pris de l’ampleur. 680 entreprises ont déposé un dossier cette année, contre 150 lors de la première édition.

« Pour le territoire, ce concours est très important car il met en valeur des start-up innovantes, cet esprit garage loin de l’image du département des entreprises du CAC 40 », souligne Denis Larghero (UDI), maire de Meudon et vice-président du Département chargé de l’attractivité. La référence renvoie à la création de Microsoft par Bill Gates dans son garage en 1975[1].

En chiffres
3 900
candidatures totales depuis 2016
680
candidatures en 2026
contre 150 lors de la première édition
65
lauréats accompagnés en dix ans
4 millions
utilisateurs de GlobalExam
lauréat 2019
350
collaborateurs chez Have a good day
lauréat 2020

SpaceLocker remporte le Grand Prix avec la « colocation spatiale »

Parmi les seize finalistes, le jury a décerné six prix catégoriels : Création sociale et solidaire, entrepreneuriat au féminin, tech for 92, étoile montante, prix de l’internaute et prix du public. Le Grand Prix 2026 est revenu à SpaceLocker, start-up neuilléenne créée en 2022 par Baptiste Fournier et Théophile Lagraulet, deux jeunes ingénieurs. Leur proposition : permettre à plusieurs missions spatiales privées de partager un même satellite afin de rendre le spatial « plus accessible et plus durable ». Une sorte de colocation de l’espace.

« Cette victoire fait extrêmement plaisir, d’autant que ce fut un long chemin pour en arriver là », déclare Théophile Lagraulet. Nominée dans la catégorie étoile montante, la start-up a déjà placé deux satellites en orbite et table sur ce prix pour accroître son rayonnement[1].

Made in 92 : dix années de croissance
Indicateur Valeur
Candidatures totales depuis 2016 3 900
Lauréats accompagnés 65
Candidatures édition 2026 680
Candidatures première édition (2016) 150
Investissements du Département (2026) 600 millions €

Source : Conseil départemental des Hauts-de-Seine

GlobalExam et Have a good day : deux trajets post-prix

La soirée du 19 mai a aussi permis une rétrospective sur les parcours d’anciens lauréats. Charles-Eliott Debourdeau, habitant de Montrouge, a fondé GlobalExam en 2013 après avoir échoué à l’entrée d’une prestigieuse école londonienne faute de points suffisants en anglais. Il remporte un prix en 2019 pour sa plate-forme de formation en langues étrangères en ligne. Aujourd’hui, GlobalExam compte 4 millions d’utilisateurs.

« Depuis le prix en 2019, il s’est passé tellement de choses. Il y a notamment eu le Covid qui nous a permis d’éprouver notre modèle en matière de suivi pédagogique », raconte-t-il. Lancée pour les particuliers, la plate-forme travaille désormais avec une centaine d’entreprises. « Outre la reconnaissance, le prix est aussi l’occasion de faire partie d’un réseau », poursuit le jeune entrepreneur, devenu ami avec d’autres participants, dont Xavier Chouraqui.

Ce dernier a remporté le concours en 2020 avec Have a good day, entreprise basée à Boulogne qui gère les services dans les immeubles de bureaux pour le compte de grandes entreprises. Microsoft à Issy et Amazon à Clichy figurent parmi ses 130 clients. « Le prix a été exceptionnel car à l’époque on parlait assez peu de l’hospitality. Ce concours m’a permis de rencontrer les entreprises du département. Pendant un an j’ai été la Miss France du Made in 92, cela nous a permis de nous faire connaître, d’être reconnus et accompagnés. » Have a good day compte désormais 350 collaborateurs. Xavier Chouraqui accompagne à son tour d’autres start-up, un moyen de « rendre ce qu’on lui a donné ».

