SNCF Réseau déploie cette année le calendrier opérationnel de la LGV Montpellier-Perpignan : autorisations environnementales en mai, appels d’offres en septembre, concertations publiques jusqu’en juin sur la phase 2.
Février 2026 a marqué le début des rencontres avec les futurs fournisseurs des chantiers de la phase 1, celle du tronçon héraultais entre Montpellier et Béziers. Catherine Trevet, directrice régionale de SNCF Réseau, a confirmé le lancement des appels d’offres pour la conception et la réalisation de cette portion dans les prochains mois. En parallèle, la phase 2 (le tronçon Béziers-Perpignan) entre en concertation publique d’avril à juin.
Cette séquence ferme un calendrier qui se déroule depuis octobre 2025, quand le conseil d’administration de la société SLNMP (Société de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan) avait acté un accord de financement de 68,6 millions d’euros pour porter les études jusqu’aux appels d’offres. Les collectivités partenaires avaient alors renouvelé leur engagement de 66,7 millions jusqu’en 2028. L’Union européenne contribue à hauteur de 38 millions sur la dernière décennie.
Mai 2026 : le feu vert environnemental
Les autorisations environnementales de la phase 1 Montpellier-Béziers seront délivrées en mai. Cette étape libère le terrain pour les sondages géotechniques complémentaires et les diagnostics archéologiques, deux passages obligés avant tout creusement d’envergure. La SNCF prévoit ensuite de lancer en septembre l’appel d’offres du marché de conception-réalisation du premier tronçon.
La phase 1 représente un peu moins de la moitié des 150 kilomètres de voie prévus au total[1]. La ligne complète reliera le Contournement Nîmes-Montpellier à la LGV Perpignan-Figueres, achevant ainsi la continuité ferroviaire à grande vitesse entre la France et l’Espagne via Barcelone. Le projet dessert deux gares nouvelles à Béziers et Narbonne. La vitesse d’exploitation sera de 320 km/h, avec une conception technique autorisant 350 km/h.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Longueur totale | 150 km |
| Vitesse opérationnelle | 320 km/h |
| Vitesse de conception | 350 km/h |
| Écartement des voies | Standard |
| Électrification | 25 000 volts, 50 Hz |
| Pente maximale | 10 ‰ |
| Nombre de voies | 2 |
| Signalisation | ETCS niveau 2, KVB |
| Trafic prévu | TGV voyageurs, fret |
Source : Wikipedia
Concertation sur la phase 2 : mixité voyageurs-marchandises en débat
Les concertations sur les fonctionnalités de la phase 2 se déroulent d’avril à juin 2026, sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP)[3]. Trois garants ont été nommés pour encadrer les échanges. La question centrale porte sur la mixité de la ligne : les trains de marchandises circuleront-ils aux côtés des trains de voyageurs sur ce tronçon, ou la ligne restera-t-elle réservée aux passagers ?
La localisation des gares nouvelles fait aussi partie des points soumis au public. Le tracé de la phase 1 est acté depuis 2023 ; celui de la phase 2 reste à affiner. Une enquête publique est prévue en 2030, suivie d’une déclaration d’utilité publique qui autorisera l’acquisition des terrains et la conception détaillée.
La concertation se déroule en ligne via questionnaires, cahier d’acteur et registre de contributions, ainsi que dans les 34 mairies concernées. Treize réunions publiques et dix rencontres de proximité sont organisées sur l’ensemble du territoire. Le 20 mai, une réunion au palais des congrès de Béziers a rassemblé 144 personnes[5].
Enjeux de la LGV Montpellier-Perpignan
Fret et hubs logistiques : Saint-Charles, Le Boulou, Port-la-Nouvelle
SNCF Réseau inscrit la LGV Montpellier-Perpignan dans sa stratégie de report modal, visant à détourner du trafic routier vers le ferroviaire. Catherine Trevet a pointé trois sites stratégiques en Occitanie pour le fret : Saint-Charles et Le Boulou dans les Pyrénées-Orientales, et Port-la-Nouvelle dans l’Aude. Le Boulou est qualifié de « projet-clé pour le report modal, la logistique transfrontalière et les trains de marchandises ».
La plateforme multimodale du Boulou transporte actuellement 250 semi-remorques par jour. Victime de son succès, elle doit être agrandie à partir de 2031. Jean Castex, PDG de la SNCF, s’était rendu sur le site le 23 janvier 2026. Le projet global de la LGV vise à retirer environ 20 000 poids lourds de l’autoroute A9 chaque année, réduisant ainsi congestion et pollution[3].
SNCF Réseau évoque par ailleurs le concept d’« autoroute ferroviaire » : une ligne dont le gabarit de chargement permettrait de transporter des convois routiers complets (tracteur + remorque) sur des wagons non surbaissés. La hauteur de la caténaire passerait de 5,08 mètres à 5,60 mètres au-dessus des rails.
302 gares en Occitanie, 64 millions d’euros de travaux
SNCF Réseau a rappelé le 19 février quelques chiffres de son activité régionale. L’Occitanie compte 302 gares et haltes ferroviaires, fréquentées en moyenne par 250 000 voyageurs par jour, soit 90 millions par an. Pour améliorer l’accessibilité, notamment des personnes à mobilité réduite, des mises aux normes seront achevées cette année dans les gares de Perpignan, Villefranche-de-Conflent, Narbonne (rehaussement des quais), Limoux, Carcassonne, Béziers et Agde. L’enveloppe consacrée aux travaux dans les gares d’Occitanie dépasse 64 millions d’euros.
La mise en service de la phase 1 est prévue pour 2034, celle de la phase 2 pour 2040[3]. Le coût total du projet atteint 6 milliards d’euros[1]. La ligne nouvelle viendra compléter la ligne existante Montpellier-Perpignan, sans la remplacer, créant ainsi un doublet de lignes pour absorber la demande croissante de mobilité sur le littoral occitan.
Le calendrier de l’année 2026 structure désormais le passage de la planification à la construction. Les appels d’offres de septembre lanceront la phase industrielle du premier tronçon. Le débat public sur la phase 2 doit, lui, trancher des questions d’aménagement qui engagent le territoire pour plusieurs décennies.
LGV Montpellier-Perpignan 2026 : calendrier et montants
- Autorisations environnementales de la phase 1 délivrées en mai 2026
- Appel d'offres conception-réalisation lancé en septembre 2026 pour Montpellier-Béziers
- Concertation publique phase 2 du 9 avril au 19 juin 2026, sous égide CNDP
- Coût total du projet : 6 milliards d'euros pour 150 km de voie
- Mise en service prévue en 2034 (phase 1) et 2040 (phase 2)
- SNCF Réseau investit plus de 64 millions d'euros dans les gares d'Occitanie en 2026
Sources
3 sources · 6 faits sourcés
