Marie-Noëlle Catayée a été élue le 26 juin à la tête du Comité territorial olympique et sportif de la Martinique. Elle hérite d’une institution fragilisée financièrement en 2024 et entend stabiliser l’organisation avant d’ouvrir de nouveaux chantiers.
Le sport martiniquais change de main. Marie-Noëlle Catayée dirige désormais le CTOSMA, dans un contexte que peu de personnes extérieures au mouvement sportif mesurent vraiment. L’année 2024 a laissé des traces : finances dans le rouge, ligues privées de locaux depuis la fermeture de la Maison des sports, difficultés à organiser les déplacements. Les clubs dépendent d’un écosystème qui fonctionne. Quand les rouages grippent, ce sont les athlètes qui en paient le prix.
La nouvelle présidente ne tente pas de masquer l’état des lieux. Elle résume la situation d’une phrase : « Nous avons vraiment des chantiers importants à conduire. » Les priorités qu’elle affiche dessinent une trajectoire classique pour une institution en difficulté : rétablir l’équilibre, former les structures, puis ouvrir de nouvelles perspectives. Mais plusieurs dossiers concrets détermineront si la mandature tient ses engagements ou replonge.
Rétablir l’équilibre financier après 2024
Premier chantier : assainir les comptes[1]. Le CTOSMA a traversé 2024 dans une situation financière critique. Les ligues, comités et clubs ont vu leurs moyens réduits, leur capacité à former et à envoyer des athlètes en compétition limitée. Marie-Noëlle Catayée place la stabilité budgétaire en tête de ses objectifs. L’idée : éviter qu’une nouvelle crise ne vienne paralyser l’institution.
Concrètement, cela passe par un renforcement de l’organisation interne et la poursuite des actions de formation destinées aux structures sportives. Le CTOSMA doit redevenir un appui fiable pour les ligues et comités, pas une source d’incertitude.
Cette stabilisation n’est pas une fin en soi. C’est la condition pour lancer des projets structurants. Mais sans fondations solides, aucune ambition ne tient la route longtemps.
L’octroi de mer, frein majeur pour les équipements
Deuxième dossier : la taxation des équipements sportifs. En Martinique, l’achat de matériel reste soumis à l’octroi de mer, une taxe qui pèse lourd sur les clubs déjà à court de ressources. Marie-Noëlle Catayée veut relancer le chantier de l’exonération[2].
Le sujet n’est pas neuf. Il a déjà été porté par d’autres dirigeants sportifs, sans succès. Mais la présidente estime que le contexte actuel, marqué par la nécessité de relancer le mouvement sportif après les difficultés de 2024, justifie de remettre ce dossier sur la table. Une exonération permettrait aux clubs d’investir davantage dans du matériel de qualité, de renouveler les équipements vieillissants et de réduire les écarts avec les structures des départements métropolitains.
Reste à convaincre les acteurs économiques et politiques locaux. Le dossier est technique, les arbitrages budgétaires serrés. Mais pour le CTOSMA, l’enjeu est clair : alléger le coût d’accès au sport.
Les défis du sport martiniquais sous l'ère Catayée
Billets d’avion : un cahier des charges en attente de réponses
Troisième urgence : le coût du transport aérien. Les billets représentent une part considérable des budgets des clubs martiniquais. Chaque déplacement en compétition hors de l’île grève les finances. Pour participer à des championnats internationaux ou même régionaux, les structures doivent souvent renoncer ou limiter le nombre d’athlètes envoyés.
Le CTOSMA a élaboré un cahier des charges destiné aux compagnies aériennes. L’objectif : obtenir des tarifs préférentiels pour les sportifs martiniquais. Le document a été transmis, mais aucune réponse concrète n’est encore tombée. Marie-Noëlle Catayée attend désormais les propositions des compagnies.
Une baisse des coûts ne se négocie pas facilement, surtout dans un contexte où le trafic aérien subit ses propres tensions. Mais pour les clubs, c’est un levier décisif. Moins de frais de transport, c’est plus de compétitions accessibles, plus d’athlètes envoyés, plus de visibilité pour le sport martiniquais.