Pourquoi le Made in 92 compte pour les Hauts-de-Seine

Croissance du vivier
Le nombre de candidatures a été multiplié par quatre en dix ans, passant de 150 à 680 dossiers. Le concours attire désormais des projets à forte utilité sociale et environnementale.
Réseau et accompagnement
Les anciens lauréats soulignent l'effet réseau du concours. Plusieurs accompagnent à leur tour de nouvelles start-up, créant un écosystème d'entraide sur le territoire.
Attractivité territoriale
Made in 92 contribue à rééquilibrer l'image des Hauts-de-Seine, département connu pour ses sièges du CAC 40, en mettant en avant l'esprit garage et l'innovation locale.
Investissements publics
Le Département des Hauts-de-Seine investit 600 millions d'euros en 2026 pour renforcer l'attractivité du territoire, dans les domaines des solidarités, de la santé, du sport et de la transition écologique.

« Une montée en qualité et en engagement des entrepreneurs »

Le président de la CCI des Hauts-de-Seine, Benoît Feytit, observe une évolution. « Ce qui nous frappe particulièrement, c’est cette montée en qualité et en engagement des entrepreneurs candidats : ils ne se contentent plus de créer une entreprise, ils portent une vision, une utilité et une capacité à transformer leur environnement. » En dix ans, le concours a enregistré 3 900 candidatures et accompagné 65 lauréats, une réussite collective avec les partenaires institutionnels et économiques du territoire[1].

Denis Larghero ajoute que le concours participe de l’attractivité du territoire au sens large. « En dix ans, nous avons vu naître des projets porteurs de sens qui s’adaptent aux défis de notre société et qui rejoignent les grandes préoccupations du Département dans le domaine des solidarités, de la culture, du tourisme, de la santé, du sport ou de la transition écologique. » Il rappelle que cette année, la collectivité effectue près de 600 millions d’euros d’investissements qui contribueront à l’attractivité des Hauts-de-Seine[1].

L’édition 2026 confirme l’installation du Made in 92 comme événement de référence pour les jeunes entreprises du département, loin de l’image exclusive des sièges du CAC 40.

Made in 92 en chiffres : dix ans de tremplin entrepreneurial

  • Le concours Made in 92 a reçu 680 candidatures en 2026, contre 150 lors de la première édition en 2016.
  • SpaceLocker, start-up spatiale de Neuilly, remporte le Grand Prix 2026 avec son concept de « colocation de satellites ».
  • GlobalExam, lauréat 2019, compte désormais 4 millions d'utilisateurs et une centaine d'entreprises clientes.
  • Have a good day, lauréat 2020, gère les services de 130 entreprises dont Microsoft et Amazon, avec 350 collaborateurs.
  • Le Département des Hauts-de-Seine investit 600 millions d'euros en 2026 pour l'attractivité du territoire.
  • En dix ans, le concours a enregistré 3 900 candidatures et accompagné 65 lauréats.
Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine couvre l'économie et la vie des entreprises. Résultats, investissements, emploi, Choose France : il remet les chiffres en perspective et distingue la communication du fait économique. Du CAC 40 à la PME, il cherche l'info derrière le communiqué.

Sur le même sujet

30 ans après, on se souvient que Pepsi avait choisi le Concorde, joyau de l’ingénierie française, pour tourner la campagne publicitaire la plus chère...

Imaginez la scène. Nous sommes en 1996 et l'un des avions les plus reconnaissables de la planète sort...

Porte-avions John F. Kennedy : la Navy vise mars 2027, pendant que la France prépare le sien

Un porte-avions de 100 000 tonnes qui prend la mer pour ses ultimes essais, c'est le genre d'événement...

Piratage du fisc en juin : 678 000 contribuables français exposés, Bercy confirme l’intrusion deux mois après

Le ministère de l'Économie confirme qu'un acteur malveillant a consulté et extrait des données fiscales de particuliers et...

Détenu un mois par l’ICE pour un visa non renouvelé, Julien Pereira rentre en France interdit de territoire pour cinq ans

Julien Pereira, manager de tennis français installé aux États-Unis depuis huit ans, a été détenu un mois par...