Rayonnement caribéen : attirer et participer
Au-delà de la gestion interne, Marie-Noëlle Catayée affiche une ambition de rayonnement régional. Elle souhaite que la Martinique participe davantage aux événements caribéens et qu’elle en accueille. Fin juillet, une délégation martiniquaise participera aux Jeux caribéens en République dominicaine. Cinq disciplines seront représentées : tir, tir à l’arc, athlétisme, natation et beach-volley.
Mais cette ambition bute sur une contrainte majeure : le financement. « Nous allons mener une réflexion sur la recherche de nouvelles sources de financement, y compris privées, pour accompagner les ligues et comités à participer à ces événements caribéens ou à accueillir des événements caribéens chez nous », déclare la présidente. L’idée est double : montrer les athlètes martiniquais à l’extérieur, et faire venir des compétitions sur le territoire.
Accueillir des événements caribéens permettrait de valoriser les infrastructures locales, d’attirer des visiteurs et de renforcer la visibilité de la Martinique comme terre de sport. Mais cela suppose des moyens logistiques et financiers que le CTOSMA ne possède pas seul. D’où la nécessité de diversifier les sources de financement, en allant chercher des partenaires privés.
Le sport comme levier social
Marie-Noëlle Catayée inscrit également sa mandature dans une dimension sociale. Elle veut utiliser le sport comme outil de lutte contre les violences et de cohésion sociale. La rentrée a été marquée par une montée des tensions en Martinique. Dans ce contexte, le sport peut jouer un rôle de ciment, en offrant des espaces d’expression et de dépassement aux jeunes.
Cette dimension sociale n’est pas nouvelle dans le discours des dirigeants sportifs. Mais elle prend un relief particulier dans un territoire qui traverse des périodes de crispation. Le CTOSMA entend renforcer les actions de formation et d’insertion des jeunes par le sport, en partenariat avec les collectivités et les associations.
Les premiers mois du mandat de Marie-Noëlle Catayée détermineront si ces ambitions se traduisent en actes concrets. La stabilité financière, les négociations sur l’octroi de mer et les tarifs aériens, l’ouverture caribéenne : autant de chantiers qui demandent de la constance et des relais politiques. Le sport martiniquais a besoin d’un souffle neuf, mais d’abord d’une base solide.
Comité olympique martiniquais : ce qu’il faut retenir
- Marie-Noëlle Catayée élue présidente du CTOSMA le 26 juin
- Situation financière critique en 2024, redressement en cours
- Cahier des charges transmis aux compagnies aériennes pour baisser les coûts de transport
- Demande d’exonération d’octroi de mer sur les équipements sportifs relancée
- Participation aux Jeux caribéens en juillet : tir, tir à l’arc, athlétisme, natation, beach-volley
Les défis du sport martiniquais sous l’ère Catayée
Fragilité financière persistante
Le CTOSMA sort d’une année 2024 difficile. La stabilisation budgétaire reste la priorité absolue avant toute ambition de développement.
Coûts de déplacement prohibitifs
Les billets d’avion grèvent les budgets des clubs. Sans tarifs préférentiels négociés avec les compagnies, les compétitions hors Martinique restent inaccessibles pour beaucoup d’athlètes.
Ambition caribéenne contrariée
Le CTOSMA veut participer davantage aux événements régionaux et en accueillir, mais les moyens financiers manquent. Le recours au privé devient nécessaire.
Octroi de mer : un dossier récurrent
L’exonération de cette taxe sur les équipements sportifs a déjà été demandée sans succès. Marie-Noëlle Catayée relance le chantier, mais l’issue reste incertaine.
Sport martiniquais : les chiffres de la relance
Comité olympique martiniquais : ce qu'il faut retenir
- Marie-Noëlle Catayée élue présidente du CTOSMA le 26 juin
- Situation financière critique en 2024, redressement en cours
- Cahier des charges transmis aux compagnies aériennes pour baisser les coûts de transport
- Demande d'exonération d'octroi de mer sur les équipements sportifs relancée
- Participation aux Jeux caribéens en juillet : tir, tir à l'arc, athlétisme, natation, beach-volley
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
